3 min de lecture Élections régionales

Élections régionales 2015 en PACA : Les dissidents FN ne veulent pas rendre les armes

INTERVIEWS - Le ralliement de Jean-Marie Le Pen à sa petite-fille n'a pas convaincu les cadres locaux du Front national entrés en dissidence. Pour certains membres de l'équipe de campagne de Marion Maréchal-Le Pen, le point de non-retour a déjà été dépassé.

Jean-Marie Le Pen et sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen
Jean-Marie Le Pen et sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang

En marge de la dernière assemblée plénière du Conseil régional de Provence-Alpes-Côtes-d'Azur, Jean-Marie Le Pen a créé la surprise en appelant ses fidèles à "se rallier" à la candidature de Marion Maréchal-Le Pen. Mais la fracture entre le courant historique du Front national et la direction actuelle du FN semble désormais trop grande pour que les rebelles frontistes acceptent de se ranger sous la bannière de Marion Maréchal-Le Pen.

Malgré leur dévotion pour Jean-Marie Le Pen, les frondeurs du FN rejettent en bloc le parti de Marine Le Pen. Le geste d'apaisement du "Menhir" ne devrait pas éviter les listes dissidentes aux élections régionales en décembre prochain. "C'est une ultime tentative de conciliation de la part de M. Le Pen", confie Lydia Schenardi, à RTL.fr à la sortie de la réunion de la dernière chance organisée par Jean-Marie Le Pen. La conseillère régionale du Front national en PACA, analyse la manoeuvre de l'ancien président du FN comme un dernier effort pour se "dédouaner de toute responsabilité" dans le conflit qui déchire le Front dans le Sud-Est.

Des frondeurs plus royalistes que le roi

Pour cette élue historique du FN dans les Alpes-Maritimes, l'annonce et le déjeuner du vendredi 16 octobre ne sont que de "l'habillage" car Jean-Marie Le Pen savait que cette main tendue était désespéré. "Il n'y a pas de conciliation possible", assène celle qui fait partie du premier cercle du cofondateur du FN depuis près de trente ans. Écœurée par la nouvelle ligne du Front nationale de Marine Le Pen et Florian Philippot, elle souhaite désormais faire campagne auprès de Jacques Bompard : "Nous n'attendons pas l'aumône de Madame Le Pen [Marion Maréchal] après avoir été traités d'aigris et de logiciels périmés."
 
Dans les Alpes-Maritimes, bastion des légitimistes du FN, le candidat investi par Marion Maréchal-Le Pen cristallise le conflit. "Il est hors de question que je rallie les listes d'Olivier Bettati alors qu'il a appelé à voter Modem ou PS pour contrer le FN par le passé", s'insurge Jean-Jacques Guitard, conseiller municipal à Beausoleil (Alpes-Maritimes) interrogé par RTL.fr.  L'ancien adjoint de Christian Estrosi incarne les rancœurs des militants historiques : "Nous ne voulons pas de quelqu'un d'étranger au FN pour mener les listes dans le département", martèle Lydia Schenardi.

Nous n'attendons pas l'aumône de Madame Le Pen

Lydia Schenardi
Partager la citation

Les frondeurs de l'extrême droite sont désormais prêts à en découdre avec un FN qu'ils ne reconnaissent plus. "Aujourd'hui, c'est devenu un parti fourre-tout, aseptisé, qui cherche à gagner des voix au détriment du combat national", attaque Jean-Jacques Guitard. Si cet élu local explique qu'il "comprend et respecte" la décision de Jean-Marie Le Pen, la rupture est consommée : "Je suis très déçu mais la fracture est désormais trop grande." Même au second tour des élections régionales, il ne soutiendra pas les listes officielles du Front national.

La liste noire du Front national

À lire aussi
Renaud Muselier, président de l'association des régions de France gouvernement
Élections régionales : le report n'est plus envisagé, selon le président des régions de France

L'équipe de campagne de Marion Maréchal-Le Pen est bien consciente du potentiel de nuisance de ces élus frontistes. "La porte reste ouverte à la plupart des sortants", assure Frédéric Boccaletti, le directeur de campagne de Marion-Maréchal Le Pen. Lorsqu'on l'interroge sur le sort réservé aux dissidents, le secrétaire départementale du Front national dans le Var affirme qu'il souhaite récupérer "tous les sortants" même s'il reconnait que tous les rebelles ne seront pas amnistiés.
 
L'ancien secrétaire départemental des Bouches-du-Rhône Laurent Comas, suspendu depuis le mois de juillet, fait figure d'ennemi public numéro 1 pour le Front national en PACA. "Ceux qui ont cru bon d'en rajouter des tonnes, de faire des déclarations incendiaires contre Marine Le Pen, Florian Philippot ou moi-même ne seront plus jamais sur les listes du FN", s'emporte Stéphane Ravier, tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, lorsqu'on évoque "le cas Comas" avec lui.

Marion Maréchal-Le Pen sacrifiée?

Contrairement à ce qu'affirme Frédéric Boccaletti, les listes du Front national ne seront pas modifiées pour le maire du 7e secteur de Marseille. "On s'en serait bien passé mais maintenant que le vin est tiré il faut le boire", glisse Stéphane Ravier à RTL.fr. L'entourage de Marion Maréchal-Le Pen ne se satisfait pas de la situation actuelle mais la candidate aurait les mains liées.

Les listes départementales du Front national doivent toutes être validées par la Commission nationale d'investiture, au siège du FN, et "là c'est Marine qui a le dernier mot", reconnaît un membre de l'équipe de campagne. Pour certains des frondeurs, la présidente du Front national aurait fait avorter toutes les tentatives de conciliation de façon très calculée. Marine Le Pen ne souhaiterait pas voir triompher sa nièce en PACA alors qu'elle n'est pas sûre de remporter les élections en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Élections régionales Front national Jean-Marie Le Pen
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants