3 min de lecture Bruno Le Roux

Droit du sol : Copé chasse sur les terres du FN

RÉACTIONS - Jean-François Copé souhaite réformer le droit du sol. Sa proposition est largement inspirée par le mouvement fondé par Geoffroy Didier et Guillaume Peltier, La Droite forte.

Le président de l'UMP Jean-François Copé
Le président de l'UMP Jean-François Copé Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Yaël Goosz et Sylvain Chazot

L'UMP a décidé, par la voix de son président, de s'attaquer à un symbole. Jean-François Copé a annoncé mardi une proposition de loi pour réformer le droit du sol. Le président du premier parti d'opposition souhaite mettre fin à l'acquisition quasi-automatique de la nationalité pour les enfants nés en France de parents étrangers.

"Lorsque un enfant naît de parents qui sont illégalement sur le sol français, il ne peut pas y avoir d'automaticité à être français. Notre politique d'immigration date du XXème siècle : Les choses ont beaucoup changé depuis", a expliqué Jean-François Copé.

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Copé : "Il ne peut pas y avoir d'automaticité à être français" Crédit Média : Yaël Goosz | Durée : | Date :

Pour le président de l'UMP, deux cas de figure se présentent. Premièrement : un enfant naît en France de parents étrangers et clandestins, cet enfant n'a pas vocation à être français. Deuxième cas de figure : un enfant naît en France de parents étrangers mais régularisés, cet enfant devra faire la demande pour obtenir la nationalité française.

Une proposition inspirée par La Droite forte

Cette dernière proposition est directement inspirée par le mouvement La Droite forte. "Il y a une automaticité qui est très dérangeante. Ni l'étranger ni la communauté nationale qui l'accueille n'ont leur mot à dire", commente pour RTL.frGuillaume Peltier.

On ne rentre pas dans la communauté nationale par effraction ou par automaticité

Guillaume Peltier
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"Ça me semble être un principe de base d'exprimer sa volonté d'entrer dans une communauté. De la même façon, la communauté nationale doit pouvoir accepter ou refuser cette entrée", explique le co-fondateur de la Droite forte, mouvement qui revendique l'héritage de Nicolas Sarkozy. "Ça permettrait de réhabiliter de manière noble l'idée de la nationalité. On ne rentre pas dans la communauté nationale par effraction ou par automaticité. On y rentre au nom de la République parce qu'on en exprime la volonté et la fierté", assure-t-il.

Pas de débat avant les municipales

La proposition de Jean-François Copé n'en est pour l'instant qu'à l'état de brouillon. L'UMP se réunira en convention d'ici la fin de l'année pour en discuter, puis déposera dans la foulée une proposition de loi. Celle-ci n'a en revanche aucune chance d'être débattue avant les élections municipales. Le parti d'opposition serait donc avant tout dans l'affichage et surferait sur les difficultés d'une gauche déboussolée en matière d'immigration.

Rue de Vaugirard, qui plus est, le sujet fédère les troupes. "Nous étions tous en phase. Pas une voix ne s'est élevée, que vous soyez copéistes, fillonistes, centristes, libéraux ou gaullistes", rapporte le député UMP du Nord Marc-Philippe Daubresse.

Marion Maréchal-Le Pen moque l'UMP

Cela n'a pas empêché plusieurs personnalités de réagir. "Leur insincérité et leur contradiction se révèlent au grand jour. On se rend compte que c'est un parti qui a fait bien peu de choses lorsqu'il était au pouvoir et maintenant qu'il est dans l'opposition, fait de gros effets de manche", juge ainsi la député FN du Vaucluse, Marion Maréchal Le Pen.

La droite française est malade d'être tirée par ses extrêmes

Bruno Le Roux
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"On a une espèce de pétard lancé par l'UMP sur un sujet dont ils se sont bien gardé, dans les années où ils étaient au pouvoir, de le débattre. Il y a des opportunités qui montrent une fois de plus des concessions aux extrêmes. La droite française est malade d'être tirée par ses extrêmes", estime pour sa part le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux.

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