3 min de lecture Présidentielle 2017

Emmanuel Macron va-t-il déclencher l'implosion du Parti socialiste ?

DÉCRYPTAGE - Le nouveau candidat à la présidentielle agace Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde les élus socialistes.

Emmanuel Macron le 26 octobre 2016 à Paris.
Emmanuel Macron le 26 octobre 2016 à Paris. Crédit : CHAMUSSY/SIPA
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

"C'est très embêtant". Jean-Christophe Cambadélis est agacé par la candidature d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, officialisée mercredi 16 novembre à Bobigny. Le premier secrétaire du Parti socialiste a fait part de son inquiétude à l'idée d'avoir plusieurs candidats capables de capter l'électorat de gauche en 2017 : "Si on morcelle (...) je pense que c'est très dangereux". Sur France 2, il en a aussi profité pour prévenir les potentiels élus socialistes qui seraient tentés de soutenir Emmanuel Macron, et non pas un candidat de la primaire de la gauche. "Le jour où il y aura un candidat socialiste à la primaire, il faudra choisir". Une déclaration qui sonne comme un avertissement, constitue-t-elle aussi l'aveu que le PS, déjà très fébrile, est en proie à une cassure encore plus profonde ?

Ce qui est certain, c'est que cette mise en garde montre que la sérénité ne règne pas au sein du Parti socialiste. "Ils sont assez fébriles", constate Bruno Cautrès, membre du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), joint par RTL.fr. "Depuis qu'Emmanuel Macron est sorti du gouvernement, on a assisté à un pilonnage régulier de la part du PS", ajoute-t-il, estimant que le message de Jean-Christophe Cambadélis s'adresse donc aux "élus qui seraient tentés de s'engager auprès de Macron ou de lui donner une signature".

Au sein du Parti socialiste, difficile de dire qu'Emmanuel Macron fait l'unanimité ou s'attire la sympathie des plus grands cadres. Quelques voix, telles que le sénateur François Patriat ou les députés Richard Ferrand et Stéphane Travert, ont néanmoins déjà accordé leur soutien avant même que l'ancien ministre ne se lance dans le grand bain. La figure la plus emblématique est sans doute Gérard Collomb qui, de fait de son importance que lui confère son mandat de maire de Lyon, s'est en quelque sorte mué comme porte-parole non officiel du fondateur d'En Marche.

Le PS plus fiable qu'En Marche

Maintenant que le secret de polichinelle autour de cette candidature est lancée, d'autres élus socialistes pourraient-ils suivre, comme semble le craindre Jean-Christophe Cambadélis ? Olivier Rouquan, politologue spécialiste de la gauche contacté par RTL.fr, se montre sceptique : "Les élus ont besoin de savoir si, aux prochaines campagnes électorales, on va leur apporter une expérience, un tissu associatif qui suit, des militants et des financements de campagne. Les élus sont des gens prudents. Emmanuel Macron n'est pas en situation de les rassurer. En Marche est un mouvement en partie digital. Ce sont des réseaux qui sont en train de se constituer, pas une machine électorale puissante".

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Le Parti socialiste, grâce à sa puissance, n'aurait donc pas à craindre dans l'immédiat d'être débordé par En Marche, et ce malgré les bons scores réalisés dans les sondages par le nouveau prétendant à l'Élysée. "Les partis politiques ont une très forte capacité à résister à tous ces chocs", assure Bruno Cautrès. Et si Emmanuel Macron, à l'électorat très porté au centre-droit, souhaite faire main basse sur un bon nombre d'élus et adhérents socialistes, il va falloir qu'il donne aux élus "des preuves de sa réussite", d'après Olivier Rouquan.

Plutôt que d'être le déclencheur d'une implosion, Emmanuel Macron pourrait être simplement un coup supplémentaire porté à un parti déjà attaqué de toutes parts depuis plusieurs mois, aussi bien sur sa droite, que sur sa gauche, et qui accumule les défaites locales depuis 2014. "Le Parti socialiste n'a toujours pas son candidat et il est pris en étaux : la candidature de Macron et la candidature de Mélenchon. Il lui sera difficile de trouver toute sa place", ajoute Bruno Cautrès. En attendant, avant même de pouvoir riposter en bonne et due forme, le PS va d'abord s'atteler à se trouver un candidat pour dissiper le brouillard autour de la gauche.

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