6 min de lecture Présidentielle 2017

Emmanuel Macron : ce qu'il faut retenir de son meeting à Lyon

ÉCLAIRAGE - Le candidat "En Marche !" à l'élection présidentielle était en meeting au Palais des sports de Lyon (Rhône). Il a dévoilé quelques mesures de son programme qu'il entend dévoiler intégralement à la fin du mois de février.

Bernard Poirette RTL Week-end Bernard Poirette
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Emmanuel Macron ce qu'il faut retenir de son meeting à Lyon Crédit Image : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP | Crédit Média : Vincent Derosier | Durée : | Date : La page de l'émission
Philippe Peyre
Philippe Peyre
et Vincent Derosier

C'est le meeting qui est censé lancer la campagne présidentielle du candidat "En Marche !". Le "coup de gong", pour reprendre les termes employés par le secrétaire général du mouvement, Richard Ferrand. Emmanuel Macron était en meeting au Palais des sports de Lyon (Rhône) ce samedi 4 février. Le fondateur du mouvement "En marche", lancé le 6 avril 2016, a réussi le pari de la mobilisation : 16.000 personnes auraient assisté au meeting, selon les organisateurs. 

"Il nous reste 78 jours pour gagner", a lancé en conclusion de son meeting l'ex-ministre de l'Économie, devant un par-terre de sympathisants qui n'a cessé de scandé "Macron président". 

De son slogan de campagne à la lutte contre le terrorisme en passant par l'éducation, l'économie ou encore les divers scandales politiques qui éclaboussent les candidats à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a présenté quelques mesures de son programme. Un programme qu'il entend présenter dans son intégralité à la fin du mois de février.

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Le slogan de sa campagne

Le leader d'"En Marche !" à dévoilé son slogan pour sa campagne présidentielle et ce sera donc, logiquement, "La France en marche". "Pensons à trois mots qui seront notre avenir, parce que nous allons leur redonner leur sens : Liberté, Égalité, Fraternité", a lancé Emmanuel Macron dans le Palais des sports de Lyon. "Ces mots, ce sont les nôtres. Ce seront les mots de notre engagement", a-t-il ajouté. 

Dépasser le clivage droite/gauche

Si Emmanuel Macron ne se revendique ni de droite ni de gauche, cela a semé le flou pour parvenir à le situer sur l'échiquier politique. Le candidat a une nouvelle fois souhaité réaffirmer son ambition de dépasser ces étiquettes. "Pour s'émouvoir du grand discours de François Mitterrand sur l'Europe, quelques semaines avant sa mort, fallait-il être de gauche ? Pour éprouver de la fierté lors du discours de Jacques Chirac au Vel d'Hiv, fallait-il être de droite ? Non, il fallait être Français", a lancé Emmanuel Macron. 

Rappelant qu'une loi telle que celle autorisant l'IVG, portée par Simone Veil, a pu être votée grâce au rassemblement de la droite et de la gauche, Emmanuel Macron a voulu démontrer à son public qu'il était nécessaire de s'affranchir de ce clivage. "Aujourd'hui, gauche et droite sont divisés en leur sein sur des questions fondamentales : la croissance, le travail, les inégalités, la laïcité, le rôle de l'état ou l’Europe, a-t-il égrainé. Mais toutes les grandes choses, nous les avons faites à chaque fois en apportant chacun ce qui nous faisait".

Lutter contre le terrorisme

"Notre combat, ce sera celui de la liberté", a lancé Emmanuel Macron. Le candidat a expliqué que ce combat passera par la sécurité et qu'il compte bien faire de la lutte contre le terrorisme sa priorité. "Le budget de la Défense doit être porté à 2% du PIB", a-t-il affirmé, précisant qu'il voulait aller plus loin dans la coopération entre la France et l'Allemagne pour lutter contre le terrorisme. "Pour cela, je me suis engagé à ce que 10.000 fonctionnaires soient recrutés dans le quinquennat à venir mais également une réorganisation pour que la protection des Français soit plus efficace", a-t-il promis.

L'ex-ministre de l'Économie du gouvernement de Manuel Valls a annoncé que, s'il était élu en mai 2017, il reverra l'organisation des services de renseignement français. "Pour un renseignement territorial plus efficace et présent", a-t-il avancé. Emmanuel Macron compte ainsi créer une police de sécurité quotidienne. "Non pas pour jouer au foot avec les jeunes. Mais pour assurer la sécurité au quotidien", a-t-il lancé. 

Alléger le coût du travail

Pour rendre plus simple la création d'entreprise et ainsi relancer l'économie, Emmanuel Macron entend supprimer le Régime social des indépendants (RSI). "Ils m'ont demandé du travail. La possibilité de vivre, dignement, de leur travail. Alors pour se faire, je veux, dans notre pays, que créer, qu’œuvrer pour son travail, soit plus simple. Et pour cela, je supprimerai le RSI", a-t-il promis.

Grand défenseur de la négociation au sein même des entreprises concernant le temps de travail notamment, comme cela a été initié avec la fameuse Loi Travail, Emmanuel Macron entend adapter le droit du travail "pour être au plus près du terrain". "Je veux un travail moins cher, avec un allègement des charges patronales jusqu'à 2,5 Smic et un allègement de charges de 10 points au niveau du SMIC. Pour libérer le travail, je veux qu'il paie mieux. Nous devrons financer différemment la maladie et le chômage et alléger les cotisations payées par les salariés. Et tout le monde gagnera en pouvoir d'achat", a-t-il assuré. 

Mieux rémunérer les enseignants en ZEP

En matière d'éducation, Emmanuel Macron entend notamment revaloriser le salaire des enseignants et tout particulièrement ceux qui officient dans les zones d'éducation prioritaire. "Je veux que dans nos écoles, nous puissions diviser par deux le nombre d'élèves par classe. En CP et en CE1, dans toutes les zones d'éducation prioritaire, je paierai beaucoup mieux les enseignants qui iront y travailler. Ils auront plus d'autonomie pour conduire leur projet", a-t-il avancé. 

Emmanuel Macron a également précisé qu'en matière éducative, il doterait chaque jeune, dès sa majorité, d'une enveloppe de 500 euros destinés à être dépensés dans des activités culturelles. Il s'agirait d'un "pass jeune" financé par les géants du numérique et les distributeurs. 

Législatives : entre parité et exemplarité

Qu'il remporte ou non cette élection présidentielle, Emmanuel Macron se place d'ores et déjà dans la perspective des élections législatives en juin 2017. Élections où il entend bien placer des candidats "En Marche !". Des candidatures qu'il souhaite placer sous le signe de la parité et de l'exemplarité. "Aucun candidat ne sera investi pour "En Marche !" avec un casier judiciaire ou des peines d'inéligibilité. Je souhaite aussi qu'au moins la moitié de nos candidats puissent être des femmes", a-t-il averti. 

Affaire Fillon : "une lèpre démocratique"

En pleine affaire Fillon et alors qu'il ne s'est pas beaucoup exprimé à ce sujet, Emmanuel Macron s'est placé au dessus de la mêlée, avertissant les électeurs sur le potentiel que cette tourmente pourrait rapporter au Front national. "Un moment où les scandales, chaque jour, dévoilent les pratiques d'un autre âge. Soyez graves dans ces moments, parce que ce qui se passe dans notre vie politique et médiatique n'est bon pour personne. Parce que notre combat c'est de toute faire pour que ce qui se passe ne bénéficie pas au parti du Front National. (...) Parce que, aujourd’hui, ce qui s'installe dans notre pays, c'est une lèpre démocratique, c'est la défiance", a-t-il déploré. 

Les tensions internationales

"Il n'y aura pas de mur dans mon programme", a lancé le candidat "En Marche !", faisant allusion au mur entre le Mexique et les États-Unis promis par le président américain Donald Trump.

Au delà de cette petite attaque, Emmanuel Macron s'est glissé dans la posture internationale qu'il souhaite affiner au fur et à mesure de sa campagne électorale et a égrainé les situations complexes dans le monde actuel. "Si les temps sont graves, c'est parce que le contexte international l'est lui-même", a-t-il commenté. "Je pense à ces puissances nouvelles, ces régimes autoritaires qui émergent et aujourd'hui conduisent nombre de régions, la Russie, l'Iran la Turquie, l'Arabie saoudite et plusieurs autres. Il nous faut dans ce contexte tenir notre rang, savoir quelle est notre histoire et le fil de celle-ci. Non pas aller conduire toutes les guerres lorsque nous n'en avons pas les solutions. Savoir parler avec exigence avec chacune et chacun, ne jamais rompre le dialogue mais toujours défendre nos intérêts et nos valeurs". 

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