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Egypte : la plus grande révolte depuis le printemps arabe

DÉCRYPTAGE - Les manifestations de ces dernières semaines menacent de plus en plus le président Mohamed Morsi, en difficulté depuis son investiture l'an dernier.

Les militants opposés au mouvement de révolte sont appelés à se rassembler "pacifiquement" ce vendredi
Les militants opposés au mouvement de révolte sont appelés à se rassembler "pacifiquement" ce vendredi Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL

Les opposants de Mohamed Morsi s'opposent depuis plusieurs jours à ses partisans, un an après l'investiture du président égyptien. Il s'agit de la plus grande révolte connue par le pays depuis le Printemps arabe, en 2011. 

Un des conseillers de Mohamed Morsi a dénoncé un "coup d’État militaire" ce mercredi 3 juillet. "Dans l'intérêt de l'Egypte et pour la précision historique, appelons ce qui se passe par son vrai nom", a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur Facebook, peu après l'expiration de l'ultimatum demandant au président Morsi de se plier "aux revendications du peuple".

Le contexte : une colère grandissante

Mohamed Morsi
Une élection dans la tension. Le président égyptien Mohamed Morsi a été élu avec 51,7% des voix en juin 2012, au terme de la révolte de 2011, qui a renversé le régime du militaire Hosni Moubarak. Il est le premier président démocratiquement élu du pays, et le premier civil à occuper ce poste. Il est issu du Parti de la liberté et de la justice, une émanation des Frères musulmans.

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Un président controversé. Depuis son élection, il est confronté à l'animosité du pouvoir judiciaire, des médias, de la police et du monde de la culture. Il est actuellement la cible d'une campagne réclamant son départ, baptisée Tamarrod (rébellion, en arabe), dont les organisateurs affirmaient ce dimanche 30 juin  avoir rassemblé 22 millions de signatures pour demander une élection présidentielle anticipée.

La colère constante du peuple. L’Égypte, qui compte plus de 80 millions d'habitants, est en proie à un climat persistant de crise. Les adversaires du pouvoir en place dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir destinée à instaurer un régime idéologiquement et politiquement dominé par les islamistes, ainsi que son incapacité à relancer l'économie et à lutter contre la corruption.

Un peuple divisé. Ses partisans, en revanche, estiment que Mohamed Morsi est arrivé au pouvoir de façon légitime. Ils accusent l'opposition laïque de vouloir un coup d’État et de faire le jeu des nostalgiques de l'ancien régime.

Les derniers développements

Les événements en Egypte
De nouvelles manifestations. Depuis le 26 juin, les manifestations contre Mohamed Morsi se multiplient. Elles ont débuté en anticipation d'une mobilisation massive prévue le 30 juin, jour du premier anniversaire de son investiture.

De nombreux actes de violence. Les premiers affrontements se sont concentrés dans le nord du pays, au niveau du Delta du Nil. Au cours des manifestations du 30 juin, 5 personnes sont mortes. Le QG des Frères Musulmans a été attaqué avec des cocktails molotov. L'armée estimait à "plusieurs millions" le nombre de manifestants anti-Morsi présents dans les rues. Au moins 16 personnes sont mortes au Caire dans la nuit du 2 au 3 juillet. Par ailleurs, près d'une centaine d'agressions sexuelles et de viols ont aussi été commis au cours des manifestations.

L'ultimatum. Le 1er juillet, l'opposition a donné à Mohamed Morsi jusqu'au 2 juillet pour quitter le pouvoir. L'armée a prévenu dans un message télévisé qu'elle interviendrait si les revendications du peuple n'étaient pas satisfaites dans les prochaines 48 heures, en annonçant une feuille de route et des mesures. Un ultimatum rejeté par Mohamed Morsi, qui se disait le 1er juillet déterminé "à poursuivre dans la voie qu'elle a choisi pour mener une réconciliation nationale globale".

Et maintenant ?

Morsi pour le consensus. Mohamed Morsi a appelé ce mercredi 3 juillet à former un "gouvernement de coalition et de consensus" afin d'organiser des élections législatives, au moment où expirait l'ultimatum de l'armée.

L'armée pour une suspension de la constitution. De son côté, l'armée avait annoncé qu'elle publierait un communiqué après l'échéance de l'ultimatum, sans toutefois donner d'heure précise. Sa "feuille de route" prévoit l'établissement d'un gouvernement transitoire, une suspension de la Constitution, et le placement sous contrôle des Frères Musulmans.

En attendant, le président s'est vu interdire de quitter l’Égypte, de même que des dirigeants issus des Frères musulmans, dans le cadre d'une enquête sur une affaire d'évasion de prison en 2011. 

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DÉCRYPTAGE - Les manifestations de ces dernières semaines menacent de plus en plus le président Mohamed Morsi, en difficulté depuis son investiture l'an dernier.
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2013-07-03 18:55:00
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