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Emmanuel Macron : ce qu'il faut retenir de son interview télévisée

ÉCLAIRAGE - Le président de la République a accordé son premier entretien télévisé depuis le début du quinquennat.

Emmanuel Macron sur TF1, dimanche 14 octobre
Emmanuel Macron sur TF1, dimanche 14 octobre Crédit : Capture d'écran TF1
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Pour Emmanuel Macron, le moment de prendre la parole est arrivé. "Nous considérons que c'est un moment opportun pour expliquer son action devant les Français, car c'est un espace charnière : un chapitre se ferme (ordonnances, présentation logement, etc) et un autre s'ouvre (apprentissage, formation, assurance chômage)", a expliqué l'Élysée au moment de l'annonce surprise de son interview grand format sur l'antenne de TF1 et LCI, ce dimanche 15 octobre.

"Aucun sujet ne sera éludé", avait prévenu en préambule Anne-Claire Coudray, qui a interrogé le président de la République en compagnie de Gilles Bouleau et David Pujadas. L'objectif pour le chef de l'État, lutter contre l'idée de "président des riches" qui s'installe actuellement dans une partie de l'opinion, mais aussi affirmer et démontrer sa proximité avec les citoyens français. Après un générique qui a repris les citations les plus fortes du début de son mandat, Emmanuel Macron est apparu face aux trois journalistes, assurant qu'il "n'esquiverait rien". 

1. Le style "Emmanuel Macron"

Parfois critiqué pour son vocabulaire ou son "hyper présidentialité", le chef de l'État s'est expliqué sur les récentes critiques dont il a fait l'objet. Il a d'abord tenu à dire qu'il ne prenait pas toutes les décisions et tenait "à l'esprit de nos institutions". "J'ai fait le choix de nommer un premier ministre qui a une légitimité, je lui fais pleine confiance". Si Emmanuel Macron a expliqué que les arbitrages quotidiens étaient pris par Édouard Philippe, il a également rappelé qu'à "la fin des fins, les décisions stratégiques sont prises par le président". 

Mais c'est sur le choix des mots que le Président a surtout dû s'expliquer. "Cynique", "fainéant", "ceux qui foutent le bordel"... Certains termes qu'Emmanuel Macron a employés ont pu choquer. Il s'en est expliqué. Se défendant de tout mépris de classe, Emmanuel Macron a estimé qu'il avait "toujours essayé de dire les choses, de s'approcher d'une forme de vérité" qu'il pensait juste. Il a également fustigé le discours des élites politiques "aseptisés". Le locataire de l'Élysée est également revenu sur le mot "bordel" qui provient selon lui du "registre populaire". "Je n'ai pas cherché à humilier, j'ai toujours de la considération pour nos concitoyens", a-t-il conclu. 

2. Les réformes dans le monde du travail

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"Je fais ce que je dis. Cela peut surprendre, en contrarier certains, mais je fais ce que je dis", a martelé le président de la République, interrogé sur les réformes engagées par le gouvernement d'Édouard Philippe. "La plénitudes des réformes, vous la verrez dans un an et demi, deux ans", a-t-il assuré. Emmanuel Macron a expliqué que les décrets concernant la réforme du Code du travail seront pris d'ici la fin de l'année, et les ordonnances applicables au 1er janvier. "Elles permettront de s'adapter à la réalité de l'entreprise par le dialogue. On doit donner plus de souplesse à l'entreprise, et c'est la première fois que l'on a une vraie transformation du Code du travail", s'est-il félicité, assurant que la démocratie était "respectée".

La plénitudes des réformes, vous la verrez dans un an et demi, deux ans

Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron est ensuite revenu sur l'une de ses promesses de campagne : les salariés qui décident de démissionner pourront toucher les allocations chômage. "C'est réaliste. On va encadrer le procédé, a-t-il assuré. On peut donner ce droit aux salariés, mais il faut le donner si il y a un projet. Qu'on lui donne la possibilité de toucher le chômage pour mener cet autre projet, cela va avec la transformation de la société". Pour le président de la République, il s'agit de "donner une vraie protection aux changements de la vie".  

3. Suppression de l'ISF

La réforme de l'impôt sur la fortune (ISF) a valu à Emmanuel Macron d'être taxé de "président des riches". "J'ai eu vent de cette formule gaiement reprise. Je n'aime pas cette opposition de la société. Je ne crois pas à la jalousie française", a expliqué le chef de l'État. Avec l'ancienne formule de l'impôt, "on a perdu beaucoup de talents et beaucoup de gens sont allés profiter de leur fortune ailleurs, regrette le Président. Pour que notre société aille mieux, il faut des gens qui réussissent. Ceux-là, je leur demande de s'engager". Celles et ceux qui réinvestiront dans l'économie française "ne seront plus assujettis à l'ISF", a-t-il précisé. 

4. Le pouvoir d'achat des retraités

Avec la hausse de la CSG, près de 60% des retraités, soit 8 millions de personnes, vont voir leur pouvoir d'achat se réduire. Emmanuel Macron a assuré que cette hausse de la CSG serait compensée par la taxe d'habitation, "qui va progressivement baisser. Dans une grande partie des cas, la taxe d'habitation diminuera d'un tiers et compensera la hausse de 1,7 point de CSG", a-t-il précisé, rappelant que les retraités avait "dûment gagné leur retraite. Ils ont travaillé et ont des droits". 

5. La baisse des APL

La baisse de 5 euros des aides personnalisées au logement (APL) est entrée en vigueur au 1er octobre, provoquant la colère des 8 millions de bénéficiaires. Le chef de l'État s'est justifié sur ce point en prenant exemple sur les mandats précédents : "À chaque fois que les APL ont augmenté par le passé, les loyers aussi". Et de promettre une "réforme ambitieuse" dans le but de faire baisser le coût du logement, notamment en demandant un effort "aux acteurs du logement social". 

6. Des mesures contre le harcèlement

Après le scandale provoqué outre-Atlantique par les accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement portées à l'encontre du producteur de cinéma Harvey Weinstein, Emmanuel Macron a affirmé qu'il avait "engagé des démarches" pour lui faire retirer sa Légion d'honneur. "Une procédure disciplinaire" doit être engagée. 

Pour lutter contre le harcèlement en France, le chef de l'État a également annoncé la mise en place d'une "procédure de verbalisation plus simple" de ces actes, "pour qu'il y ait une réponse immédiate", déplorant qu'"aujourd'hui, bien souvent, on ne va pas porter plainte, parce qu'on n'ose pas". 

Après plus d'une heure de questions-réponses, le président de la République a reconnu qu'il y aurait "toujours des résistances, des commentaires', mais qu'en Europe et à l'international, il continuerait "au même rythme et avec la même détermination. Je ne suis pas là pour gérer ou réformer le pays, mais pour le transformer et retrouver le fil du destin français". 

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