4 min de lecture Florian Philippot

FN-PS : pourquoi Fillon ne devrait pas avoir à choisir aux municipales

DÉCRYPTAGE - La possibilité de voir des duels FN-PS au second tour lors des prochaines municipales est mince, si l'on se réfère aux scores des précédents scrutins.

François Fillon, en juillet, devant le siège de l'UMP
François Fillon, en juillet, devant le siège de l'UMP Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
Sylvain Chazot et Mathieu Dehlinger

Le débat agite une énième fois l'UMP, après les cantonales de 2011 et les législatives de 2012, au cours desquelles le parti de la rue Vaugirard usait dans la pratique de la doctrine "ni ni" : ni PS, ni FN au second tour. Ancien chantre du front républicain face à l'extrême droite, François Fillon a relancé la discussion début septembre en avertissant, à 6 mois des municipales, qu'entre un socialiste et un frontiste, il valait mieux voter "pour le moins sectaire".

On vote pour l'UMP au premier et au second tour

Jean-François Copé
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Lundi 16 septembre, sur TF1, Jean-François Copé a balayé cette idée. "On vote pour l'UMP au premier et au second tour", a déclaré le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne). Et dans l'hypothèse où le second tour opposerait le PS au FN ? "Il faudra que l'on me raconte dans quelle situation cela peut arriver parce que la loi, pour les municipales, fait qu'il faut 10% des voix (pour accéder au second tour)", a avancé le président de l'UMP en guise d'explication.

La rareté des duels PS - FN

La situation évoquée par François Fillon - l'absence de candidat UMP au second tour des municipales – serait donc très hypothétique. De fait, si l'on se réfère aux résultats des dernières élections, ces cas sont rares.

En 2001, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 441 duels ont eu lieu au second tour dans les villes de 3.500 habitants et plus. L'extrême droite – FN de Jean-Marie Le Pen et MNR de Bruno Mégret confondus – n'était présente que dans 6 de ces 441 oppositions, 4 fois contre la gauche, 2 fois contre la droite. 

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Le constat est encore plus cinglant en 2008. Le Front national est au creux de la vague, moins d'un an après une élection présidentielle où Jean-Marie Le Pen a vu ses voix siphonnées par Nicolas Sarkozy. D’après les résultats officiels, le FN n’est présent dans aucun duel au second tour des municipales. 

La situation de 2014 n'aura rien à voir avec celle de 2008, comme a pu l'illustrer la reprise du débat rue de Vaugirard. "Nous sommes dans toutes les têtes à l'UMP et au PS. On ne parle que de nous. C'est la panique dans cette classe politique, une panique initiée par la bonne dynamique du FN", note Florian Philippot, interrogé par RTL.fr.

Les duels PS – FN risquent cependant d'être, cette fois encore, très rares. Si l'on se réfère aux résultats de l'élection présidentielle de 2012 et au cours de laquelle la candidate frontiste a recueilli 17,9% des suffrages, il n'existe que 178 communes où les 3 candidats du centre et de la droite – Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan – ont chacun obtenu moins de 10% des voix au premier tour et où Marine Le Pen a, elle, dépassé les 10%. 

Dans 33 d'entre elles, un candidat dépassait les 50% de voix dès le premier tour. Ne resteront donc, dans notre hypothèse, que 145 communes où un second tour gauche - FN serait envisageable. Seulement 2 ont plus de 1.000 habitants : Grenay (Pas-de-Calais) et Saint-Benoît-de-Carmaux (Tarn). Le parti de Marine Le Pen devrait présenter des listes pour les municipales dans ces deux villes.

La possibilité des triangulaires

Cela ne signifie pas que le FN sera absent des seconds tours lors des municipales. Plus que des duels, le parti de Marine Le Pen, qui présente des listes dans 623 communes, vise des triangulaires. "Nous serons présents partout au second tour", grâce notamment à la division de l'UMP, avance Florian Philippot.

Il prend l'exemple de Forbach (Moselle) où il sera candidat. "Ils ont 2 candidats : un investi par le parti et un dissident. Ils mènent une campagne à mort. La guerre des chefs à l'UMP a une répercussion locale : les petits chefs imitent les grands", commente le vice-président du FN. Et le frontiste de moquer également le PS qui "ne parvient plus à se qualifier pour le second tour comme l'ont montré les législatives partielles". 

Les petits chefs de l'UMP imitent les grands

Florian Philippot
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Ces projections donneraient du crédit à la doctrine du "ni ni" prônée par Jean-François Copé  "On vote UMP, c'est tout. On ne peut pas soutenir le PS qui fait du mal à la France et on ne peut pas appeler à voter Front national car les solutions qu'il propose ne sont pas les bonnes", commente pour RTL.fr Guillaume Peltier. "Je n'oublie pas que Marine Le Pen a fait gagner François Hollande en 2012 en n'appelant pas à voter pour Nicolas Sarkozy, ajoute le vice-président de l'UMP. 

Au niveau national, les sondages nous donnent largement en tête

Guillaume Peltier
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"Il faut arrêter de parler de nos adversaires. L'UMP sera présente au premier et au second tour des municipales dans toutes les communes", jure-t-il, prenant, comme Florian Philippot, l'exemple des législatives partielles. "Qui les a remportées ? Le PS ? Le Modem ? Le FN ? Non, c'est l'UMP. Et au niveau national, les sondages nous donnent largement en tête avec 35% des intentions de vote", conclut Guillaume Peltier. 

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