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Éducation : les neurosciences, privilégiées par Blanquer, inquiètent les enseignants

L'annonce de la création d'un Conseil scientifique de l'Éducation nationale fait douter certains chercheurs et enseignants.

Jean-Michel Blanquer, le 15 novembre 2017
Jean-Michel Blanquer, le 15 novembre 2017
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad & AFP

La méthode Blanquer commence-t-elle faire grincer des dents ? Le principal syndicat du primaire, le Snuipp-FSU, rejoint par une cinquantaine de chercheurs, s'inquiète de la prédominance des neurosciences dans l'éducation, après l'annonce de la création d'un Conseil scientifique de l'Éducation nationale dirigé par le professeur de psychologie cognitive Stanislas Dehaene. 

Comme l'explique Le Figaro, "parmi les contenus pédagogiques mis récemment en place sur le site du ministère, l'un d'eux fait débat. On y voit le modèle - très détaillé - d'une journée de classe de cours préparatoire : de 9 h 10 à 9 h 20, calcul mental, de 9 h 20 à 10 h 10, conscience phonémique, principe alphabétique et lecture de syllabes à voix haute, de 10 h 10 à 10 h 30, vocabulaire, etc". Le journal ajoute que "certains enseignants ont vu rouge, le jugeant normatif et trop axé sur la méthode d'apprentissage syllabique de la lecture". 

Création d'un Conseil scientifique

"Dans le dialogue permanent que l'École doit entretenir avec la recherche, aucune discipline ne peut légitimement s'imposer aux autres et aucune ne doit être ignorée", écrit le syndicat dans un appel signé par 56 chercheurs. "Toutes les recherches et tous les mouvements pédagogiques, qui prennent l'école et les apprentissages pour objet, concourent à la constitution d'un corpus de connaissances en perpétuel développement". 

Les signataires de cet appel - parmi lesquels le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, l'historien de l'éducation Claude Lelièvre, le géographe et ancien président du Conseil supérieur des programmes Michel Lussault et le professeur en sciences de l'éducation Philippe Meirieu - redoutent une recherche "instrumentalisée". Dernier exemple en date : l'annonce la semaine dernière par Jean-Michel Blanquer de la création d'un Conseil scientifique de l'Éducation nationale avec à sa tête le professeur de psychologie cognitive Stanislas Dehaene, ce qui marque, selon eux, "la prédominance des neurosciences dans l'approche gouvernementale de l'École". 

Lecture "syllabique"

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Jean-Michel Blanquer s'est à de nombreuses reprises prononcé en faveur des neurosciences pour modifier les méthodes d'enseignement ou les programmes. Il les a par exemple mentionnées lorsqu'il a préconisé la méthode de lecture dite "syllabique" ou la maîtrise des quatre opérations au CP et au CE1. 

Le ministre a détaillé à l'hebdomadaire Le Point de la semaine dernière les objectifs du Conseil scientifique de l'éducation : "Il s'agit de pouvoir consulter des scientifiques de différentes disciplines, notamment dans les sciences cognitives, afin d'avoir une vision fondée des politiques publiques". Il faut, selon lui, "que les débats soient davantage argumentés et appuyés sur ce qui est prouvé et ce qui marche à la lumière des sciences". 

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