4 min de lecture Présidentielle 2017

Emmanuel Macron, le favori "bankable" des médias

Adeline François revient dans sa revue de presse sur la popularité du candidat à l'élection présidentielle auprès des médias.

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Emmanuel Macron : retour sur le parcours médiatique du candidat d'"En Marche !" Crédit Média : RTLNET | Date :
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Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

1.260 millions... Connaissez vous ce chiffre concernant Emmanuel Macron ? C'est le nombre d'occurrences sur Google lorsque l'on tape "Macron candidat des médias". Et s'il fallait donner un nom à une revue de presse entièrement consacrée à Emmanuel Macron, ce serait "Pourquoi tant de unes ?".

Marianne, en janvier, dénonçait la macronite aiguë qui s'était emparée de la presse : "Albert Londres, réveille-toi, ils sont devenus fous", disait le magazine... Pourquoi tant de unes, c'est la question posée cette semaine par Les Inrocks, pour qui la réponse tient en deux points : "D'abord sa personnalité intrigue, agace, fascine". Deuxième point, à l'heure où les ventes de journaux plongent, Macron est "bankable" . "Il y avait la série des 'Martine', il y a maintenant celle des Macron", dit l'hebdomadaire.
 
"Le journaliste vibrera toujours pour le neuf, pour le jeune, pour le moderne, pour l’inédit", écrivait Daniel Schneidermann dans Libération il y a quelques jours, avant d'ajouter : "Si en plus cet inédit a un joli sourire et les dents du bonheur, la cause est entendue."

Un couple omniprésent

L'Express, L'Obs, Le Point, VSD et même Closer et Public ; c'est simple, Emmanuel Macron a fait toutes les unes, même celle d'Okapi. Les plus marquantes restent celles de Paris Match, le premier hebdomadaire à avoir mis le candidat en couverture avec son épouse. C'était en avril 2016 ; 300.000 exemplaires écoulés. C'était une maladresse : "Ce n'est pas une stratégie que l'on reproduira", dit-il à l'époque. Depuis, il est apparu en une de Paris Match avec Brigitte Macron à trois reprises...

Mais fait nouveau, l'épouse du candidat peut faire la une à elle toute seule ; elle est en couverture cette semaine du 27 février de L'Express et de Gala. On y apprend notamment que sa présence a ses cotés à chaque instant n'est pas négociable. Elle travaille pour lui : "Je suis la présidente du fan club", dit celle qui corrige ses discours. "J'ai toujours été clair là-dessus", affirme l'aspirant président au micro d'RTL avant d'insister : elle n'a jamais été rémunérée pour ce faire."

Une ascendance intéressante

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Emmanuel Macron est également dans le bimestriel Ça m'intéresse histoire,  où l'on apprend que deux Macron se sont déjà illustrés dans le passé. Au 2e siècle avant Jésus-Christ, un certain Ptolémée Macron travaillait ainsi au service d'Antiochos IV, le gouverneur de l'empire séleucide. Un jour, son maître le charge d'envoyer une armée en Judée. Mais une fois arrivé sur place, Ptolémée Macron choisit de rejoindre les Juifs.
Deux cents ans plus tard, en 37 après Jésus-Christ, un Macron romain cette fois-ci, Sutorius Macron, travaillait au service du vieil empereur Tibère. Mais il en avait marre, alors pour accélérer l'accession au pouvoir du jeune Caligula, Macron décida de tuer Tibère, en l'étouffant sous ses couvertures. On comprend mieux vos opposants qui dénoncent le candidat des médias ; peut être par peur d'être étouffé sous toutes ces couvertures... de magazines.

À l'honneur des unes des quotidiens du jour

"Ne lui demandez plus le programme",  s'exclame lobs.fr ; il est là. "Il suffit de nommer la chose pour qu'apparaisse le sens sous le signe", disait Léopold Sedar Senghor. Emmanuel Macron fait d'ailleurs partie de la promotion Senghor de l'ENA, qui a ceci de particulier que c'est la seule à ne pas avoir fait l'objet d'un classement final.

"Ni de droite ni de gauche, bien au contraire", titre en une Libération qui qualifie son "programme d'équilibriste" : "C'est une synthèse plus qu'un cocktail", ironise Laurent Joffrin. "Le candidat du cap flou est devenu l'as de la godille", écrit Didier Rose dans L'Alsace,
"Emmanuel Macron en marche à tout petits pas"  titre Le Figaro. "Il y en a pour tout le monde dans ce projet attrape-tout fait pour séduire le plus grand nombre et ne fâcher personne"  écrit Guillaume Tabard. même tonalité dans le journal libéral L'Opinion sous la plume de Nicolas Beytout : "Est-il le fils de François Hollande, le petit-fils de Jacques Chirac ? L'un et l'autre sous prétexte de ne pas brusquer la France, ont échoué dans leur mission."

Alors à droite ou gauche ou les deux ? En fait, explique Bernard Stephan dans La Montagne, Emmanuel Macron dessine "une troisième voie à la française" résumée en une du Monde : Emmanuel Macron veut importer le modèle scandinave.

Son pragmatisme le conduit à grappiller partout, note Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées qui cite la devise de Deng Xiaoping : "Peu importe que le chat soit noir ou blanc, tant qu'il attrape des souris". Le Parisien magazine a demandé à des sémiologues d'analyser les discours des candidats en meeting ; verdict pour Emmanuel Macron, il est celui qui va le plus loin dans le lyrisme et l'enthousiasme. La sémiologue Mariette Darrigrand appelle cela "la métaphore somatique." Il s'adresse à la salle comme un coach  de motivation américain. Dans le le magazine Polka, le chorégraphe Jean Claude Gallotta a lui eu une autre idée : regarder ses meetings en coupant le son, juste pour observer l'intention corporelle profonde. Il a vu le candidat bureaucratique et limité des jambes, tambour battant au bout des bras tel un danseur de modern jazz.  Étonnant quand on sait qu'il est danseur de tango. Cette danse au rythme lent, en deux temps, la tête toujours tournée vers la droite ou vers la gauche...

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