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Fête du Travail 2018 : "Des syndicats divisés, vraiment un avantage pour Macron ?"

ÉDITO - C'est le premier 1er Mai d'Emmanuel Macron en tant que président. Alors que le chef de l'État est à quelque 15.000 kilomètres de la France, le contexte social reste chargé. Pour autant, il n'y a pas de front syndical.

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Fête du Travail 2018 : "Des syndicats divisés, vraiment un avantage pour Macron ?", demande Alba Ventura Crédit Image : AFP / Philippe Lopez | Crédit Média : Alba Ventura | Durée : | Date : La page de l'émission
Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

C'est vrai que compte tenu de la situation sociale, entre les grève à la SNCF, à Air France, les manifs de fonctionnaires à venir, ou encore les mouvements à l’hôpital ou à la Poste, on aurait pu croire à un 1er Mai unitaire. Et bien non !

Il faut dire que non seulement les centrales syndicales ne sont pas d'accord sur la marche à suivre - entre celles qui veulent s'opposer, bloquer, empêcher et celles qui veulent négocier -, mais à l'intérieur même des syndicats il y a des frictions.

Regardez ce qui vient de se passer à Force Ouvrière, au moment de son congrès. Un leader syndical sur le départ, en l'occurrence Jean-Claude Mailly, qui se fait siffler lors de son dernier discours, qui rentre chez lui, passablement énervé, et qui envoie un tweet assassin, parlant de la "duplicité et de l'hypocrisie" de son successeur, au moment où celui-ci s'exprime à la tribune. C'est du jamais vu !

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Des syndicats pas représentatifs

C'est le constat d'une fracture entre dirigeants syndicaux et militants. Les dirigeants syndicaux ne sont plus en phase avec leur base. Une base qui s'est durcie. On le voit aussi à la CGT. Ce qui n'est pas étonnant, lorsque dans l'opinion, il y a 40% des Français qui votent Le Pen et Mélenchon

Pourtant le mouvement devrait se durcir. Mais ce n'est pas l'impression qu'on a. Parce ces syndicats ne sont pas représentatifs. Rappelons que moins d'un salarié sur dix est syndiqué en France. Cela ne progresse pas. Ils n'inspirent pas non plus confiance. Cela doit être une leçon d'ailleurs pour eux, sur la manière de repenser le syndicalisme.

Ce qu'on croit être un avantage un jour peut être un risque demain

Alba Ventura
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À la SNCF, les grévistes sont chez les roulants. Mais les roulants ce n'est pas la majorité dans l'entreprise. C'est pour cela que cette grève s'essouffle.

À Air France, c'est une minorité qui met la compagnie en difficulté (10% de grévistes) en faisant une grève que la majorité ne suit pas. Donc on a des syndicats qui, non seulement ont un problème de représentativité, mais qui sont divisés, et en position de faiblesse.

Le risque de l'absence d'interlocuteurs

Emmanuel Macron considère que c'est un avantage. Il estime que l'heure n'est pas au compromis et que le temps presse, alors que les syndicats sont des adeptes du temps long. Ce n'est pas nouveau. À aucun moment pendant sa campagne, Emmanuel Macron n'a promis - comme l'avait fait François Hollande - d'inscrire la démocratie sociale dans la Constitution pour mieux harmoniser le dialogue social.

Macron disait même, avant d'être élu, que les représentants des salariés (comme ceux des employeurs) n'avaient pas vocation à fabriquer la loi. Pour lui, c'est de la responsabilité de l'État. Autrement dit : "Les grandes réformes c'est mon affaire et celle du gouvernement ; aux syndicats de négocier au niveau de l'entreprise et de la branche, pas plus !" 

Le défilé du 1er mai sert-il encore à quelque chose ?
Nombre de votes : 5952 *Sondage à valeur non scientifique

Alors c'est vrai qu'il n'y a pas de convergence des luttes et que Macron peut considérer qu'il a les mains libres. Mais il y a des foyers de contestations un peu partout. Et ce n'est jamais très bon de ne pas avoir d'interlocuteurs. Ou de les considérer trop faibles pour négocier. On ne sait jamais comment un conflit peut tourner. Ce qu'on croit être un avantage un jour peut être un risque demain.

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Fête du Travail 2018 : "Des syndicats divisés, vraiment un avantage pour Macron ?"
ÉDITO - C'est le premier 1er Mai d'Emmanuel Macron en tant que président. Alors que le chef de l'État est à quelque 15.000 kilomètres de la France, le contexte social reste chargé. Pour autant, il n'y a pas de front syndical.
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2018-05-01 08:03:00
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