4 min de lecture Législatives 2017

Emmanuel Macron, les "Macron Leaks" et les investitures REM : faire le tri

La journaliste Adeline François décortique la presse et revient sur l'attaque de hackers dont a été victime le mouvement "En Marche !", qui a peut-être réussi à la tourner en sa faveur.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
>
Emmanuel Macron, les "Macron Leaks" et les investitures REM : faire le tri Crédit Image : MIGUEL MEDINA / AFP | Crédit Média : RTLNET | Durée : | Date :
La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

C'était il y a tout juste une semaine. Vendredi 5 mai, à quelques heures de la période de silence imposée aux candidats et aux médias avant le second tour de l’élection présidentielle, surgissent les "Macron Leaks". 9 gigaoctets de documents internes au mouvement "En Marche !" d'Emmanuel Macron dévoilés sur Internet.

Une semaine plus tard, la presse ne sait toujours pas quoi faire de ces documents. Le Figaro y revient ce matin et s'intéresse en particulier aux origines de cette attaque informatique. Selon le journal, les adresses IP des pirates désignent les réseaux russophiles, l'extrême-droite française pro-Poutine et l'extrême-droite américaine pro-Trump.

"Matière inflammable", titre Libération, qui avoue s'être demandé s'il fallait investiguer sur le contenu des éléments diffusés, et même en publier certains, car "le travail journalistique prend tout son sens"» écrit David Carzon : "notre travail est de faire le tri entre les ‘fakes news’ et l'information" et "d'en mesurer la portée". Alors Libé s'est en particulier intéressé à tous les mails relatifs au financement d' "En Marche !", les fameuses levées de fonds, et a découvert qu'il n'y avait rien d'illégal. On est loin du "poison que certains auraient voulu répandre", dit le journal.

Les "Macron Leaks", un victoire pour "En Marche !" ?

Mais l'histoire des "Macron Leaks", c'est aussi l'histoire de l'arroseur arrosé, selon Lexpress.fr qui publie l'article "Comment 'En Marche !' a trompé les hackers", en reprenant un article du New York Times. Les équipes d'Emmanuel Macron avaient été alertées de longue date des risques de hacking et avaient prévu une riposte appelée "cyber-blurring", le floutage numérique. 

À lire aussi
élection présidentielle
Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron en manque de "cogneurs"

Les 18 membres de l'équipe numérique d'"En Marche !" ont en fait ralenti le travail des hackers en mettant volontairement à leur disposition de fausses informations. Ils ont notamment crée des dizaines de fausses adresses mails, de faux mots de passe, afin d'obliger les pirates à se plier à des opérations de vérification et à faire le tri ; ça prend du temps. Une opération saluée par le New York Times, qui loue "l'ingéniosité" des équipes du président élu, avant de déplorer qu'Hillary Clinton n'ait pas eu la même réactivité lors de l'affaire du piratage de ses e-mails

Faire le tri aussi dans les investitures

La carte des 428 investitures "En Marche !" dévoilées le 11 mai pour les législatives fait la une de quasiment tous les journaux. "La République En Marche tient ses promesses de fraîcheur et d'inédit", se réjouit Le Populaire du Centre. Un vent de fraîcheur également souligné par L'Alsace et le Télégramme. "Oui, le renouvellement et le rajeunissement sont bien là", écrit Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro. "En revanche, ajoute-t-il, la recomposition attendra. Car pour l'instant "En Marche !" n'est ni de droite ni de droite mais plutôt de centre-gauche". 

Un fait que souligne aussi Cécile Cornudet dans Les Échos. "Refonder la politique, comme l'ambitionne Emmanuel Macron, ne veut pas dire passer en force. La journée des investitures s'est transformée en retour brutal sur terre politique. Avec pour résultat une recomposition bien moins avancée que ce qu'il espérait". Dans La dépêche du midi, Jean-Claude Souléry rappelle quant à lui que la politique reste "un métier de dur à cuire, sur lequel bien des civils se sont, par le passé, cassé leurs dents de lait". 

Dans les DNA, Dominque Jung rappelle les mots de Clemenceau : "La guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires". "Et la politique", demande l'éditorialiste, "est-ce une chose trop grave pour l'abandonner à une caste ?". "C'est la tendance du moment (...) La diversité a le vent en poupe, la virginité est un atout (...) Mais l'allégresse volontariste ne préserve pas des couacs ; en témoigne la protestation de François Bayrou, preuve que l'écurie Macron ne maîtrise pas tous les codes, l'excès de confiance peut la conduire à des gaffes fatales."

L'heure est aussi aux réparations

"Réparer la France", c'est le titre de La Croix qui sort le 12 mai un numéro spécial pour parler d'autres choses que de divisions , de fracture, de protestation. Il est question dans ce numéro de concilier, associer, dialoguer , aimer... il y a notamment toute une page consacrée aux familles : "Comment se reparler après l'élection?" : "cette présidentielle a laissé des traces dans les familles". Témoignage de deux belles-sœurs qui ne se parlent plus depuis que l'une a avoué à l'autre qu'elle votait Fillon : "Je me suis dit qu'au final on ne partageait rien". Il y a aussi  ce couple qui s'est frontalement opposé à son fils de 19 ans fan de Jean-Luc Mélenchon : "Il nous a caricaturés et nous a dit des choses très violentes", soupire son père filloniste. Que ses parents soient rassurés, une politologue se réjouit presque de ces querelles familiales : "La famille, c'est aussi le lieu du débat démocratique. S'empêcher un débat vif entre proches, n'est pas au fond douter de la force des liens qui nous unissent ?" À lire dans La Croix avant le poulet rôti de dimanche.

Et si justement vous allez faire vos courses ce week end, nous avons ce matin la réponse à une question existentielle : la queue des caisses automatiques avance-t-elle plus vite que celle des caisses classiques avec un employé ? La réponse vient d'être apportée par une longue enquête de la BBC relayée ce matin par le site Slate : non, ça ne va pas plus vite du tout, mais comme c'est vous qui scannez les produits, le temps paraît moins long pour votre cerveau. De plus, vous ne l'avez peut-être pas remarqué mais les caisses automatiques sont placées près des sorties, de sorte que vous avez vraiment l'impression d'avoir gagné du temps. Il faut savoir faire le tri entre les impressions de notre cerveau et la réalité.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Législatives 2017 Présidence de la République La République En Marche
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants