2 min de lecture Attentat à Nice

État d'urgence : "Rien ne vaut les insultes mais le débat est très important", dit Jean-François Copé

INVITÉ RTL - Le député-maire de Meaux est revenu sur le débat houleux entre les députés et le gouvernement lors du vote de la prolongation de l'état d'urgence.

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Jean-François Copé, invité de RTL le 20 juillet 2016 Crédit Image : Camille Kaelblen / RTL.fr | Crédit Média : RTL.fr | Date :
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

On n'avait pas vu ça depuis les débats sur le mariage pour tous. Après une fin de commission enflammée à l'Assemblée entre républicains et socialistes, la discussion dans l'hémicycle a été très tendue. Elle a frôlé l'incident après les propos de Laurent Wauquiez sur le sort à réserver aux "ennemis de la République". Des propos dénoncés par Manuel Valls comme une "stratégie" s'écartant de "la droite républicaine". "Ceux qui promettent qu'on peut tout régler d'un coup de baguette magique mentent aux Français", avait lancé plus tôt le Premier ministre, allusion aux déclarations de certains à droite.

Jean-François Copé n'a pas goûté ces débordements mais explique en comprendre les sources. "C'est vrai que l'atmosphère était extrêmement tendue tout au long de la soirée et de la nuit, a dit l'ancien président de l'UMP au micro de RTL, mais en même temps le sujet est très grave et montre, il est vrai, quelques divergences (...) Rien ne vaut des insultes, mais il y a un débat de fond qui est très important !"

Peu avant 5h ce 20 juillet au matin, quelques jours après l'attentat de Nice et au terme d'un examen marathon, les députés ont massivement adopté, par 489 voix contre 26 et 4 abstentions, ce quatrième projet de loi de prorogation, dans un hémicycle bien plus garni que d'ordinaire. Les contestataires, quasiment tous à gauche (Front de gauche, des écologistes et des frondeurs PS), se situent au même étiage que lors des dernières fois. Mais cet unanimisme au moment du vote global masque de profondes divergences droite-gauche notamment sur le placement du curseur des réponses au terrorisme. Alors que Les Républicains ont encore réclamé de "changer le droit", le Premier ministre a rejeté toute "législation d'exception", notamment des centres de rétention pour les personnes suspectes.

Une société française au bord de la rupture

Alors que des élus LR mais aussi d'extrême droite ont encore fait le procès d'un exécutif n'ayant pas fait à leurs yeux tout le nécessaire pour protéger les Français de "la barbarie" due à "l'islam radical", Manuel Valls a affirmé devant les députés qu'il fallait "plus que jamais faire bloc" car "les populismes rôdent". "Que cherche le terrorisme ? Il cherche à nous diviser, à nous séparer, à nous opposer, à susciter la haine, la suspicion, la querelle, la vindicte", avait dit plus tôt François Hollande, à Lisbonne. Le chef de l'État a appelé les Français à "vivre" et ne pas "mettre un genou à terre", le jour où la Promenade des Anglais a totalement rouvert à la circulation, après trois jours de deuil national. Mais à neuf mois de la présidentielle, plusieurs élus de tous bords se sont dits inquiets du climat dans le pays, certains évoquant des "risques d'explosion sociale" voire de "guerre civile" dans une "France à bout de nerfs" et qui "a peur". 

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Jean-François Copé a mis en garde l'exécutif s'il ne prenait pas de décisions radicales : "Il n'a jamais été dit nul part que les démocraties devaient être faibles, mais la nôtre l'est. Les histoires sont toujours les mêmes, quand une démocratie est faible face à la menace, ça donne l'anarchie et derrière la dictature, expliquait-il. Là, toutes les conditions sont réunies avec l'extrême droite en embuscade pour avoir une démocratie menacée de toute part compte tenu de la menace terroriste".

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