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Élections régionales 2015 en PACA : "Si on travaille sur la photo, Marion Maréchal-Le Pen va gagner", ironise Jacques Bompard

INTERVIEW - L'ancien membre du Front national, candidat aux élections régionales en PACA avec la Ligue du Sud, espère bien atteindre les 5% et ne ferme pas la porte à une alliance au second tour.

Jacques Bompard, président de la Ligue du Sud et maire d'Orange (Vaucluse) le 6 décembre 2013. (archives)
Jacques Bompard, président de la Ligue du Sud et maire d'Orange (Vaucluse) le 6 décembre 2013. (archives)
Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau

Marion Maréchal Le Pen rêvait de remporter l’élection régionale en Provence-Alpes-Côte d’Azur en réunissant toutes les droites. Si la victoire se jouera le 13 décembre, l’union est déjà à oublier. Meurtri par le conflit familial entre Marine Le Pen et son père, le Front national apparaît aujourd’hui divisé entre la nouvelle génération d’un côté, emmenée par la présidente du parti, Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot notamment, et l’ancienne garde qui se range derrière le patriarche, Jean-Marie Le Pen.

Ces différences politiques s’accroissent à l’approche du scrutin régional. Si Jean-Marie Le Pen a un temps voulu concurrencer sa petite-fille, le coup dur est venu d’une autre figure de l’extrême droite : Jacques Bompard. Après avoir bravé le FN lors des élections départementales dans le Vaucluse, le maire d’Orange entend bien rejouer le même coup. Selon une information de Libération du 26 septembre, l’élu du Vaucluse présentera une liste concurrente, affiliée à la Ligue du Sud, à celle de Marion Maréchal-Le Pen le 6 décembre prochain.

Un modèle régional calqué sur Orange

Un choix réfléchi alors que Jacques Bompard, exclu du Front national en 2005, ne se retrouve plus sur l'échiquier politique actuel. "Il n'y a aucune formation politique qui défend ce dont ont vraiment besoin les Français. Sur tous les dossiers, il n'y a pas de réponse globale", glisse-t-il à RTL.fr. Il poursuit : "En matière de chômage, il n'y pas de solution. Nous sommes dans un cercle vicieux qui fait que les gens qui travaillent ne gagnent pas forcément plus que ceux qui touchent les aides sociales. Or, s'il y a moins de travail, on distribue de la pauvreté. On est une exception mondiale. Il n'y a pas un pays aussi fou que la France". Et de pointer du doigt "l'accueil généralisé de toute la misère du monde" et "la disparition de la démocratie dans la politique".

Si on travaille sur la photo, elle gagne mais si on travaille sur le programme, je gagne

Jacques Bompard

Celui qui regrette que "les hommes politiques ne représentent plus le peuple mais les partis politiques" espère bien imposer sa vision. "Orange et Bollène (sa femme, Marie-Claude Bompard, est maire de cette ville, ndlr) devrait être des exemples. On veut faire cela au plan régional", annonce-t-il car "le Parti socialiste, les Républicains ou le Front national ne répondent de rien à part continuer à creuser un trou sans fond". 

Marion Maréchal-Le Pen, "la mignonne"

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Mais si l'ancien membre est aujourd'hui en désaccord avec le parti frontiste, il refuse d'entrer en guerre contre lui, même si Marion Maréchal-Le Pen a évoqué une "vengeance" de l'élu. "Quand on ne s'est pas entendu aux sénatoriales, je ne lui en ai pas voulu. Je n'ai pas de rancune", déclare-t-il avouant même à RTL.fr regarder les déclarations de cette dernière "d'un regard amusé". Pas de rancœur, donc, mais des idées bien précises que le député entend bien développer jusqu'au bout avec ses têtes de liste départementales. Si le voile sera officiellement levé lundi 19 octobre, Lydia Schénardi (ex-FN) dans les Alpes-Maritimes et Laurent Comas (suspendu du FN en juillet dernier) dans les Bouches-du-Rhône devraient être leaders dans les deux départements.  

Les 5% sont réalisables, voir le double

Candidat lors du dernier scrutin régional, en mars 2010, Jacques Bompard avait obtenu 2,7% des suffrages. Le leader de la Ligue du Sud se refuse toutefois à toute comparaison : "Le contexte est très différent. En 2010, Jean-Marie Le Pen était candidat avec un Front national unifié et un programme que je défendais. Aujourd'hui, Marion-Maréchal-Le Pen, c'est la mignonne. Si on travaille sur la photo, elle va gagner mais si on travaille sur le programme, je vais gagner", annonce-t-il confiant. Selon lui, "son programme ne représente rien et comme le dit son grand-père, elle n'a pas les compétences". L'optimisme est de mise donc du côté de la Ligue du Sud, qui espère bien atteindre les pourcentages minimums requis pour exister au second tour. "Les 5% sont réalisables, voire le double", confie-t-il.

Vers une union des droites au second tour ?

Ces 5% permettraient à la Ligue du Sud de pouvoir fusionner avec une autre liste alors que les 10% leur offriraient l'accès au second tour d'un scrutin très disputé dans la région PACA, notamment entre Christian Estrosi et Marion Maréchal-Le Pen. Deux candidats auxquels Jacques Bompard ne ferme pas la porte. Si une alliance était inenvisageable au premier tour pour le député du Vaucluse, la réflexion est possible au second tour. "Nous sommes prêts à faire une alliance aussi bien avec les Républicains qu'avec le Front national, avoue-t-il. La Ligue du Sud est favorable à cette union car l'union des gauches leur à donner le pouvoir donc il faut le faire avec tous ceux qui veulent le faire".

Nous sommes prêts à faire une alliance, aussi bien avec les Républicains qu'avec le FN

Jacques Bompard

Une ouverture qui pourrait rassurer le parti de Marine Le Pen dans son objectif de conquête même si cette liste dissidente au sein de l'extrême droite française n'inquiète guère le Front national à l'heure actuelle. Marion Maréchal-Le Pen se paye même le luxe de railler cette candidature. "Jacques Bompard avait déjà sa liste aux régionales en 2010. Il avait 1% des voix", a-t-elle déclaré à La Provence, minimisant quelque peu son résultat réel. Et si cette liste "ne représente rien" aux yeux d’Olivier Bettati, ancien conseiller de Christian Estrosi et tête de liste FN dans les Alpes-Maritimes, son score pourrait tout de même perturber les rêves de victoire. Surtout que le maire d'Orange entend bien se faire apprécier "pas comme tous les guignolos" actuels car selon lui, "la politique est un art. L'art du possible et de l'intérêt commun". 

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