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"Emmanuel Macron, ou la conquête secrète du pouvoir", analyse Benjamin Sportouch

REPLAY / ÉDITO - Le ministre de l'Économie l'affirme : il n'a pas d'ambition politique. Pour l'instant, nous dit le journaliste.

Le ministre de l'économie a mis fin aux rumeurs
Le ministre de l'économie a mis fin aux rumeurs
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
"Emmanuel Macron, ou la conquête secrète du pouvoir", analyse Benjamin Sportouch
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"Emmanuel Macron, ou la conquête secrète du pouvoir", analyse Benjamin Sportouch
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Benjamin Sportouch & Loïc Farge

Emmanuel Macron a présenté en début de semaine sa future loi baptisée Noé (Nouvelles opportunités économiques). Il continue à dire qu'il n'a pas l'intention de se lancer dans une carrière politique. Mais ni vu ni connu, sans y paraître et très clairement, le ministre de l'Économie s'organise de manière méthodique. D'abord en direction des parlementaires. Il continue à les recevoir régulièrement. La semaine dernière, par exemple, il a dîné avec une dizaine de sénateurs.

Très à l'aise, le ministre a claqué la bise à tout le monde (pas de jaloux), ce qui en a surpris plus d'un autour de la table. Près de trois heures de conversation, et ça marche. À la sortie, c'était littéralement une pluie de compliments. L'ancienne ministre Nicole Bricq ne tarit pas d'éloges. Et pourtant, elle en a vu passer des jeunes pousses. Elle dit de lui : "C'est une bête politique, programmée pour l'Elysée".

Inutile de le dire : autour de la table, il n'y avait aucun "frondeur" socialiste. Ceux qui étaient présents sont repartis presque hypnotisés. Cet engouement ne date pas d'hier. En juin dernier, François Patriat, ancien ministre lui aussi, qui était présent à ce dîner, avait fait une offre inédite à Macron. Il lui avait proposé de se présenter aux régionales pour lui succéder à la présidence de la région Bourgogne. Mais l'intéressé a refusé.

Échéance de trente ans

Pourquoi ce refus si son ambition politique existe ? Parce que s'il veut s'engager en politique, il ne veut pas confondre vitesse et précipitation. Il voit très loin, sur une échéance de trente ans. Autant dire que son calendrier, ce n'est pas la présidentielle de 2017 mais les législatives qui suivront sans aucun doute. Dans l'attente, qui sait, de 2022 ou 2027.

S'il veut s'engager en politique, Macron ne veut pas confondre vitesse et précipitation

Benjamin Sportouch
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Une chose est certaine : il n'entend pas passer par un parti. Il a dit tout le mal qu'il pensait de ce système. Mais si d'aventure des parlementaires veulent monter un club de soutien, Macron ne dira pas non. Au contraire ! C'est même son entourage qui le confirme : il ne découragera pas une initiative "spontanée". Autre preuve de son envie d'en découdre : l'organisation commando de son cabinet, avec des collaborateurs totalement dévoués. Six sont, de près ou de loin, chargés de prêcher sa bonne parole auprès des journalistes.

Macron n'est pas au bout de ses peines

Il y a enfin son goût pour les meetings. Emmanuel Macron aurait aimé participer à des meetings pour les régionales. Sauf que personne ne l'a invité, et il est un peu frustré.  À défaut de meetings, il continue d'organiser ses propres rencontres avec des Français. Le mois dernier, il en a reçu 500 à Bercy. Il a dialogué avec eux pendant près de deux heures, loin de la presse. Une conquête discrète Yves ? Une conquête secrète, même.

Emmanuel Macron n'est quand même pas au bout de ses peines. D'abord parce qu'en politique, des étoiles filantes on en a vu d'autres. Réussir sans parti politique relève encore aujourd'hui de la gageure. Un autre handicap de Macron, c'est qu'il s'est fait beaucoup d'ennemis dans son propre camp. Il faut aussi rappeler qu'à ce stade son destin reste lié à celui de François Hollande.

Le Président, qui n'est pas mécontent d'avoir mis son jeune protégé dans les pattes de Manuel Valls, pourrait aussi très bien défaire ce qu'il a fait si jamais "Macron le leader, l'entraîneur" devenait "Macron le gêneur".

Le carnet du jour

Nicolas Sarkozy l'a récemment confié à des proches : il ne redoute pas une candidature de François Bayrou. Il est persuadé que le président du MoDem prendra des voix à François Hollande et pas à lui. Pour le leader des Républicains, c'est même François Bayrou qui empêchera le Président sortant d'être au second tour. "Bayrou, dit-il, sera à Hollande ce que Taubira fut à Jospin". Référence à 2002 : à gauche, certains avaient alors expliqué la défaite de Jospin par la candidature de la députée de Guyane. Ce scénario est peut-être une conviction de Nicolas Sarkozy. Cela peut aussi relever de la méthode Coué.

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