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Face à la menace russe, la Suède rétablit le service militaire

La Suède a décidé rétablir la conscription, supprimée en 2010, pour répondre au réarmement de la Russie voisine.

Des militaires suédois en septembre 2016 (illustration)
Des militaires suédois en septembre 2016 (illustration) Crédit : SOREN ANDERSSON / TT News Agency / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

La Russie montre ses muscles et pousse la Suède à réagir. Le gouvernement suédois a annoncé jeudi 2 mars le rétablissement du service militaire dès cet été, sept ans après l'avoir abandonné, invoquant l'évolution de la situation sécuritaire, sur fond d'affirmation des ambitions russes dans la région. Le retour de la conscription "fait partie de l'ambition d'augmenter la capacité militaire" du pays alors que la situation de sécurité évolue, a déclaré le ministre de la Défense Peter Hultqvist. "Nous sommes dans un contexte dans lequel la Russie a annexé la Crimée, constate-t-il. Elle fait plus d'exercices dans notre voisinage proche".

La Suède, qui n'a pas connu de conflit armé sur son territoire depuis plus de deux siècles, ne fait pas partie de l'Otan. Elle n'a pas de frontière terrestre avec la Russie, mais les deux pays sont riverains de la mer Baltique et Moscou dispose d'une base navale à Baltiïsk, dans la région de Kaliningrad.

"Nous avons vu que les unités n'arrivaient pas à être remplies sur la base du volontariat. Il fallait prendre une décision pour compléter le système, c'est pour cela que nous réactivons la conscription", a précisé Peter Hultqvist. La crainte représentée par la Russie a été ravivée par l'incursion d'un sous-marin non identifié dans l'archipel de Stockholm à l'automne 2014.

La démonstration du pouvoir russe a longtemps été sous-estimée et on (lui) trouvait des excuses.

Wilhelm Agrell, expert en sécurité
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"La démonstration du pouvoir russe a longtemps été sous-estimée et on (lui) trouvait des excuses", a expliqué un expert en questions de sécurité, Wilhelm Agrell. Depuis l'hiver 2014, "on voit la Russie comme expansionniste et prête à utiliser la violence pour favoriser ses intérêts", relève-t-il. L'incertitude règne quant aux intentions de la Russie en mer Baltique et "aujourd'hui la Suède n'a pas la possibilité, ni d'ailleurs la volonté politique de se tenir à l'écart d'un conflit" dans cette région, rappelle le chercheur.

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Le gouvernement avait décidé en mars 2015 de remilitariser la plus grande île du pays, Gotland, située à l'est du pays, où la dernière caserne avait fermé dix ans auparavant. Depuis septembre, 150 hommes sont stationnés sur l'île. En juin 2015, un centre de réflexion américain, le Cepa (Centre d'analyse des politiques européennes), avait affirmé dans un rapport sur la géostratégie en mer Baltique que la Russie avait entraîné 33.000 militaires à envahir des sites étrangers, y compris Gotland. 

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