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Eric Besson : "J'écarte l'hypothèse d'une forte hausse du prix du gaz"

Le ministre de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique, répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Eric Besson a exclu l'hypothèse d'une forte hausse du prix du gaz, après la suspension par le Conseil d'Etat du gel des tarifs du gaz de GDF Suez pour les particuliers décidé par le gouvernement au 1er octobre. "Il y a plusieurs scénarii sur la table. Il y a un ou plusieurs scénarios où ça augmente, faiblement ou modérément. (...) A titre personnel, le seul scénario que j'écarte c'est l'hypothèse d'une augmentation forte du prix du gaz", a-t-il précisé. François Fillon tranchera "d'ici à la fin de la semaine, vraisemblablement" entre "deux exigences contradictoires" de respecter la loi et protéger le pouvoir d'achat, a ajouté le ministre.

Eric Besson sur RTL le 15 septembre 2011
Eric Besson sur RTL le 15 septembre 2011 Crédit : RTL
micro générique
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Eric Besson.

Eric Besson : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous avez éteint, hier à Montpellier, le dernier émetteur qui diffusait la télévision en mode analogique. Désormais, la France vit toute entière sous le régime de la télévision numérique.Qu'est-ce que ça change ?

Oui, ça a été un immense plaisir pour les Français. Ca veut dire ceux qui recevaient trois, quatre, cinq, six chaînes, parfois dans des conditions délicates, ont désormais dix-neuf chaînes gratuites de la télévision numérique terrestre, avec la qualité image et son qui va avec, plus dix chaînes payantes. Je crois que ça a changé leur quotidien ; et ça va nous permettre, en plus - c'est l'un des objets du plan France Numérique 2020 que je vais présenter, ce matin - de développer un certain nombre d'autres services.

Je pense qu'à l'échelon de 2020, à l'horizon 2020, nous aurons la haute définition sur toutes les chaînes. Nous aurons peut-être la télévision mobile personnelle. Il y a beaucoup de progrès susceptibles d'améliorer la vie et les services des Français.

Voilà ! Ca, c'était le versant optimiste de votre travail.

Tous le sont !

Il y a des dossiers plus embêtants. Le prix du gaz, par exemple. Le Conseil d'Etat a annulé, lundi, un arrêté que vous aviez signé le 29 septembre dernier avec le ministre de l'Economie, François Baroin ; cet arrêté bloquait l'augmentation automatique du prix du gaz (10%) qui aurait dû intervenir le 1er octobre dernier. Donc, il n'y a plus d'arrêté. Donc, le gaz va augmenter, Eric Besson ?

Nous sommes en train d'y travailler. Je ne suis pas en mesure de vous donner la clef de ce qui va se passer puisque le Premier ministre doit arbitrer dans les heures, plus exactement dans les jours qui viennent.

D'ici à la fin de la semaine ?

D'ici à la fin de la semaine, vraisemblablement. Un mot pour expliquer à vos auditeurs. La loi et le décret disent que le tarif du Gaz doit refléter le coût d'approvisionnement, notamment de GDF Suez. Et nous avons dit qu'il nous semblait que cette formule de calcul n'était pas adaptée parce qu'elle renchérissait...

... C'est vous qui l'aviez définie la formule de calcul !

Oui, enfin c'est l'Etat, le gouvernement, absolument préalablement...

Il y a une continuité dans l'action du gouvernement.

Mais quand on regarde, par exemple, le marché au jour le jour, ce qu'on appelle le "marché spot". Prenez une dimension plus importante. Et donc, il nous semblait que les Français payaient trop cher leur gaz. Donc, nous avons voulu changer la formule de calcul. Le Conseil d'Etat dit : "Vous n'avez pas le droit". Dont acte.

Il dit plus, le Conseil d'Etat : "Aucune disposition ne permet au ministre de suspendre l'application de la formule tarifaire prévue". Aucune disposition. Il ne vous laisse aucune marge de manœuvre.

Oui. Vous avez décidé de faire du droit ce matin. Je vais revenir si vous le voulez bien, à de la Politique.

C'est le Conseil d'Etat qui l'a décidé.

Oui, bien sûr, je ne conteste pas la décision du Conseil d'Etat. Elle s'applique. Nous allons donc la respecter.

Donc, le gaz va augmenter !

Non. Nous allons d'abord discuter de la façon dont on peut mettre en œuvre la décision du Conseil d'Etat. Il y a plusieurs scenarii sur la table. Et quand vous dites : ça va augmenter. Il y a un scénario ou plusieurs scénarios où ça augmente, faiblement ou modérément. Et puis, il y a une autre préoccupation que le Premier ministre avait exprimé, il y a plusieurs mois, qui est celle du pouvoir d'achat des Français et de dire qu'actuellement, dans les zones de turbulence que nous traversons, le coût de l'énergie est quelque chose d'important. Donc, c'est pour ça que je ne suis pas en mesure, ce matin, de vous dire ce qu'il en sera. Et le Premier ministre va arbitrer avec deux exigences contradictoires.

Contradictoires. Voilà.

Contradictoires, qu'il s'agit de concilier. L'une qui est effectivement le respect de la décision du Conseil d'Etat,  en attendant...

... C'est-à-dire le respect de la loi !

Oui... Mais en attendant que la nouvelle formule de calcul, plus juste, parce que nous ne contestons pas l'idée qu'il faille une formule de calcul. Simplement, il faut du temps pour l'élaborer et qu'elle soit plus juste. Qu'avons-nous le droit de faire dans l'intervalle ? Et quelles conséquences précises pour le prix du gaz ? A titre personnel, le seul scénario que j'écarte, c'est l'hypothèse d'une augmentation forte du prix du gaz mais entre le rien et faible ou modéré, c'est au Premier ministre d'arbitrer dans les jours qui viennent.

Je comprends ce que vous dites ; et évidemment protéger les consommateurs, protéger leur pouvoir d'achat, ressort évidemment des missions du gouvernement ; et puis, on y est tous sensible à ça. Il n'empêche qu'il y a la loi. Et que quand la loi - c'est le gouvernement auquel vous appartenez qui l'a fait voter - et qu'une loi s'applique !

Mais la loi dit que ça doit refléter exactement le coût d'approvisionnement ; et nous ne sommes actuellement pas d'accord, nous allons le résoudre, sur ce qu'est exactement le coût d'approvisionnement. D'un mot, vous avez des contrats de long terme. Par exemple, avec la Russie et puis, les fournisseurs de Gaz, notamment GDF Suez s'approvisionne au jour le jour sur le "marché spot" et c'est cet équilibre là, cette pondération-là, qui techniquement n'est pas si facile à mettre en œuvre.

Le but c'est de tout faire pour que le gaz n'augmente pas avant l'élection présidentielle ? Après ?

Assurer la sécurité d'approvisionnement. Un ministre de l'Energie a toujours cette obsession : la sécurité d'approvisionnement, que ce soit du gaz, de l'électricité, etc. Et en même temps, effectivement, la préoccupation de pouvoir d'achat.

Réponse : à la fin de la semaine. Une association de consommateurs, CLCV, assure que durant ces dernières années, les compagnies pétrolières ont augmenté en douce leurs marges sur la distribution de l'essence. L'augmentation est faible mais sur les volumes que ça représente, ça fait beaucoup d'argent. Cette association de consommateurs a-t-elle raison, Eric Besson ?

Non. Elle a tort. Elle a tort. J'ai regardé très précisément. Elle fait une erreur parce qu'elle prend - pardon, on fait de la technique, ce matin, mais on y est obligé ! - ce qu'on appelle la marge brute. Or, en la circonstance, c'est la marge nette qui compte. Parce que si vous ne comptez pas le coût de stockage, le prix des stations service, etc., évidemment, vous gonflez artificiellement la marge. La réalité est simple : la marge nette de la distribution des pétroliers en France est,  j'allais dire, la plus faible - donnons-nous une marge de manœuvre - l'une des plus faibles en Europe.

Et deuxièmement, j'avais déjà eu l'occasion à ce micro de tordre le cou à une rumeur. Lorsque le prix du baril de pétrole baisse, le prix de l'essence à la pompe baisse aussi vite qu'il monte lorsque le prix du pétrole augmente.

Heureusement que vous le dites, Eric Besson, parce que vous n'êtes pas nombreux à s'en apercevoir !

Oui, mais parfois...

Mais si vous le dites, c'est que c'est vrai.

On a une espèce de regard collectif...

Un sentiment. Voilà.

C'est très précisément vérifiable sur prix-carburant.fr . Tous vos auditeurs peuvent aller en permanence vérifier cette adéquation, cette relation que je viens d'évoquer.

Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, était "le porte-parole du Front National", comme le titrait "Libération" ?

Non. C'est même insultant à son égard de le suggérer. C'est un vrai républicain. Il est engagé sur des dossiers difficiles, je le sais d'expérience, d'immigration ou des sujets que je n'ai pas connus personnellement : la mise en oeuvre d'une politique de sécurité. Mais on ne peut pas dire ce qui a été suggéré, hier, non.

Il disait, dimanche : "Il y a trop d'Immigrés en France."

Il ne le disait pas, je l'ai entendu. Il ne le disait pas exactement comme ça.

Ah, à peu près. Vraiment ?

Il disait que notre capacité à accueillir des immigrés...

Non, non, il disait : il y a trop d'immigrés. Non, non.

J'y suis... Dépend de notre capacité d'intégration.

Donc, il disait : "Il y a trop d'immigrés".

Et notamment pour l'immigration par le travail, qu'elle fluctue en fonction de notre capacité à bien accueillir. Mais c'est une évidence absolue. Vous n'accueillez pas, vous n'intégrez bien que celui qui peut trouver un emploi, un logement et qui, en plus, comment dire, adhère à un certain nombre de valeurs de la République Française.

"Ne faisons pas des immigrés des adversaires globaux", a dit, hier, Jean-Pierre Raffarin ?

Il a entièrement raison ...

Vous estimez qu'il y a un malaise ?

Non, il a entièrement raison. Il s'exprime de façon constante sur ce sujet . J'adhère à ce que vient de dire Jean-Pierre Raffarin mais ça ne me paraît pas contradictoire avec ce que fait Claude Guéant

Eric Besson, ministre de l'Industrie et de l'Energie qui a dit une chose importante, ce matin : "Le prix de l'essence ne va pas baisser". Pour le reste, on va voir !

Je ne vous ai pas dit ça. Si le prix du baril de pétrole baisse dans les jours qui viennent et ce qui était plutôt la tendance,  ces dernières semaines, le prix de l'essence baissera.

C'est à peu près aussi hypothétique que quand il fait 20 degrés en novembre !

Non, non, il y a statistiquement plus de possibilités.

Ca peut arriver !
   
2012 et vous

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