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Florian Philippot : "Impossible de choisir entre Sarkozy et Hollande"

VIDEO - Le directeur de campagne de Marine Le Pen (FN), Florian Philippot, était aussi l'invité de RTL lundi matin.

Florian Philippot sur RTL le 23 avril 2012
Florian Philippot sur RTL le 23 avril 2012 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Florian Philippot.

Florian Philippot : Bonjour.

Marine Le Pen a recueilli hier 6,4 millions de suffrages. Qu'allez-vous en faire ?

Eh bien ce sont des voix qui se sont portées sur un projet totalement différent des autres.

Qu'allez-vous en faire ?

Ce n'est ni l'européisme de l'UMP, ni du PS ni des autres, c'est un projet national. Eh bien on en fera une force d'avenir. On en fait une force maintenant déjà une force d'avenir pour changer les choses. Vous savez avec un score pareil on peut espérer avoir beaucoup d'élus à l'Assemblée nationale en juin et ça pèsera à l'Assemblée nationale. Ca permettra de changer enfin les choses, parce que les gens avant votaient mais ça ne changeait rien.

Avant l'élection législative Florian Philippot, il y a le deuxième tour de l'élection présidentielle. Donc le "qu'est-ce que vous allez en faire ?", c'est pour l'élection présidentielle.
 
Mais attendez, monsieur Aphatie. Le "qu'est-ce qu'on va en faire ?", les gens sont libres.

Ah mais bien sûr.

Ce n'est pas Marine Le Pen qui va dire à 6,5 millions de personnes (sic) vous allez faire ça... On s'est parlé

Il n'y aura pas de consigne de vote, alors qu'est-ce que vous allez dire ?

Eh bien on explique. On explique. Marine le fera le 1er Mai de manière précise beaucoup plus que moi aujourd'hui, parce qu'elle aura plus de temps place de l'Opéra. Mais on explique que voilà, la gauche, la droite, on a essayé. Ça fait trente ans, quinze ans chacun, exactement. Qu'est-ce que ça a changé ? C'est toujours l'Europe de Bruxelles, toujours l'ultra-libéralisme, c'est toujours le libre échange, cette culture du laxisme de la gauche qui a contaminé la droite au pouvoir.

Et des promesses, des promesses, des promesses, des mensonges. Eh bien, les Français ils ont sanctionné ça aussi, hier. Ils ont sanctionné la campagne de mensonges.

Ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande. Ce sera ça le mot d'ordre ?

Ce sera impossible de choisir entre les deux, c'est évident. Bien sûr. Ce n'est pas une surprise.

Ca vous paraît acquis ce matin ?

Mais bien sûr parce que c'est la même politique. C'est la même politique. On ne va pas choisir quelqu'un qui a déjà fait les mêmes promesses en 2007, qui a trahi pendant tout son quinquennat, c'est Nicolas Sarkozy. Et puis François Hollande, c'est quoi ? On le voit dans les régions. Le PS a été pouvoir. Qu'est-ce que c'est ? C'est la même politique de désespérance sociale. Il faut que ça change et le vote Marine Le Pen c'est un vote d'espérance.

Qu'est-ce que vous préférez ? La défaite de Nicolas Sarkozy ou la victoire de François Hollande ?

Ce n'est pas comme ça que les choses se passent. Vous savez, moi j'ai toujours dit pendant cette campagne : si Hollande est élu les Français seront déçus au bout de six mois. Si c'est de nouveau Sarkozy ce sera au bout de deux mois, arce qu'ils le connaissent déjà. Voilà. parce que c'est la même politique.

Vincent Parizot : On entendait Marine Le Pen, hier soir, dire qu'elle voulait prendre la tête de l'opposition, l'opposition de la gauche, a-t-elle dit.

Oui parce que d'ailleurs là on le sait, dans les rangs de l'UMP ils le savent, Nicolas Sarkozy a probablement perdu cette élection.

Peut-être pas. Ce n'est pas fini.

Non, c'est pas fini. Mais les seconds tours...

L'écart entre les deux n'est pas important. Beaucoup de vos électeurs vont voter pour Nicolas Sarkozy.

Au second tour on dit 55/45... On verra bien, effectivement. En tout cas, il l'a dit "si je perds je pars". Je m'en vais.

Vous préférez la défaite de Nicolas Sarkozy ?

Donc, si "je m'en vais" qu'est-ce qu'on met face à Hollande ? Un champ de ruines, la guerre des chefs, les Copé, les Baroin, les Juppé, etc. Ça sert à quoi ? A rien. Ce n'est pas responsable, ça. Marine, elle est là et elle sera là demain.

Vincent Parizot : C'est l'intérêt de Marine Le Pen, une défaite de Nicolas Sarkozy ?

Non, l'intérêt de la France, ce serait que ça change, que ce soit ni Hollande ni Sarkozy. Malheureusement, ce n'est pas ce coup-là. Mais avec le très bon score historique de Marine Le Pen on peut espérer que ça change vraiment bientôt maintenant.

Mais vous espérez la défaite de Nicolas Sarkozy ?

Non, je n'espère rien. Vous savez pour moi c'est équivalent. Je ne raisonne plus en gauche/droite. Je raisonne entre ceux qui croient en la France - c'est ça pour moi le vrai clivage - et ceux qui n'y croient plus. Et nous, nous croyons en la France. Marine, vous voyez, elle n'a cessé de parler de la France, de son amour pour la France, pour les valeurs républicaines.

Oui, mais il faut faire quelque chose de votre capital électoral.

Mais ne vous inquiétez pas, monsieur Aphatie.

Vous allez rester spectateur de l'élection présidentielle ?

Nous ne sommes pas le MoDem, nous ne sommes pas les Verts, nous ne sommes pas le Front de gauche. On ne va pas se rallier piteusement. On n'est pas dans les petites combinaciones politiques. Nous, on est dans la vraie politique, et la vraie politique c'est de proposer des solutions aux Français, notamment sur la crise, parce que Sarkozy et Hollande nous ont dit "c'est terminé, on n'en parle plus". Eh bien non, Marine en a parlé de la crise. Marine a dit "la solution c'est de sortir de ce modèle ultra libéral et le libre-échangisme". Il faut mettre des protections nationales. Il faut assurer un état stratège. Il faut faire en sorte qu'on ait une fiscalité beaucoup plus juste et qu'on aborde les vrais problèmes.

Vincent Parizot : Qu'est-ce que vous pensez de la première déclaration de Nicolas Sarkozy, hier soir, où notamment il faisait référence aux frontières, à l'immigration ?

Eh bien oui, oui, on sait quelle campagne il va faire. Ça a commencé hier sur les plateaux télé. Les UMP avaient leurs éléments de langage. C'est "attention, on va être pour la sécurité, contre le laxisme, pour la protection des frontières, etc."

Ça va marcher, peut-être.

Ca n'a pas marché au premier tour.

Ca va marcher peut-être ?

Ecoutez, franchement, au bout d'un moment les gens en ont marre de cynisme électoraliste. Il ne suffit pas de dire des mots clés pour attirer des votes, et ça Nicolas Sarkozy ferait bien de réfléchir à ça parce qu'il ne l'a pas compris, son équipe ne l'a pas compris. Là, ils n'ont pas réussi, c'est le moins qu'on puisse dire, à siphonner les voix du Front national de Marine Le Pen parce que les gens ont vu le décalage énorme, et c'est constant chez Sarkozy - mais à gauche c'est à peu près pareil - entre les promesses et les actes. Là, le fossé est abyssal.

Il avait dit moins d'immigration, il en a fait encore plus que Jospin. Bon eh bien écoutez on ne va pas choisir entre deux champions de l'immigration et deux champions de l'ultra libéralisme, non ?

Combien de députés espérez vous voir entrer à l'Assemblée nationale, de députés du Front national, Florian Philippot ?

Difficile de vous le dire. En tout cas on peut en avoir pas mal, faire un groupe.

Ca me fait penser à un sketch de Fernandel. Ça met un certain temps pour refroidir, les canons. Pas mal, ça veut dire une estimation plus précise ? Une fourchette

Ca m'est difficile de vous le dire. On va voir les dynamiques qui se créent. Mais je pense qu'avec la très grande dynamique aujourd'hui qui existe autour de Marine, et le très très très bon score qu'elle a fait, on peut en avoir et c'est ça que les Français doivent comprendre. Même avec ce mode de scrutin que nous on combat parce que nous, on est pour la proportionnelle intégrale, c'est-à-dire pour la démocratie où tout le monde soit représenté à l'Assemblée nationale.

Ce ne sera pas là, cette fois-ci mais pour que, même avec ce mode de scrutin inique, on peut avoir beaucoup  de députés, beaucoup d'élus. Et je peux vous dire que s'il y a des députés du rassemblement bleu marine du Front national à l'Assemblée, ça va changer, enfin. On va arriver dans cette Assemblée où on ne nous y attend pas, où on a l'habitude de bavarder entre élite de gauche et de droite pour ne pas faire avancer les choses. Eh bien là, ça changera.

Est-ce un nouveau Front national, Florian Philippot ?

Marine incarne un renouveau, c'est évident

C'est une rupture avec son père ?

Ce n'est pas une rupture, non. Elle incarne, elle porte d'autres thèmes. Elle a sa fibre sociale, elle a son analyse de la mondialisation, son analyse du rôle de l'Etat qui pour elle doit être fort, doit réguler l'économie, qui doit mettre au pas les banques spéculatives.

Le Front national va changer de nom ?

Je ne sais pas. Ça c'est un débat. Elle l'a dit Marine, on pourra l'ouvrir ce débat

Qu'en pensez-vous, vous, de ce débat ?

Je n'ai pas encore d'opinion, et puis ce genre de question ça doit trancher avec tout le monde, avec les adhérents, avec les militants. C'est une famille, aussi.

C'est une question importante ou pas ?

Non, honnêtement c'est un peu une question accessoire.

C'est vrai ? Elle vous paraît accessoire.

Oui, l'important c'est la crise

Dans votre courant de pensée, on le sait, ça ?

Les symboles, c'est important, vous avez raison. Mais vous savez ce qui est important pour les Français aujourd'hui, ce n'est pas le nom du Front national, c'est comment on fait pour avoir un peu plus de pouvoir d'achat, de l'emploi et régler le problème de la sécurité.

Vincent Parizot : Puisque vous parlez de symbole, Jean-Michel, comment on a réagi au Front nationale à la sortie de Jean-Marie Le Pen sur les initiales N.S. de Nicolas Sarkozy qui lui faisaient penser à national-socialisme et puis au rassemblement de la Concorde à celui de Nuremberg. Comment ça a été analysé chez vous ?

Il n'y a pas d'analyse.

Vincent Parizot : comment on a réagi ?

On essaie toujours parmi les élites politiques, médiatiques de diaboliser, etc. Vous savez quand Claude Guéant nous a traités, lui,  notre politique de nationale-socialiste, je vois que ça a moins fait scandale. Alors que je trouve ça pour le coup profondément scandaleux de dire ça.

Mais vous ne répondez pas à la question de Vincent.

Mais il n'y a pas d'analyse. Si si j'y ai répondu. Ça ne fait pas rire. Vous savez, la politique c'est d'abord des réponses à des questions concrètes.

Jean-Marie Le Pen vous gène aujourd'hui davantage qu'il ne vous aide ou pas, Florian Philippot ?

Non, moi je l'ai toujours dit, au contraire, il a une expérience. On en a profité de son expérience quand il a été cinq fois candidat.

Mais quand il parle comme ça, il vous aide ou il vous gène ?

Ca c'est l'écume des choses. Vous savez il a dit beaucoup de choses aussi, Jean-Marie Le Pen, sur...

... On a parlé des choses importantes d'abord et puis maintenant juste l'écume parce que on est surpris qu'un responsable national dise "ça c'est le rassemblement de Nuremberg"

Oui, mais je vous que quand vous êtes face à la gauche ou à la droite vous n'avez pas cette manière d'interroger.

C'est votre choix de ne pas répondre à la question qu'on vous pose.

Je le constate. Vous savez les gens le constatent aussi. Il y a ça aussi dans le vote Marine Le Pen.

Vincent Parizot : On a parlé de l'essentiel avant et on voulait juste poser cette question.

Je vous ai répondu sur le fond, ça ne fuit pas, c'est de l'écume, ça ne m'a pas fait rire et en même temps, je vais vous dire, les questions des Français ce n'est ça. Les problèmes dont ils nous parlent dans la rue, la ruralité, les ouvriers qui ont voté massivement pour Marine Le Pen, et les jeunes, ce qu'ils veulent c'est que ça change et qu'on puisse enfin assurer la réindustrialisation de notre pays et ça, seule Marine Le Pen porte ce projet.

Vincent Parizot : Donc rendez-vous le 1er mai, mais n'attendons pas d'indication ni de consigne de vote.

Exactement. Il n'y aura pas de consigne de vote parce que nous, on n'aime pas ce terme. Les gens sont libres de voter, ils sont des grands garçons et des grandes filles, alors ils font ce qu'ils veulent. Mais on aura une analyse politique et puis surtout on se projettera dans l'avenir.

2012 et vous OK

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2012-04-23 09:15:00
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