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"Édouard Philippe, un directeur général devenu secrétaire général", selon Alba Ventura

ÉDITO - Le Premier ministre souffre de concurrence en cette rentrée. Édouard Philippe est-il vraiment à sa place ?

Alba Ventura L'Edito politique Alba Ventura
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"Édouard Philippe, un directeur général devenu secrétaire général", selon Alba Ventura Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

On a beaucoup parlé de la forte baisse de la cote de popularité d'Emmanuel Macron. Mais le premier ministre est lui aussi passé sous la barre des 50%. On ne sait pas s'il y a un problème Édouard Philippe, mais le chef du gouvernement a un problème de positionnement. On l'a vu la semaine dernière dans sa première interview de rentrée. Une interview pour rien, où non seulement il ne fait pas d'annonce, mais surtout il se montre incapable de répondre sur les pensions d'invalidité, sur les pensions de retraites, sur les APL.

On l'a vu lundi 28 août, coincé entre le président Macron omniprésent, qui organise le séminaire du gouvernement à l'Élysée (ce n'est pas organisé à Matignon), et des ministres qui, pour la plupart, sont des ministres techniques qui ne défendent pas la politique du gouvernement mais qui défendent leurs sujets, parce qu'ils sont des experts pas des politiques. Certes Édouard Philippe a tenté de reprendre la main après ce séminaire. C'est lui qui a détaillé le plan de bataille du gouvernement, en nous expliquant qu'il  allait "réparer le pays". Bon, le coup de "la boîte à outils" on nous l'a déjà fait !

Philippe un peu noyé

Le premier ministre a essayé de se poser en chef de la majorité, en portant les coups contre Jean-Luc Mélenchon. Mais franchement, il y a mieux à faire que de caricaturer le leader de la France insoumise, qui le fait très bien tout seul. On ne peut pas dire qu'en cette rentrée Édouard Philippe s'est affiché en premier ministre, pivot du gouvernement. On le trouve un peu noyé.

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Édouard Philippe est arrivé il y a quatre mois à Matignon, auréolé de l'image de sérieux, de travailleur, de volontaire. Il est arrivé avec une tête de directeur général, et on a l'impression, quatre mois plus tard, qu'il n'est plus qu'un secrétaire général.

L'exemple de la baisse de 5 euros des allocations logement est éloquent. Dans son interview de rentrée, Édouard Philippe a quand même considéré que ce n'était pas une mesure "intelligente". On comprend qu'il s'est fait déborder par Bercy, parce qu'il est contraint de tenir un budget. Il explique ensuite que c'était une mesure qui avait été prévue par le gouvernement précédent et qu'il fallait la mettre en œuvre. À la bonne heure !

Manque d'expérience

La TVA sociale avait été prévue par Nicolas Sarkozy, et François Hollande ne l'a pas reprise. On n'est pas obligé d'exécuter ce que les autres n'ont pas fait. Quand on est premier ministre et que l'on considère que raboter de 5 euros les APL ce n'est pas intelligent, on dit à Bercy : "Trouvez-moi autre chose de plus intelligent !" Au lieu de cela, il se laisse piéger bêtement (avec une forme d'orgueil qui n'est pas sans rappeler son mentor Alain Juppé). C'est dévastateur, parce que le Premier ministre laisse le sentiment d'être ballotté.

D'ailleurs à Matignon, on reconnait un manque d'expérience. On reconnait une rentrée moyenne. Nous dirions "ratée". Alors rien n'est irrattrapable. Mais un premier ministre doit imprimer sa marque dans les premiers mois. C'est à lui d'imposer les choses et de marquer son autorité.

Édouard Philippe a dit dans son interview de rentrée qu'il n'était "pas un surhomme" (on le croit volontiers), mais on sait que c'est un boxeur (c'est le sport qu'il pratique). À lui de prouver qu'il n'est pas un poids-plume.

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2017-08-29 08:02:00
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