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Fillon, de la place d'éternel second au sacre de la primaire

PORTRAIT - La machine Fillon aura tout écrasé sur son passage et aura fait mentir tous les sondages durant la campagne de la primaire de la droite et du centre. Retour sur la stratégie d'un candidat discret, mais déterminé.

François Fillon, le 27 novembre 2016
François Fillon, le 27 novembre 2016 Crédit : Eric FEFERBERG / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Ils sont peu à avoir miser sur lui. François Fillon a écrasé ses six adversaires à la primaire de la droite et du centre, en remportant, haut la main, le premier tour avec 44,1% des voix. De coup de théâtre en coup de théâtre, le dimanche 20 novembre a mis Alain Juppé en position de challenger et a entraîné la retraite de Nicolas Sarkozy. Ils ont respectivement obtenu 28,6% et 20,6%. Nathalie Kosciuko-Morizet a récolté 2,6% des voix, Bruno Le Maire 2,4%, Jean-Frédéric Poisson 1,5% et Jean-François Copé 0,3%, selon les résultats communiqués par la Haute Autorité.

Le raz-de-marée Fillon est tel que le candidat qui affirme avoir "le courage de la vérité" en slogan, est arrivé en tête dans 87 départements. Dans la Sarthe, le candidat a, sans surprise, été plébiscité à 78,5% des votes. En Mayenne, il obtient 63,7%, dans le Maine-et-Loire 56,5%, en Vendée 56,3%, dans l'Orne 54,6%, en Loire-Atlantique 54%, dans les Côtes d'Armor 50,5% et dans les Vosges 50,3%.

Le second tour qui a eu lieu, ce dimanche 27 novembre, a été un nouveau coup de massue. Avec 66,9% des voix, François Fillon a écrasé Alain Juppé (33,1%). "Les électeurs doivent être salués pour s'être emparé massivement de ce scrutin. La victoire me revient (...) La France ne supporte pas son décrochage, La France veut la vérité et la France veut des actes. Le quinquennat qui s'achève a été pathétique (...) Ce soir, j'ai une pensée particulière pour Nicolas Sarkozy, j'adresse à Alain Juppé un message d'amitié, d'estime et de respect. Alain est un homme d'état et il le reste (...) Ce soir, je tends la main à tous ceux qui veulent servir notre pays", a-t-il déclaré.

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Une route bien tracée, dont il n'a pas dévié

Il l'avait prédit : François Fillon est là pour "casser la baraque". Le grand gagnant de la primaire de la droite et du centre a pris la parole depuis son QG de campagne. Il l'assure : sa victoire est une "vague" et s'inscrit dans une "dynamique puissante". Mais quelle est la recette Fillon qui donne ce score franchement conquérant et coiffe au poteau des ténors de la droite, comme Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ? Selon le principal concerné, "depuis des mois et des mois", il a "tracé son sillon, calmement, sérieusement, avec un projet précis et puissant". L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy estime ne pas dévier "dans sa marche. Elle est tout orientée vers l'intérêt des Français et l'intérêt de mon pays que j'aime de tout mon cœur". Le nouveau favori des urnes se laisse même tenter par la notion d'espoir. Il est là et "avec force, partout en France et démentant toutes les prédictions".

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Résultat de la primaire de la droite : pour Fillon, "l'espoir est là" Crédit Image : dailymotion | Date :

Ce succès est le résultat d'une "bonne campagne", comme l'explique Alain Duhamel. Selon l'éditorialiste de RTL, François Fillon a fait "une très bonne campagne à la télévision, qui n'est pas son arme favorite". En effet, depuis le premier débat où les sept candidats se sont affrontés, François Fillon a méticuleusement imposé son style, en restant sur le fond. Sa participation à L'Émission Politique viendra préciser cette tendance. Ces débats ont permis "de montrer la personnalité de François Fillon. Jusque-là, on voyait son programme, mais on ne voyait pas l'homme", ajoute Elizabeth Martichoux à l'antenne de RTL

Autre élément : "Nicolas Sarkozy a fait campagne pour lui. En choisissant comme cible Alain Juppé, il a facilité le transfert d'électeurs vers François Fillon. Il y a aussi eu l'effondrement de Bruno Le Maire", poursuit Alain Duhamel. François Fillon a aussi réussi le pari de devancer Alain Juppé en nombre d'abonnés sur Facebook. Signe qu'il rassemble de plus en plus de "fans". 

Un programme libéral et conservateur

"Ce qui l'a fait gagner, c'est d'être apparu dans les dernières semaines - et notamment au moment des débats - non pas comme un second, mais comme un numéro un. Un François Fillon incarnant "la droite, droite dans ses bottes", une droite libérale, conservatrice, catholique, explique Alba Ventura. Là où François Fillon a très habilement joué, c'est qu'il aura réussi à faire croire que Nicolas Sarkozy l'a empêché de faire. Il a très méticuleusement travaillé le terrain économique (quand on sait que la priorité des Français reste le chômage), pendant que Nicolas Sarkozy s'époumonait sur le terrain identitaire. Un François Fillon qui, au final, a réussi à imposer la stature de l'homme qui va faire ce qu'il dit".

L'une des principales forces du député de Paris est son réseau de soutiens chez les parlementaires, comme l'explique l'AFP, qui souligne que le président du Sénat, Gérard Larcher et le président du groupe Les Républicains Bruno Retailleau sont des fillonistes. Sans oublier le soutien de Sens Commun, influent collectif d'opposants au mariage pour tous.

Lors du débat de l'entre-deux-tours, François Fillon a clarifié sa position sur l'adoption pour les couples de mêmes sexes et n'a pas hésité à s'en prendre à Alain Juppé qui a mené une lourde charge contre son adversaire. À tel point que des parlementaires Les Républicains ne cesseront de critiquer cette stratégie.

Une revanche sur 2012

Mais comme l'expliquait à RTL.fr, Jérôme Chartier, le directeur de campagne de François Fillon, ceci est le résultat de deux ans de travail et d'investissement. C'est d'ailleurs, ce que souligne le vainqueur de la primaire de la droite et du centre : "Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont compris l'importance de cette primaire. Il y a quatre ans, je m'étais battu pour instaurer cette élection, ouverte à tous, parce qu'il m'apparaissait naturel que tous les Français et toutes les Françaises puissent en liberté donner leur avis". 

François Fillon prend ainsi une revanche sur une autre élection qui s'était soldée par un échec : la présidence de l'UMP. En 2012, "la bataille s'est résumée à un duel, féroce entre François Fillon et Jean-François Copé (...) Mais le vote a tourné à l'imbroglio. Jean-François Copé a été proclamé président mais François Fillon a contesté cette victoire et réclamé un nouveau vote, mettant l'UMP au bord de l'implosion", raconte Les Échos.

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2016-11-21 09:56:00
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