3 min de lecture Marine Le Pen

Élections régionales 2015 : comment le Front national flirte à nouveau avec les identitaires

Avant la campagne électorale, la mouvance d'extrême droite avait fait les frais de l'opération de dédiabolisation du Front national entamée par Marine Le Pen.

Philippe Vardon, figure emblématique de la mouvance identitaire, est présent sur les listes du FN en PACA.
Philippe Vardon, figure emblématique de la mouvance identitaire, est présent sur les listes du FN en PACA. Crédit : VALERY HACHE / AFP
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang

"Vous savez pourquoi je ne peux pas faire alliance avec le Bloc identitaire ? Pour une raison simple. C'est qu'ils sont européistes, régionalistes et ils contestent le rôle fondamental que j'accorde, moi, à la Nation qui est l'élément central du programme, du mouvement que je dirige." Les propos de Marine Le Pen en 2011 ne laissaient guère de place au doute concernant l'avenir du "Bloc identitaire" dans un Front national alors en pleine dédiabolisation. Le groupuscule d'extrême droite avait alors été congédié de la sphère du Front national.

La situation semble avoir changé depuis le début de la campagne des élections régionales et certaines figures bien connues de la mouvance identitaire peuvent à nouveau s'afficher aux côtés des candidats frontistes. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le sulfureux Philippe Vardon figure en bonne position sur les listes de Marion-Maréchal Le Pen dans les Alpes-Maritimes. Cet habitué de l'agit-prop, taxé d'islamophobie, s'était distingué en organisant des coups de communication médiatiques comme une distribution de soupe aux lardons à Nice ou encore en soutenant l'occupation d'une mosquée à Poitiers.

Coutumier des attaques contre Christian Estrosi - adversaire de Marion Maréchal-Le Pen en PACA - il reproche à celui qu'il surnomme "l'Imam" d'avoir laisser les mosquées se multiplier dans la ville de Nice. Mais c'est paradoxalement sur les listes Olivier Bettati, ancien bras droit de Christian Estrosi, que le leader de Nissa Rebela est inscrit en cinquième position. L'investiture d'Olivier Bettati avait pourtant semé la discorde avec des cadres historiques du FN en PACA et les candidats investis avec l'aval de Marine Le Pen. D'autres cadres de la mouvance identitaire figurent sur les listes FN en PACA comme Benoît Loeuillet, 7e sur la liste d'Olivier Bettati.

Un idéologue de la mouvance identitaire rejoint le Rassemblement Bleu Marine

Marion Maréchal-Le Pen n'est pas la seule à avoir entrouvert la porte du FN aux identitaires. Le Siel (Souveraineté, indépendance et liberté), un petit parti appartenant au Rassemblement Bleu Marine, a récemment annoncé l'arrivée de Renaud Camus dans ses rangs. Cet écrivain d'extrême droite est connu pour être le théoricien du "grand remplacement", un concept repris par les identitaires, qui affirme qu'un processus planifié de substitution de la population française serait en cours sur le territoire national.

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Gilbert Collard, le président du rassemblement RBM, réfute toute hypothèse d'un tournant dans la stratégie du Front national. "Cela ne traduit aucune inflexion politique ni du FN, ni du RBM. Nous n'avons pas à examiner à priori les adhésions des partis associés", a déclaré le député du Gard au Figaro, avant d'ajouter : "J'ai par ailleurs beaucoup d'estime pour Renaud Camus, pour l'homme et pour l'écrivain, qui, je le rappelle, est venu de la gauche."

Comme une grande partie des Français, j'aurais été pétainiste en 1940.

Christophe Boudot, candidat FN en Auvergne-Rhône-Alpes
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Au premier plan de la campagne des élections régionales, des candidats du Front national se sont affichés aux côtés de militants identitaires. En Auvergne-Rhône-Alpes, Christophe Boudot, la tête de liste du FN, a profité d'une opération d'un groupe identitaire dans sa région pour tenter un coup de com'. Il est venu apporter son soutien à une trentaine de militants d'extrême droite qui manifestaient contre les roms dans une commune de Rhône-Alpes, rapporte Rue89Lyon. "J'ai vu sur les réseaux sociaux que des jeunes faisaient une action sur les toits. Je suis allé voir de mes propres yeux. Nous n'avons rien organisé. Je n'ai pas mes entrées chez les identitaires. Mais quand on parle d'identité et de la France, je vais toujours soutenir", s'est expliqué le candidat FN après la manifestation.

Christophe Boudot, qui ne cache son admiration pour Jean-Marie Le Pen, fait aujourd'hui campagne pour "FN uni et réuni". Comme son mentor, il est coutumier des déclarations sulfureuses dans la presse. Récemment dans le magazine Lyon Capitale, il révélait que "comme une grande partie des Français", il aurait été "pétainiste en 1940". Les prises de positions tendancieuses de Christophe Boudot ont peut-être porté leurs fruits. En octobre, Yvan Benedetti, un ancien du FN écarté pour ses positions jugées trop radicales, a apporté son soutien au candidat du Front national pour les élections de décembre prochain sur la chaîne locale 8 Mont-Blanc.

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