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En Guyane, les "excuses" d'Ericka Bareigts relancent les négociations

Matthias Fekl et Ericka Bareigts ont entamé jeudi 30 mars des discussions avec les leaders de la mobilisation en Guyane.

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La ministre de l'Outre-mer Ericka Bareigts a présenté ses "excuses" à Cayenne au "peuple guyanais" Crédit Image : jody amiet / AFP | Crédit Média : Mathilde Romagnan (Radio Pays) | Durée : | Date :
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Félix Roudaut
et AFP

Après dix jours de crise aiguë, les négociations entre la Guyane et le gouvernement avaient mal commencé. Mais elles sont reparties de bons pieds après que la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a adressé ses "excuses" au peuple guyanais, jeudi 30 mars. "Au bout de tant d'années, c'est à moi que revient l'honneur de dire, au-delà de ma petite personne, au-delà des fonctions, toutes mes excuses au peuple guyanais", a-t-elle lancé depuis le perron de la préfecture de la Guyane, en référence à des années de sous-investissement de Paris dans ce territoire.

Une déclaration qui a déclenché une vague d'applaudissements de la part de centaines de personnes qui avaient pourtant manifesté leur méfiance à son égard, ainsi qu'à celui du ministre de l'Intérieur Matthias Fekl. Critiquée pour avoir tardé à venir en Guyane, malgré l'importance du mouvement social, Ericka Bareigts s'était déjà excusée quelques minutes plus tôt devant une délégation d'une cinquantaine de Guyanais reçus par les deux ministres. "Si j'ai blessé la Guyane, je ne sais de quels maux, mais si j'ai blessé la Guyane, alors ça ne sera pas moi, Ultramarine, qui reculera devant des excuses", a-t-elle déclaré. 

Il s'est passé quelque chose de fort

Matthias Fekl
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Ces excuses officielles ont permis d'inverser la tendance à Cayenne, où le déplacement des ministres, arrivés de Paris mercredi 29 mars, s'était déroulé dans une ambiance plus que pesante. "Madame la ministre de l'Outre-mer, le peuple guyanais vous demande de vous excuser. Nous pouvons pardonner les bêtises, mais pas le mépris", avait notamment lancé Gaëlle Lapompe Paironne, membre de la délégation reçue en préfecture, à Ericka Bareigts.

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Après qu'elle se fut exécutée, ce qu'elle s'était refusée à faire dans un premier temps, Gaëlle Lapompe Paironne s'est jetée dans les bras d'Ericka Bareigts. "Il s'est passé quelque chose de fort. Les conditions de la confiance sont là", s'est ému le ministre de l'Intérieur, lors d'un entretien avec l'AFP et Le Monde. Tandis que la délégation guyanaise a apporté plus de 400 pages de propositions aux deux membres du gouvernement, une "veille ministérielle" a été mise en place à Paris pour "parvenir à des arbitrages" sur les principaux points, a assuré Matthias Fekl, qui compte apporter des réponses au collectif samedi 1er avril au plus tard.

Ericka Bareigt fustige Nicolas Sarkozy

La Guyane connaît depuis une dizaine de jours un mouvement de contestation sans précédent, sur fond de revendications sécuritaires, économiques et sociales. Mardi 28 mars, ce département a connu "la plus grosse manifestation de son histoire", avec près de 15.000 marcheurs sur un territoire qui compte 250.000 habitants. Les 37 syndicats membres de l'Union des travailleurs guyanais (UTG) avaient voté samedi 25 mars à la quasi-unanimité la grève générale illimitée qui a commencé lundi 27 mars.

"Le gap qui s'est créé dans les cinq à dix ans précédant est très difficile à combler", a observé Ericka Bareigts, pour qui tous les ans sous la présidence de Nicolas Sarkozy "on enlevait des professeurs" ou des effectifs de police dans l'Outre-mer. L'exécutif a déjà validé un certain nombre de mesures pour répondre aux exigences populaires, telle la création d'un Tribunal de grande instance et d'un centre pénitentiaire à Saint-Laurent-du-Maroni, la deuxième ville du territoire, ainsi que la suspension de la cession du centre médical de Kourou.

Le préfet Jean-François Cordet, qui pilote une mission de hauts fonctionnaires envoyée par Paris, active depuis samedi, avait annoncé, entre autres, "la fidélisation d'un escadron de gendarmes mobiles à Cayenne". Ericka Bareigts et la ministre de la Santé Marisol Touraine ont validé mercredi une aide de fonctionnement exceptionnelle de 20 millions d'euros à l'hôpital de Cayenne, en difficulté financière. Selon Les Échos, les ministres "seraient en mesure de poser sur la table des négociations un pacte de développement de la Guyane de quatre milliards sur un peu moins de 10 ans". Des informations aussitôt démenties par Matignon.

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