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Dominique Strauss-Kahn sur RTL : "La crise économique n'est pas finie !" (vidéo)

Le directeur général du Fonds monétaire international était l'invité exceptionnel de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. Concernant la situation économique mondiale, Dominique Strauss-Kahn a indiqué que la crise n'était "pas finie". S'il note que la situation s'améliore, il affirme aussi qu'elle reste "fragile". A propos des déficits publics faramineux de la Grèce, il a indiqué qu'Athènes "ne risque pas la banqueroute". Il a déclaré que le FMI était prêt à intervenir pour aider le pays à faire face à ses difficultés budgétaires si on le lui demande. Il a indiqué qu'il pourrait se "reposer la question" de son éventuelle candidature à la prochaine Présidentielle française, en 2012.

Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Dominique Strauss-Kahn.

Dominique Strauss-Kahn : Bonjour.

La plus grande crise économique de l'ère moderne a démarré le 15 septembre 2008 avec la faillite de la banque d'affaires Lehmann-Brothers. Dix-huit mois plus tard, la croissance est revenue partout dans le monde : Chine, Inde, Brésil, Etats Unis, Europe. Pouvez-vous dire, ce matin, sur RTL, Dominique Strauss-Kahn que la crise est finie ?

Non.

Pourquoi ?

Ca va mieux. La croissance est revenue, vous l'avez dit, plus vite, plus fort que prévu ; mais ça reste extrêmement fragile.

Qu'est-ce qui est fragile, aujourd'hui ?

Plusieurs choses. D'abord, les indicateurs. La croissance est revenue, tant mieux. Le chômage est toujours là ; et non seulement il est toujours là, mais dans beaucoup de pays avancés - les pays industrialisés principalement - il va continuer à augmenter, pas en Asie où les choses vont plus vite mais dans les pays comme les Etats-Unis, l'Europe, le Japon.

Surtout l'Europe, a-t-on l'impression ?

Oui, surtout l'Europe mais même aux Etats-Unis, les choses ne vont pas très bien encore de ce côté-là. La croissance revient. Mais il y a toujours eu un décalage important entre le moment où la croissance revient et la conséquence sur l'emploi. Et le sommet de l'emploi, le pic de l'emploi comme on dit, est selon les pays, six mois, huit mois, parfois un an après le retour de la croissance. Donc, on ne peut pas dire que la crise est terminée quand le chômage est encore là.

C'est d'ailleurs pour ça que le FMI a une position très ferme là-dessus. Non seulement il ne faut pas mettre fin aux plans de soutien de l'activité qui ont été mis en place, les fameux stimulus, il faut développer, mettre en œuvre, dépenser ce qui a été prévu pour 2010, pas plus mais pas moins.

Continuer à soutenir les économies.

Oui parce que quand on regarde, on voit bien que la croissance est de retour mais principalement, parce que la demande publique et la demande privée est encore très faible ; mais non seulement il faut faire ça, mais encore notre conseil à tous les gouvernements, c'est de recentrer tous ces stimulus sur l'emploi, sur les politiques de l'emploi. Maintenant, ça doit être le sujet principal. Ma préoccupation principale, à moi, aujourd'hui, dans le pilotage qu'on peut avoir au FMI de l'économie mondiale, c'est l'emploi.

Et en même temps, vous dites quelque chose de contradictoire en tant que directeur général du FMI, il faut aussi commencer à résorber les déficits gigantesques créés par la crise.

C'est bien la difficulté. C'est qu'il y a le court terme : la croissance revient, la crise n'est pas terminée, le chômage est encore là, il faut s'occuper du chômage. Et puis, il y a le moyen et long terme avec plusieurs problèmes dont celui que vous venez évoquer, effectivement, qui est qu'on est sorti de cette crise. On est en train de sortir de cette crise. On a mis en place des moyens d'éviter quelque chose d'aussi grave que la crise de 1929 grâce aux soutiens publics, très bien. Mais ça a  créé des déficits massifs dans beaucoup de pays et le problème de moyen terme, c'est qu'il faut résorber ces déficits.

Et donc le deuxième message après l'accent sur l'emploi, le deuxième message qui est le mien, c'est qu'il faut que les gouvernements maintenant, annoncent comment ils vont au cours des années qui viennent réduire leurs dettes. Pas mettre en place tout de suite la réduction, c'est trop tôt. Aujourd'hui encore, il faut soutenir l'activité, mais dès que possible, et la date dépend des pays. Tout le monde est entré dans la crise au même moment, vous avez symboliquement cité la chute de Lehmann-Brothers, pourquoi pas ! Oui. Mais tout le monde n'en sort pas au même moment.

Mais au moment où chaque pays commence à en sortir, il faut qu'il puisse mettre en place la réduction de la dette et il faut qu'il l'annonce maintenant. Qu'est-ce qu'il a en tête ? Comment il va le faire montrer qu'il s'en préoccupe.

L'une des plus grandes inquiétudes, c'est la Grèce.

Avant d'arriver à la Grèce puisque vous évoquiez le moyen terme, il y a quand même d'autres sujets. Deux, je les cite très vite.

Rapidement.
1/ Qui est que tout ça se fait à plusieurs vitesses et que le monde dans lequel on entre, est un monde à plusieurs vitesses. Les taux de croissance, aujourd'hui, sont revenus positifs partout ; mais 10% en Chine,  1% pour la zone Euro. De un à dix. C'est quand même considérable comme écart. Ca risque de durer. Donc, ca va créer des rapports de force différents. C'est-à-dire que là, on assiste à la domination potentielle de la Chine dans les années qui viennent. On n'en est pas encore là parce que malgré tout et  malgré sa croissance forte, l'économie chinoise n'a pas la taille des économies européennes ; mais enfin, vous avez raison, ce n'est qu'une question de temps.

Et le deuxième sujet, c'est qu'il nous faut un modèle de croissance au sortir de la crise : dans un an, dans un an et demi ; mais il faut y travailler maintenant, qui soit un modèle à bas carbone. On ne peut plus reconstruire le modèle qu'on avait avant. Le Fonds monétaire vient de proposer un mécanisme, je crois, très innovant de financement parce que Copenhague a quand même été de ce point de vue-là un échec de financement de ces dépenses.

Moi je suis très déçu de ce qui s'est passé à Copenhague ; et donc, on s'est dit, il faut qu'on apporte une solution. On apporte cette solution.  Dans quelques semaines, les documents seront publics ; mais tout ça  que c'est les problèmes qui vont se créer, demeurer pendant assez longtemps au-delà du problème chômage qui est le problème immédiat.

Il faut tout faire en même temps ! C'est bien ça la difficulté.

Et c'est la difficulté.

L'Etat grec risque-t-il la banqueroute, Dominique Strauss-Kahn ?

Non, je ne crois pas.

Vous dites ça parce que vous ne pouvez pas dire autre chose, mais tout le monde est très inquiet.

Est-ce que je vous ai donné l'habitude de ne pas dire ce que je pensais, monsieur Aphatie !

Parfois ; pas vous personnellement, mais parfois il arrive que les invités ne disent pas tout à fait ce qu'ils pensent.

Oui, mais c'est parce que vous choisissez mal vos invités !... Ecoutez, je vais vous dire, je vais vous dire. La situation de la Grèce est très sérieuse. Elle est très sérieuse : c'est quarante ans de politique grecque qui est en cause. Je pense que l'Europe - et la Zone euro en particulier - a pris conscience du problème, va demander à la Grèce, est en train de demander à la Grèce les efforts qu'il faut faire et vont prendre le problème en mains. Le gouvernement de Georges Papandreou de ce point de vue-là, est conscient de la difficulté. Moi j'ai confiance dans le Premier ministre Georges Papandreou pour prendre des mesures qu'il faut mais c'est des mesures extrêmement difficiles. Il ne faut pas se raconter d'histoire. D'abord, il vient de gagner les élections sur une campagne qui n'était pas exactement celle de la restriction, c'est le moins qu'on puisse dire. Et donc, c'est très difficile politiquement.

Par ailleurs, c'est très difficile pour la zone euro aussi ; mais il semblerait quand même qu'elle ne puisse pas se permettre de ne pas aider la Grèce d'une manière ou d'une autre. Donc, j'ai plutôt confiance. Nous, nous sommes là pour aider. J'ai une mission sur place qui a fourni les conseils techniques à la demande du gouvernement grec ; et si on nous demande d'intervenir, on le fera. Mais je comprends tout à fait les Européens qui veuillent essayer de régler le problème entre eux.

Ceci fragilise l'euro ? C'est un problème ?

Fragilise l'euro, vous voulez dire : ça a fait baisser un peu l'euro.

Ca l'a fait baisser ; mais en même temps, peut-être que c'est un signe de défiance ?

Je passe mon temps à voir des gens qui expliquent que l'euro est trop fort. Donc tout le monde devrait se satisfaire de ce que l'euro a plutôt un peu baissé. On ne peut pas à la fois considérer qu'il est trop fort, et pas être content quand il baisse un peu. Je ne pense pas que la zone euro, globalement, soit fragilisée par cela. Je pense que c'est la première épreuve véritable de la zone euro et je pense qu'elle la traversera.

En Europe pour faire face au risque de désindustrialisation qui existe ; par exemple la France, fait pression : le gouvernement sur Renault, pour produire en France ; le mot d'ordre, c'est : les voitures vendues en France doivent être produites en France. Que pensez-vous de cette forme de retour de protectionnisme, Dominique Strauss-Kahn ?

On a échappé au protectionnisme pendant la crise. Il y a eu quelques petites poussées de fièvre ; mais honnêtement, il aurait pu y avoir des envolées protectionnistes beaucoup plus fortes que celles qu'on a vues. On ne les a pas vues, c'est très bien.

Je comprends les gouvernements dans tous les pays qui ont cette tendance de dire : il faut acheter les produits du pays. A la réalité, en Europe, c'est que le vrai problème n'est pas là. Le vrai problème en Europe, c'est que l'Europe s'était donnée comme objectif, il y a dix ans, rappelez-vous, ça s'appelait "la stratégie de Lisbonne", d'être le cœur de la production de l'innovation dans le monde et que le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas le cas. Pour mille raisons dans lesquelles on ne va pas rentrer, l'Europe a été incapable de mener ce combat-là. Et c'est ça le vrai combat.

Assurer les emplois de demain, d'après-demain, de nos enfants, de nos petits-enfants en Europe, en France comme en Allemagne, comme en Italie, comme ailleurs, c'est être capable d'investir suffisamment dans la Recherche, dans l'innovation ; et ça, très honnêtement, la vue qu'on peut avoir de l'extérieur, c'est que les dix ans qui viennent de s'écouler n'ont pas été -loin de là !- suffisamment dans cette direction.

C'est pour ça qu'en France, il y a eu un grand emprunt. C'était une bonne idée, Dominique Strauss-Kahn ?

Je ne veux pas faire de la politique française, vous le savez.

Non, ce n'est pas de la politique française. C'est le directeur général du Fonds monétaire international...

Donc, la question de savoir s'il fallait ou plus emprunter en France, ça c'est une autre question. En revanche, ce que messieurs Juppé et Rocard ont donné comme  orientation, c'est-à-dire que si on fait de l'emprunt, il faut que ça serve pour les universités, pour la recherche, ça c'est un bon choix.

Ca, tout le monde sera d'accord.Pour faire face à ces déficits sociaux, le gouvernement espagnol a décidé de repousser l'âge légal de la retraite à 67 ans. Que pensez-vous de ce type de solution, Dominique Strauss-Kahn ?

Ca dépend beaucoup des pays. Ca dépend beaucoup des pays et ça dépend beaucoup des engagements politiques qui ont été pris. Je comprends la situation de Zapatero, elle est très difficile. La crise en Espagne est très forte, notamment issue de situations immobilières pas très éloignées finalement de ce qui s'est passé aux Etats-Unis ; et donc les Espagnols ont vraiment besoin de faire un effort, un effort considérable.

Dans d'autres pays, ce sont d'autres mesures qu'il faut prendre ; mais dans tous les cas de figure, il ne faut pas croire qu'on va sortir de la crise sans en payer le coût. On a échappé, je le disais tout à l'heure, à une crise colossale, très bien. Pour autant, on n'y a pas échappé avec zéro coût. Et ce coût-là, il va falloir le payer, c'est ce que le FMI essaie de canaliser dans chaque pays ; et le pire serait que chacun choisisse des solutions différentes et chacun reparte chez soi avec l'idée, je vais m'en sortir tout seul.

L'âge légal de la retraite, il faut quand même le revisiter un peu partout pour faire face aux déficits ?

La réalité, en fait, dans la plupart des pays, ce n'est pas tellement l'âge légal de la retraite, c'est l'âge réel de la retraite. Ce qui pèse sur les systèmes de retraite, c'est l'âge auquel on commence véritablement à prendre sa retraite.

Vous donnez la même réponse que Martine Aubry, ça tombe bien. Invitée du "Grand Jury" sur RTL, le 17 janvier, la première secrétaire du Parti socialiste a assuré que vous aviez été "un formidable ministre de l'Economie et des Finances ; et que vous seriez (elle évoque là le futur) quelqu'un qui peut tout à fait diriger notre pays".

C'est gentil de sa part. Je ne peux pas....

Vous partagez son jugement ?

Ecoutez, ce serait prétentieux ! Mais je veux bien renvoyer la politesse : je trouve que Martine Aubry (la seule incursion que je m'autorise puisque vous m'y poussez - personnelle - à la politique française) réussit très bien dans la fonction difficile dans laquelle elle est engagée de tenir son rôle à la tête du Parti socialiste ; et ma foi, je dois dire, que tous ceux qui avaient été critiques, en disant : elle n'y arrivera pas, etc, etc., se retrouvent aujourd'hui, un peu le bec dans l'eau ! J'en suis ravi.

On lit que vous vous parlez beaucoup, que vous échangez beaucoup tous les deux, c'est vrai ?

J'échange, je parle avec beaucoup d'amis. Vous ne m'en ferez pas dire plus.

A quel moment, direz-vous, si une candidature à l'élection présidentielle de 2012 vous intéresse-t-elle ?

Ecoutez, je vais vous faire une réponse que vous avez déjà entendue.

Dilatoire, préparée depuis longtemps...

Comme disent certains, et de leur discours. A ce jour (je l'ai toujours dit), j'ai l'intention de faire mon mandat. Maintenant, si vous me demandez : si, dans certaines circonstances, je pourrais me reposer cette question ? La réponse est oui. Je pourrais me reposer cette question. J'ai déjà dit ça. Et donc, il n'y a pas de : à quel moment ? Si à un moment donné, je considère que je veux me reposer cette question, évidemment vous serez le premier informé, Jean-Michel Aphatie.

C'est vrai ? C'est un engagement que vous prenez devant les auditeurs de RTL ?

Mais, mais...

D'accord !

Mais, là, il n'y a aucune raison qu'aujourd'hui dans l'ensemble des gens qui ont eu des responsabilités politiques dans notre pays, que la question ne se pose pas aujourd'hui parce qu'elle ne se pose pour aucun des autres candidats potentiels à l'élection présidentielle. Il n'y aucune raison qu'elle se pose à moi. Donc, je comprends qu'on se pose cette question ; vous comprenez que je n'y apporte pas de réponse aujourd'hui.

Et j'enregistre votre promesse. Nous allons vérifier un écho de presse qui avait suscité quelque émotion qui est paru dans le magazine "Le Point", début décembre. "Le Point" racontait une scène qui se serait produite le 25 septembre dernier à Pittsburgh, lors du sommet du G20. Vous auriez profité, raconte le magazine, d'une aparté avec Nicolas Sarkozy pour lui dire ceci... "J'en ai plus qu'assez (c'est vous qui parlez, Dominique Strauss-Kahn) des ragots répétés sur ma vie privée et sur les prétendus dossiers et photos qui pourraient sortir contre moi. Je sais que tout ça part de l'Elysée. Alors, dis à tes gars d'arrêter, ou sinon je saisirais la justice". Confirmez-vous la scène et les propos, Dominique Strauss-Kahn ?

Je n'ai pas l'habitude de confirmer ou d'infirmer les propos que j'ai avec l'ensemble des chefs de l'Etat de la planète. Vous me demanderez ce que j'ai dit à Obama, vous me demanderez ce que j'ai dit à Hu Jintao, vous me demanderez ce que j'ai dit à Nicolas Sarkozy, je ne vous répondrais pas.

Et vous n'avez donc pas publié de démenti, vous n'avez pas demandé au journal "Le Point" de publier de démenti ?

Ni de confirmation, ni d'infirmation.

Donc, on n'aura pas beaucoup avancé. Mais enfin, ces propos, vous le comprendrez, avaient retenu l'attention de tous.

Je le comprends qu'ils aient retenu l'attention ; et sans doute d'ailleurs, les journalistes qui les ont publiés avaient cette intention, mais vous comprendrez aussi... Vous savez...

On se demande d'ailleurs qui leur a raconté puisque vous étiez tous les deux, tout seul !

C'est ce qu'ils disent. Oui, ils devaient avoir une source, comme on dit. Je remplis une fonction où je suis amené à rencontrer des chefs d'Etat et chefs de gouvernement tous les jours, c'est le métier qui veut ça. Bon. Je ne peux passer mon temps à ensuite faire des commentaires sur ce qui est dit. D'abord, ce ne serait pas efficace ; et ensuite, ça ne serait pas correct. Et donc a fortiori quand il s'agit du cas du Président français, mais pas seulement dans ce cas-là, la règle est impérative : je ne fais pas de commentaires.

Votre épouse, Anne Sinclair, a raconté sur son blog qu'elle avait eu du mal à obtenir ses papiers d'identité ?

Oui, c'est vrai.

C'est fait maintenant ?

C'est fait. Et c'est quand même assez curieux qu'en effet, quand on va renouveler ses papiers d'identité, qu'on soit amené parce qu'on est né à l'étranger, son cas n'est pas particulier...

Non, non, absolument.

... Parce qu'elle est née à l'étranger, de montrer sur trois générations, que ses grands-parents étaient Français. Elle en a été choquée. Je dois dire que j'en ai été choqué aussi.

Il faut changer ça ?

Ah je pense qu'il vaut mieux changer ça, oui.

Oui, voilà. Dominique Strauss-Kahn qui a des envies de changement, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.


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