3 min de lecture EELV

EELV : "chamailleries", "scission"... Les écologistes pro-gouvernement se font entendre

Les écologistes sont toujours en désaccord sur une possible entrée au gouvernement alors que le dialogue a repris. Les "pro-Hollande" se sont réunis ce samedi 4 avril sur fond de divergences.

Jean-Vincent Placé, Barba Pompili et François de Rugy lors du rassemblent d'EELV le 4 avril 2015
Jean-Vincent Placé, Barba Pompili et François de Rugy lors du rassemblent d'EELV le 4 avril 2015 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
et AFP

Le week-end de Pâques est synonyme de travail pour les écologistes alors que les divisions s'accentuent entre les pro-gouvernement et les autres. Le patron des sénateurs verts, Jean-Vincent Placé, mais aussi les coprésidents du groupe EELV à l'Assemblée nationale, François de Rugy et Barbara Pompili, sont partisans d'un retour aux manettes gouvernementales et ont participé à ce colloque. Parmi les 250 personnes présentes, Jean-Luc Bennahmias (Front Démocrate), Corinne Lepage (Rassemblement Citoyen), Antoine Waechter (MEI), et Yves Pietrasanta (Génération Ecologie) étaient également de la partie. 

"L'affirmation d'un pôle écologique"

"C'est aussi une manière de répondre à Cécile Duflot qui s'affiche avec Jean-Luc Mélenchon", souffle un participant alors que François de Rugy évoque un "moment d'affirmation". "L'affirmation d'un rassemblement, d'un pôle écologique pragmatique et responsable (...) c'est un moment de clarification qui précède un moment de refondation". 

Les désaccords que nous avons ne portent pas sur le contenu (...) on a des divergences en matière de stratégie

Denis Baupin
Partager la citation

La crise que traverse Europe Ecologie-Les Verts depuis que les écologistes ont décidé de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls s'est aggravée ces dernières semaines avec les élections départementales et la rumeur de remaniement gouvernemental. "Les désaccords que nous avons entre écologistes ne portent pas sur le contenu (...) on a parfois des divergences en matière de stratégie", admet Denis Baupin, initiateur de ce colloque, qui refuse de participer aux responsabilités gouvernementales à "n'importe quelles conditions".

"Le compromis ce n'est pas sale, le compromis c'est noble"

"Le compromis ce n'est pas sale, le compromis c'est noble", a-t-il dit en ouverture du colloque avant de se lancer dans une série de questions. "Depuis un an de non-participation des écologistes au gouvernement, est-ce que ça a amélioré les politiques qui ont été menées, d'un point de vue écologique, des attentes de nos concitoyens ? Est-ce que ça a amélioré la crédibilité des écologistes ? Est-ce que ça a amélioré nos résultats électoraux ?"

"On est là pour essayer de définir une stratégie qui concerne EELV et au delà d'EELV"

Denis Baupin
Partager la citation
À lire aussi
Yannick Jadot au Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI port du voile
Port du voile dans l'exercice d'un mandat : "Ce n'est pas approprié", estime Yannick Jadot

Pour sa part, Stéphane Gatignon, maire écologiste de Sevran (Saine-Saint-Denis) espère une nouvelle stratégie pour les écologistes, oubliés lors des dernières élections départementales. "EELV a fait des résultats très moyens aux élections, la stratégie est peu claire. On est là pour essayer de définir une stratégie qui concerne EELV et au delà d'EELV", a-t-il déclaré. 

"La participation au gouvernement n'est pas un tabou ni un totem"

La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, espère elle que le mouvement trouvera un nouveau souffle au milieu de toutes ses discussions. "Il y a une seule ligne, c'est celle que l'écologie soit plus forte et c'est ça qui nous anime aujourd'hui. Après il y a des débats stratégiques (...) Je pense que le mouvement écologiste se meurt dans ces chamailleries, dans ces divisions", a-t-elle déclaré regrettant le "spectacle lamentable donné par tant d'écolos"

Je pense que le mouvement écologiste se meurt dans ces chamailleries, dans ces divisions

Emmanuelle Cosse
Partager la citation

Emmanuelle Cosse a notamment regretté que cette réunion soit caricaturée. "C'est quoi le scandale dans ce pays ? Est-ce que c'est que des écolos veuillent entrer dans le gouvernement et d'autres non ? Ou est-ce que le scandale c'est de voir ce pays s'enfoncer dans une crise sociale, démocratique, environnementale sans précédent?", a-t-elle interrogé rappelant que "la participation au gouvernement n'est pas un tabou ni un totem".

Si les discussions et les discordes sont nombreuses, Esther Benbassa refuse de parler de scission. "Il ne faut pas prendre tout ça très au sérieux. Scission ? Non, c'est une concertation. Les gens vont parler, je vais les écouter et puis on va voir", a-t-elle déclaré se positionnant comme une "anthropologue" dans ce dialogue

La rédaction vous recommande
Lire la suite
EELV Jean-Vincent Placé Barbara Pompili
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants