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Élections régionales 2015 : qui est Christophe Castaner, candidat socialiste en PACA ?

PORTRAIT/INTERVIEW - Opposé à Christian Estrosi et Marion Maréchal-Le Pen, le maire de Forcalquier pâtit d'un déficit d'image auquel vient s'ajouter une certaine dispersion de la gauche, à quelques mois du scrutin.

Christophe Castaner, candidat PS aux élections régionales en PACA
Christophe Castaner, candidat PS aux élections régionales en PACA Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Marion Maréchal-Le Pen a confirmé, mardi 26 mai, qu'elle serait bien candidate aux élections régionales en PACA. La députée du Front national a pris le temps de la réflexion et lancera sa campagne en juillet prochain. Face à elle, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen trouvera Christian Estrosi, le député-maire de Nice ayant accepté de se porter candidat, à la demande de Nicolas Sarkozy, pour contrer cette adversaire qu'il juge "dangereuse".

Les deux poids-lourds concentrent sur eux toute l'attention des médias depuis plusieurs semaines. Ils ne sont pourtant pas les seuls à concourir pour la succession de Michel Vauzelle, le président PS de la région depuis 1998. Le 5 février dernier, le Parti socialiste choisissait Christophe Castaner, 49 ans, comme chef de file pour le scrutin de décembre.

Beaucoup moins connu que ses adversaires

Le député des Alpes-de-Haute-Provence - depuis 2012 - l'a emporté avec 55% des voix devant le conseiller municipal niçois d'opposition Patrick Allemand (31%) et la conseillère régionale Elsa Di Méo (14%). "Je suis le seul à avoir cette légitimité, assure-t-il à RTL. J'ai été élu par les militants après six débats. Cette candidature est un choix personnel. J'y vais par envie". 

Comme il l'avoue lui-même, Christophe Castaner se lance dans cette campagne avec un véritable "déficit de notoriété" mais ne semble pas s'en inquiéter. "En PACA, on a l'habitude de voir la droite et l'extrême droite nous envoyer des stars, puis on a l'habitude de les voir rentrer chez elles elles après l'élection", ironisait-il au micro de Michel Field sur LCI, le 18 mai dernier. Une référence aux candidatures infructueuses de Thierry Mariani (UMP) et Jean-Marie Le Pen (FN) en 2010 ainsi que celle de Renaud Muselier (UMP) en 2004.

En PACA, on a l'habitude de voir la droite et l'extrême droite nous envoyer des stars

Christophe Castaner, candidat PS en PACA
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Le déficit d'image du candidat socialiste peut notamment se mesurer sur les réseaux sociaux. Christophe Castaner est suivi par un peu plus de 3.600 personnes sur Twitter et 3.350 sur Facebook. Des chiffres très éloignés de ceux de ses rivaux. Christophe Estrosi est suivi par 64.200 internautes sur Twitter et près de 101.400 sur Facebook ; Marion Maréchal-Le Pen dispose, elle, d'un compte Twitter suivi par 65.000 personnes et une page Facebook likée près de 244.000 fois. Un gouffre quand on sait l'importance d'internet dans les campagnes électorales. Mais le député veut en faire une force. "Leur notoriété fait la mienne, nous assure-t-il. Le seul risque est que les gens pensent que l'élection est jouée et qu'il faudra choisir le moins pire entre l'extrême droite et la droite extrême".

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Christophe Castaner mise donc sur le terrain pour faire la différence. "Les électeurs sont heureux de voir une tronche nouvelle, nous confie-t-il. Christian Estrosi est très populaire dans les Alpes-Maritimes mais pâtit d'un taux de rejet phénoménal. Dans les Bouches-du-Rhone, on n'est pas forcément très contents de voir un candidat venu de Nice". Il l'assure, sur le terrain, l'accueil dont il bénéficie est donc plutôt positif : "Beaucoup de gens semblent dire 'sauvez-nous de ces deux-là'".

Pas dénué d'expérience

L'édile n'est de toute façon pas un inconnu. Il est même très présent sur la scène locale. Élu maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) en 2001, il est président de la Communauté de communes du pays de Forcalquier et montagne de Lure depuis 2008 et conseiller régional de PACA depuis 2004. Michel Vauzelle croit en tout cas en son potentiel successeur. "Dans trois mois, il ne sera plus un inconnu", assure-t-il au Monde. Plus jeune que Christian Estrosi, Christophe Castaner ne jouit pas tout à fait de la même expérience.

Dans trois mois, Christophe Castaner ne sera plus un inconnu

Michel Vauzelle, président de la région PACA
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Il est élu depuis moins longtemps - Christian Estrosi est entré au Conseil municipal de Nice en 1983 et à l'Assemblée en 1993 -, la communauté de communes qu'il dirige compte 58 fois moins d'habitants que la Métropole Nice Côte d'Azur et il n'a jamais été ministre. Le socialiste n'est toutefois pas étranger aux arcanes du pouvoir et a fait ses armes au ministère de la Culture, en tant que conseiller technique de Catherine Trautmann (1997) puis chef de cabinet (1998-2000), avant de rejoindre le ministère de la Fonction publique de Michel Sapin pour y occuper le même poste (2000-2002). En 2014, Manuel Valls l'a même nommé vice-président du Conseil d'orientation de la participation, de l'intéressement, de l'épargne salariale et de l'actionnariat salarié. Au palais Bourbon, il est également membre de la commission des finances et rapporteur spécial des budgets du travail et de l'emploi.

"Ceux qui me connaissent savent que je suis un bosseur qui travaille ses dossiers à fond. Je ne suis pas un dogmatique. Je suis de cette gauche qui pense que ce sont les entreprises qui créent de l'emploi", nous dit-il. L'image ne serait donc pas le principal problème de Christophe Castaner. Qu'en est-il de l'état des forces de la gauche en PACA ? 

Unir la gauche

Le PS est très loin d'être assuré de conserver une région qu'il tient sans discontinuer depuis 1998. La gauche paraît même en ordre dispersé à quelques mois du scrutin. EELV n'est pas sûre de se joindre au candidat socialiste avant le premier tour et pourrait partir seule. "La solution qui tient la corde est une liste autonome, séparée du PS mais ouverte à d'autres partenaires à gauche", expliquait Sophie Camard, la tête de liste élue par le conseil fédéral de son parti, le 10 mai dernier. "On travaille au rassemblement, nous explique Christophe Castaner. Ce serait une faute de ne pas nous donner les moyens d'être ensemble".

Ce serait une faute de ne pas donner les moyens à la gauche d'être ensemble

Christophe Castaner, candidat PS en PACA
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Porte-parole du PCF dans cette campagne mais pas candidat pour le moment, Jean-Marc Coppola appelle à un large rassemblement de la gauche, à l'instar de ce qui s'était fait en 2010. Vainqueur avec 44% des voix il y a cinq ans (11 points d'avance sur la droite), la gauche va devoir cravacher pour obtenir un tel score en décembre prochain. Christophe Castaner, qui réclame dans les colonnes de Nice Matin que l'on "aborde le débat de fond", semble en tout cas prêt à mener cette bataille. "J'attends que Marion Maréchal parle de la région. Pour l'instant, à part des postures et une déclaration de candidature à Valeurs Actuelles - même pas un média local ! -, elle n'a rien dit. C'est un pur produit du FN qui veut tenter d'appliquer sa doctrine nationale à l'échelle d'une région", attaque-t-il.

Ses mots pour Christian Estrosi ne sont pas plus tendres. "Il n'a jamais aimé les régions. Il l'a dit dans un entretien à L'Opinion. La preuve, il veut conserver la présidence de la métropole Nice Côte d'Azur tout en étant président de la région. C'est impossible ! On voit bien qu'il veut attirer les financements régionaux vers sa ville". Le "moins gros" des candidats, comme il se décrit lui-même, veut prouver qu'il n'est pas celui qui a le moins d'appétit. Reste à convaincre les électeurs.

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