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Fin de vie : "Il n'y aura pas de consensus à l'Assemblée sur cette loi", dit Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Le débat sur la fin de vie, au programme de l'Assemblée nationale, dépasse le traditionnel clivage gauche-droite. Il reste néanmoins très clivant.

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Fin de vie : "Il n'y aura pas de consensus à l'Assemblée sur cette loi", dit Alba Ventura Crédit Image : Alba Ventura | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

Dormir avant de mourir pour ne pas souffrir : c'est la proposition de loi sur la fin de vie examinée depuis mardi 10 mars à l'Assemblée nationale. Un sujet ô combien douloureux, et qui divise chaque camp. Le Premier ministre Manuel Valls a d'ailleurs appelé à "dépasser les clivages". Peut-on être uni sur un sujet pareil ?

Il est impossible d'être objectif sur la fin de vie, car la fin de vie c'est forcément l'inconnu et des doutes. Cela correspond à une peur, et pas à une croyance ou à une idéologie. Une croyance on peut s'y accrocher ; la peur, non.
Il y a ceux qui ont peur de mourir dans le couloir d'un hôpital, et ceux qui ont peur de mourir sans qu'on les endorme vraiment.

Il y a aussi le débat très clivant sur la notion de "dignité". Qu'est-ce qui est digne ? Vous avez, d'un côté, ceux qui disent que l'on doit pouvoir mourir "dignement", et de l'autre ceux qui estiment qu'il est "indigne" de mettre fin à la vie. Il est difficile de tomber d'accord.

En réalité lorsque l'on parle de la fin de vie, il y a toujours au fond cette question qui dérange : est-ce que l'on a le droit de mourir quand on veut ? C'est ça le débat qui agite les députés, mais aussi la société toute entière.

Une croyance on peut s'y accrocher ; la peur, non

Alba Ventura
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Il n'y aura pas d'unanimité à l'Assemblée, c'est sûr (cela ne veut pas dire qu'elle ne passera pas, on verra). Mais il n'y aura pas de consensus, alors que cette loi est portée conjointement par un socialiste, Alain Clayes, et par un UMP, Jean Leonetti, l'auteur de la loi en vigueur sur la fin de vie.

En fait, on se retrouve dans une bagarre entre pro et anti-euthanasie. D'un côté, il y ceux qui pensent que cette loi ne va pas assez loin et que, dix ans après la loi Léonetti, il serait temps de mettre en place le suicide assisté ; de l'autre, il y a ceux qui estiment, au contraire, que cette loi c'est de l'euthanasie déguisée, que la sédation dont il est question ce n'est ni plus ni moins qu'une anesthésie qui paralyse, et qu'il ne faut pas croire que l'on s'endort en faisant de beaux rêves avant de mourir.

Chaque parti connaît des remous

C'est un débat qui traverse chaque partis. Il n'y a pas d'homogénéité comme, par exemple, sur le mariage pour tous, avec grosso modo d'un côté la droite et de l'autre la gauche. Là, chaque camp connait des remous. Chez les socialistes, vous avez même un gros bataillon de députés qui sont prêts à dénaturer ce texte soutenu par François Hollande au motif qu'il ne va pas assez loin. À droite, c'est la frange catholique qui fait le plus de bruit. Elle a quand même déposé plus de 1.000 amendements.

Vous voyez, on est entre ceux qui veulent franchir une étape de plus vers l'euthanasie et ceux qui pensent que la loi Leonetti qui traite la souffrance suffit.

Priorité pour les politiques

Ce serait osé de dire ce qu'il faudrait faire pour avancer plus sereinement quand on n'a pas soi-même été confrontée à la question ou travaillé longuement sur les questions d'éthique. Cela dit, sans doute faudrait-il se pencher un peu plus sur les "consignes écrites".

Vous savez les volontés en quelque sorte s'il nous arrive ceci ou cela. Peut-être que cette question aurait permis d'apaiser la famille de Vincent Lambert qui, rappelons-le, n'entre pas dans le cadre de la loi actuellement en discussion.

Il y a aussi les soins palliatifs, parce que derrière on entend le mot "souffrance". Aujourd'hui, une personne sur dix y a accès. Rendez-vous compte que l'on fait du "tri" dans les soins palliatifs ! Cela doit devenir une priorité pour nos politiques.

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