3 min de lecture Justice

Fichage des élèves musulmans à Béziers : Robert Ménard entendu par la police

Le maire de Béziers doit être entendu ce mercredi par le SRPJ de Montpellier, après qu'il a révélé décompter les enfants de sa ville en fonction de leur religion présumée.

Robert Ménard le 5 mai 2015 à Béziers
Robert Ménard le 5 mai 2015 à Béziers Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le maire de Béziers va devoir s'expliquer. Robert Ménard doit être entendu ce mercredi 6 mai par la police sur le décompte des élèves musulmans dans sa commune, une initiative condamnée jusqu'au plus haut sommet de l'État.

Le maire de Béziers sera entendu par le SRPJ à Montpellier, selon une source judiciaire, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le procureur de Béziers pour "tenue illégale de fichiers en raison de l'origine ethnique".

Il y a "64,6%" d'élèves de confession musulmane dans les école publiques de Béziers, a lancé Robert Ménard lundi soir dans "Mots Croisés" sur France 2, sans d'abord fournir aucune explication sur l'origine de ce chiffre.

Robert Ménard fait machine arrière

"Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de le dire, le maire a, classe par classe, les noms des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit de le faire. Pardon de le dire, les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier l'évidence", a répondu Robert Ménard en fin d'émission, à un internaute qui s'interrogeait sur ce pourcentage.

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"Il n'y a pas de fichage des élèves à Béziers (...) et il n'y en aura jamais", a cependant assuré Robert Ménard lors d'une conférence de presse mardi après-midi, ajoutant qu'il réservait "ses autres réponses au juge d'instruction si on les lui demande".

Perquisition à la mairie

Dans l'après-midi, quatre policiers ont mené une perquisition à la mairie. Celle-ci n'a donné aucun résultat, selon Midi Libre. Auparavant, le préfet du Languedoc-Roussillon Pierre de Bousquet et la rectrice de l'académie de Montpellier Armande Le Pellec, avaient saisi la justice, en application de l'article 40 du code de procédure pénale. Il prévoit qu'un fonctionnaire ayant connaissance d'un délit ou d'un crime est tenu d'en informer sans délai le parquet. 

"Si elle devait être avérée, l'existence d'un traitement de données déduisant de l'origine supposée d'un prénom l'appartenance réelle ou supposée à une religion constituerait une illégalité particulièrement grave et manifeste à la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés", ont précisé les deux hauts fonctionnaires dans un communiqué.

Condamnations au sommet de l'État

En visite officielle en Arabie Saoudite, François Hollande a vivement critiqué Robert Ménard, estimant que le fichage était "contraire à toutes les valeurs de la République". 

"Honte au maire" de Béziers Robert Ménard, avait écrit dès le matin Manuel Valls dans un tweet, ajoutant que "la République ne fait aucune distinction parmi ses enfants".

Robert Ménard est "en dehors des valeurs de la République" avec le "fichage" des élèves musulmans, a renchéri le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, comme la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem

Le CFCM indigné

"Monsieur Ménard, ce n’est plus Reporters sans frontières, c’est raciste sans limite !", a raillé de son côté le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, au sujet de l'ex-président de RSF. Christian Jacob, patron des députés de l'UMP a également dénoncé les propos de Robert Ménard et s'est félicité que la justice soit saisie. 

Le Conseil français du culte musulman a de son côté évoqué une "nouvelle forme" d'islamophobie. Il demande des poursuites judiciaires, se réservant le droit de "saisir les juridictions compétentes" contre Robert Ménard.

Débat sur les statistiques ethniques

La presse de mercredi voit dans cette affaire l'illustration qu'avec ou sans Jean-Marie Le Pen, le programme du FN "est le même". "Il s’agit, encore et toujours, d’imputer les difficultés du pays à une minorité qu’on veut exclure et de prévoir pour ce faire des moyens coercitifs étrangers à la tradition républicaine", écrit Libération

Pour Robert Ménard, proche du FN mais pas membre du parti, cette polémique a eu le mérite de "relancer le débat sur les statistiques ethniques". "On en a besoin de ces statistiques. En 2009, Manuel Valls il était pour. Maintenant il est contre", a-t-il rappelé. Il a demandé au Premier ministre de faire voter la loi qu'il avait évoquée alors qu'il était député-maire d'Évry.

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