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Euro 2016 : "En politique, 'l'effet Bleus' est éphémère", analyse Alba Ventura

ÉDITO - L'exécutif peut-il profiter du joli parcours de l'équipe de France de football ?

François Hollande dans les tribunes du Stade Vélodrome lors du match Allemagne-France, le 7 juillet 2016
François Hollande dans les tribunes du Stade Vélodrome lors du match Allemagne-France, le 7 juillet 2016
Crédit : SIPA
Euro 2016 : "En politique, l'effet Bleus est éphémère", analyse Alba Ventura
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Euro 2016 : "En politique, 'l'effet Bleus' est éphémère", analyse Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Il y a toujours un effet Bleus. Souvenez-vous de Jacques Chirac en 1998. Sa cote ne faisait que dégringoler de mars à juin (dix points de chute), et pendant le Mondial il va quand même regagner quatorze points. Jacques Chirac qu'on voyait endosser le maillot des Bleus, lancer la ola depuis les tribunes. C'était le premier des supporters. Rendez-vous compte, il avait obtenu plus de bonnes opinions que le cycliste Richard. François Hollande est resté plus en retrait. Il a bien sûr assisté aux matches, il est allé rendre visite aux Bleus à Clairefontaine au début de la compétition. Mais il a fait le service minimum, alors que c'est un vrai fan de foot. Ce n'est pas improvisé chez lui.

La différence entre François Hollande et Jacques Chirac, c'est la popularité. À l'époque Jacques Chirac tournait autour de 50% de popularité ; François Hollande est autour de 14%. Le Président Hollande savait qu'il ne pouvait pas surfer sur le parcours des bleus, il ne pouvait pas fanfaronner. Il est bien sûr ravi de cette victoire. Battre l'Allemagne, lui qui a tant été traumatisé par le France-Allemagne de 1982 à Séville, c'est sacré baume au cœur. Mais il sait que cette victoire n'est pas pour lui. Surtout que ce n'est pas fini. Il y a encore la finale à jouer. Et surtout il sait que s'il en profite un peu, ça ne durera pas. L'effet Bleus est éphémère.

François Hollande espère que ça va jouer sur le moral des Français. Il l'avait dit d'ailleurs : il espérait que "l'Euro puisse mettre le pays de bonne humeur". De ce point de vue-là, le pari est en train d'être gagné. Il faut se rappeler qu'en décembre dernier, les Français ne croyaient pas du tout en la victoire des Bleus. En mai, il n'étaient que 24% à y croire. Souvenez- vous : il y avait les polémiques Benzema et Cantona, le contexte social, la loi Travail qui arrivait après la déchéance de nationalité, les grèves, les casseurs, la haine anti-flics, les hooligans au début de l'euro. C'était la déprime.

Autant la gestion la gestion des dossiers politiques a été désastreuse, autant la gestion de l'Euro de football a été bonne

Alba Ventura

Finalement les grèves n'ont pas empêché l'accès aux stades, les manifs se sont éteintes doucement, tout s'est bien passé dans les fan-zones, les supporters irlandais et islandais ont montré l'exemple. Et cette équipe de France, soudée, sympathique a fait le reste. Elle a permis de faire oublier les sales gosses de Knysna. Elle a surtout permis de mettre un peu de baume au cœur d'une France en crise. Autant la gestion la gestion des dossiers politiques a été désastreuse, autant la gestion de l'Euro de football a été bonne. Jusqu'ici...

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Encore une fois, ce n'est qu'une parenthèse. C'est ce que les Anglais appellent "le feel good factor" : un moment suspendu, enchanté, avant le retour à la réalité sociale et politique. John Major, l'ancien premier ministre britannique, s'en souvient très bien, lui qui avait surfé sur le beau parcours de son équipe lors de l'Euro 1996. Moins d'un an plus tard, il perdait les élections.

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