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Entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, la primaire a déjà commencé à l'UMP

DÉCRYPTAGE - Le nouveau patron de l'UMP reçoit le maire de Bordeaux ce mercredi le temps d'un déjeuner. Mais derrière l'unité de façade, les deux rivaux affûtent déjà leurs armes pour 2017.

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy le 15 novembre 2011, à Bordeaux. (archives)
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy le 15 novembre 2011, à Bordeaux. (archives)
Crédit : REGIS DUVIGNAU / AFP
Alain Juppé prépare une grande tournée chiraquienne à travers la France
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Benjamin Hue & Dominique Tenza

Pour Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, la primaire, c'est déjà maintenant. Tout juste élu à la tête de l'UMP, l'ancien chef de l'État consulte tous azimuts. Après avoir pris ses quartiers au siège du parti, il a reçu la plupart des ténors pour constituer son équipe et peaufiner son image de rassembleur. Bruno Le Maire, Xavier Bertrand, Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez et Édouard Balladur ont ainsi défilé rue de Vaugirard. Des entretiens conclus à chaque fois par des sourires et des accolades immortalisés par les photographes qui font le pied de grue sur le perron de l'UMP.

Soucieux de réussir la première séquence de sa présidence, Nicolas Sarkozy sait qu'il doit montrer un visage apaisé pour se poser en patron incontesté de l'UMP. Dans cette perspective, il a reçu mardi François Fillon avec qui il a eu "une conversation positive", selon l'entourage de ce dernier. Une rencontre achevée par une poignée de main furtive qui n'a pas complètement réussi à persuader que la hache de guerre est enterrée entre eux. Pas sûr que l'accueil soit beaucoup plus chaleureux ce mercredi. Avant le premier bureau politique de sa présidence, Nicolas Sarkozy doit déjeuner avec Alain Juppé. Le maire de Bordeaux pourrait lui signifier à cette occasion son refus d'intégrer le comité des anciens premiers ministres que l'ex-maire de Neuilly souhaite constituer à l'UMP.

Juppé prépare une grande tournée chiraquienne

Pendant que Nicolas Sarkozy joue l'unité, Alain Juppé prépare déjà sa contre-attaque. Le maire de Bordeaux est conscient que Nicolas Sarkozy cherche à lui faire de l'ombre. Le choix de Thiery Solère pour organiser la primaire en vue de 2017 - un ancien trublion pour la sarkozie - n'est pas anodin dans la volonté de l'ancien président de donner des gages à ses opposants. La prise en compte du nouveau statut de Bruno Le Maire - en proposant à Delphine Burkli, l'une de ses proches de devenir sa porte-parole - joue également en ce sens. "Le Maire devient un facteur d'unité pour Sarkozy. En cherchant à réintégrer le "renouveau" dans la sarkozie, il ringardise Juppé et Fillon", affirme ainsi une source du parti.

Loin de prendre ombrage de cette stratégie, Alain Juppé affine son angle d'attaque. Le maire de Bordeaux a d'ores et déjà jeté les bases d'un prochain grand tour de France aux allures de tournée chiraquienne. Dès le mois de janvier, il se rendra une fois par mois, au minimum, dans une région de l'Hexagone pour une immersion de 48 heures au contact des Français. Hors micro, hors caméra, il passera la nuit sur place, désireux de prendre la température du pays et de s'imprégner des préoccupations des Français. "Il souhaite remettre à jour son logiciel", explique l'un de ses proches.

Mais il ne veut pas raviver la guerre des chefs

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Enseignants, ouvriers, agriculteurs.. L'ancien premier ministre souhaite prendre le temps de discuter et de palper le terrain comme s'il était en campagne. Car la primaire pour 2017 a bien démarré samedi soir. "Bien sûr qu'il est en campagne", assure l'un de ses soutiens. Mais à bientôt 70 ans, Alain Juppé reste vigilant. Il ne compte pas se laisser enfermer par Nicolas Sarkozy. Ni lui laisser dicter le tempo. D'où son refus d'intégrer le club des ex-premiers ministres qu'il a lui-même rebaptisé comité "naphtaline" mardi. Malgré sa liberté de ton à l'UMP, il sait que sa marge de manœuvre est étroite. Il ne doit pas la jouer trop personnel. Sous peine de donner l'impression de faire bande à part et de raviver la guerre des chefs. Les militants ne lui pardonneraient pas.

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