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EELV : tiraillés entre Duflot et Placé, les Verts au bord de l'implosion

DÉCRYPTAGE - Pris dans le bras de fer entre Jean-Vincent Placé et Cécile Duflot, le parti écologiste traverse une période critique de son histoire.

Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé à un meeting de François Hollande, en 2012
Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé à un meeting de François Hollande, en 2012 Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière
et Yaël Goosz

Après Noël Mamère ou Daniel Cohn-Bendhit, son nom s'est ajouté à la liste de ceux qui ont claqué la porte d'Europe-Écologie les Verts. "Il règne un climat de violences et de règlements de comptes", dénonçait Adeline Archimbaud, sénatrice écologiste de Seine-Saint-Denis, le 12 décembre dernier, pour tirer la sonnette d'alarme.

Un parti lâché par ses militants

Depuis leur départ du gouvernement, quand Manuel Valls a pris les rennes de la majorité le 2 avril dernier, une ambiance délétère règne chez les écologistes. Lorsque Cécile Duflot a fait ses cartons, "elle voulait créer un élan à gauche, raconte François de Rugy. Mais "ça c'est transformé en spirale négative", se lamente le co-président du groupe EELV à l'Assemblée. Une mauvaise dynamique qui se traduit dans les chiffres.

Sous la houlette d'Emmanuel Cosse depuis un peu plus d'un an, le parti plafonne à 8.000 adhérents. Comme le Parti socialiste, les dernières élections ont été un échec. Après 9% aux européennes, il pourrait descendre à 7% aux départementales en mars prochain. Dans les cantons, chacun fait comme il veut entre candidature autonome, accord avec le PS et parfois - et c'est une nouveauté - avec la gauche de la gauche. 

Le combat pour 2017 déjà lancé chez les Verts

Et pendant ce temps-là, "on regarde les trains passer", trépigne Jean-Vincent Placé. Après la vote de la loi sur la transition énergétique, la majorité prépare la conférence sur le climat. quoi on sert si on est dehors [du gouvernement] à faire du Mélenchon !", lance le sénateur de l'Essonne, qui prône le pragmatisme et la participation à l'action gouvernementale. 

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Un temps pressenti pour faire partie de la deuxième équipe formée par Manuel Valls le 26 août dernier, le patrons des sénateurs écologistes s'était plié à la ligne de son parti, mais il continue de flirter avec les socialistes. Selon le JDD, il aurait été aperçu aux vœux du groupe PS au Sénat, auxquels s'est invité François Hollande mercredi 17 décembre.

À force de faire des appels du pied, on se fait des entorses

Un proche de Cécile Duflot
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"À force de faire des appels du pied, on se fait des entorses", ironise un proche de Cécile Duflot. À l'inverse de Jean-Vincent Placé, l'ancienne ministre du Logement est de plus en plus critique envers l'exécutif. Après la publication d'un livre aux critiques particulièrement virulentes contre François Hollande, la député de Paris penche plutôt vers l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon. 

La dernière sortie du Premier ministre pour défendre Notre-Dame-des-Landes a mis tout le monde d'accord sur un point : les conditions ne sont pas réunies pour revenir au gouvernement. D'autant qu'au moment du dernier remaniement, Manuel Valls avait assuré à Jean-Vincent Placé que "cet aéroport on ne le fera pas".

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