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Pourquoi 2018 sera le reflet de l'expression de Macron "et en même temps"

ILS PARIENT SUR 2018 (2/6) - Emmanuel Macron n'a de cesse de le répéter : il appliquera ce pour quoi il a été élu. Voici l'objectif principal du président de la République pour cette nouvelle année. Il doit néanmoins gérer les crises de la fin d'année pour s'atteler à peaufiner son image.

Emmanuel Macron à l'Élysée, le 19 décembre 2017
Crédit Image : NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Étape numéro deux. Emmanuel Macron entame la deuxième année de son quinquennat. Et celle-ci se présente sous de bons auspices. En juillet dernier pourtant, la question de la fin de son état de grâce se posait. Le chef de l'État sortait d'un été noir avec la démission du général de Villiers, l'annonce de la baisse des APL, la réforme du Code du travail mais aussi un discours devant le Congrès jugé trop flou. 

Un baromètre, réalisé par Le Journal du Dimanche, plaçait Emmanuel Macron à 54% d'opinions favorables. Une chute inédite qui n'avait pas été observée depuis 1995. Deux mois auparavant, il culminait à 62% de cote de popularité. 




Désormais, le président de la République a inversé la tendance. Sa cote de popularité a connu une embellie à la fin de l'année 2017. Selon un sondage Opinionway publié le 19 décembre, Emmanuel Macron a gagné neuf points pour atteindre 54% de personnes satisfaites par son action à la tête du pays. 

Des réformes à "un rythme effréné"

Emmanuel Macron a réussi à évacuer les dossiers sensibles du début de son quinquennat. Un proche du président de la République confiait dans les colonnes du Monde que "tous les dossiers chauds qui devaient nous exploser à la figure sont passés sans problèmes. On peut le dire, on est très bons !". Selon un ministre, cité dans le journal, l'objectif de l'année à venir est de... continuer et amplifier : "L'idée, c'est de continuer au même rythme effréné. C'est simple, si Emmanuel Macron arrête de marcher, il tombe". 

Et l'année 2018 devrait suivre le même chemin. Lors de ses vœux aux Français, le président de la République a réaffirmé que "les transformations profondes" se poursuivront "avec la même force et le même rythme". Tout ceci dans l'objectif de "faire ce qui a été promis". Dans son édito, Olivier Bost, journaliste politique de RTL, rappelle les chantiers qui attendent le gouvernement : "Pour plusieurs ministres, 90% du programme présidentiel aura été appliqué d’ici fin 2018. Il restera ensuite la très longue réforme des retraites, celle de l’audiovisuel public, et quelques sujets de société comme la PMA et la fin de vie. Mais pour l’instant c'est le grand flou : les réformes produiront leurs effets d’ici fin 2019, assure le Président".

Des sujets sensibles

À court terme, Emmanuel Macron doit déjà affronter la nouvelle année avec deux sujets sensibles : la politique migratoire et le renforcement du contrôle des chômeurs. Sur l'immigration, Gérard Collomb avait annoncé que les préfets devront mettre en place "de façon progressive" des "équipes mobiles" chargées du recensement des migrants dans l'hébergement d'urgence.

Le Monde avait qualifié cette mesure "d'une dureté sans précédent". Benoît Hamon avait quant à lui estimé dans Le Parisien que le président de la République "a été vallsisé sur les questions d'immigration". 

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Face au tollé déclenché et à la colère des associations, Édouard Philippe a assuré la mise en place d'une consultation dès le 11 janvier à Matignon, avec une trentaine d'associations d'hébergement ou d'aide aux étrangers. Un proche confiait à l'AFP : "On va remettre de l'huile dans les rouages pour montrer que tout n'est pas déjà ficelé". Le chef du gouvernement a estimé que "pour aborder la discussion publique sur ce sujet difficile, sensible, (...) je souhaite que la discussion soit la plus riche possible de façon à ce que des mesures équilibrées, cohérentes, efficaces, puissent être adoptées".

C'est normal, il n'y a rien de choquant

Emmanuel Macron, à LCI, sur le contrôle des chômeurs
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Autre dossier : le contrôle des chômeurs. Cette annonce figurait déjà dans le programme d'Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle. Le 27 décembre dernier, Le Canard Enchaîné a dévoilé une note confidentielle du ministère du Travail où il est envisagé de durcir certaines sanctions envers les chômeurs ne recherchant pas assez activement un emploi.

Les critiques se sont alors déversées contre le Président et le gouvernement. À tel point que c'est depuis les Hautes-Pyrénées où il était en vacances, qu'Emmanuel Macron a répondu à la polémique sur LCI : "Il y a une indemnisation, mais il faut s'assurer que chacun recherche l'emploi qui peut être offert et que quand un emploi correspond à ses compétences il le prend. C'est normal, il n'y a rien de choquant, c'est ce que font tous les pays qui nous entourent, je crois qu'il y a un fort consensus autour de ça". 

Jouer collectif et fédérer

L'année 2018 pourrait aussi être celle de la forme pour Emmanuel Macron. Qualifié de "président des riches" par ses opposants politiques, le chef de l'État a déjà commencé à détricoter cet argument en s'affichant comme un élément fédérateur entre les Français. C'est encore à l'occasion de ses vœux de fin d'année qu'il a mis en valeur les valeurs de "fraternité", de "cohésion nationale" et de "collectif". Tout ceci en élargissant au maximum le spectre de ses interlocuteurs pour amplifier sa parole jupitérienne : fonctionnaires, agriculteurs, les personnes des territoires ruraux et des quartiers populaires. 

Justement, le président de la République semble envisager de "jouer collectif". Toujours lors de son allocution du 31 décembre, Emmanuel Macron a critiqué "les succès de quelques-uns qui nourrissent les égoïsmes et les cynismes" et ajouté que "tant de nations sont en train de se fracasser, car seuls quelques-uns y réussissent ". Il a ainsi fait émerger l'idée d'un "grand projet social" pour la France. Sans en dévoiler davantage, il prend ainsi ses distances avec le concept de "premiers de cordée" qu'il avait avancé en octobre dernier

L'élection d'Emmanuel Macron à l'Élysée a provoqué une déflagration électorale et une recomposition du paysage politique. Le gouvernement et La République En Marche, mais aussi les oppositions avec Les Républicains, la France insoumise, le Front national, mais aussi le Parti socialiste cherchent à se rénover et à profiter de cette redistribution des cartes. Plus que des partis politiques, ce sont des femmes et des hommes qui devront incarner et porter ce changement. 6 épisodes pour faire un focus sur ce qui les attend en 2018, à découvrir sur RTL.fr.

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