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"Désormais, Alain Juppé joue net et carré", décrypte Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Quelle mouche a donc piqué Alain Juppé ? L'ex-Premier ministre veut bouter les Grecs hors de la zone euro. Il applique simplement sa nouvelle stratégie, explique la journaliste.

Alba Ventura
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Crédit : Alba Ventura
"Désormais, Alain Juppé joue net et carré", décrypte Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
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Alain Juppé a pris lundi 6 juillet une position assez iconoclaste en plaidant pour une sortie de la Grèce de l'euro. N'est-ce pas un peu rapide ? C'est le but. Il veut montrer qu'il est capable de trancher rapidement. Pour lui, il y a un avant et un après référendum grec.

On a l'impression qu'il a fait un virage à 180 degrés. La semaine dernière, le maire "Les Républicains" de Bordeaux nous expliquait que "la Grèce devait rester avec nous", que les "Grecs avaient toute leur place dans la zone euro" et qu'en sortir serait "une folie". C'était sa façon à lui de plaider pour le "oui".
Sauf que les Grecs ont dit "non", et de manière forte. Comme le dit un proche d'Alain Juppé : "On ne peut pas faire le bonheur des gens contre leur volonté".

Tout est dans le "sans drame"

L'ancien premier ministre estime que le gouvernement grec a emmené son peuple dans l'impasse, que c'est maintenant à Alexis Tsipras de faire des gestes et pas à lui de poser des conditions. Et si il ne le fait pas, il faut en tirer les conséquences, c'est-à-dire une sortie de la zone euro. On peut considérer qu'Alain Juppé a tort. Mais c'est une position qui a le mérite d'être nette, claire et rapide.

Il donne l'impression qu'il est resté ministre des Affaires étrangères. Mais il fait aussi de la politique intérieure. Ce que l'on retient de sa déclaration faite sur son blog, c'est une phrase. Il écrit : "Nous devons aider la Grèce à organiser sa sortie, sans drame".

Vous le voyez, tout est dans le "sans drame". Cela veut dire : abordons la situation tranquillement et froidement, disons les choses sans s'exciter, tout n'est pas un sujet d'irritation, inutile de s'énerver. Mais en même, il dit qu'il faut décider et trancher.

Alain Juppé a décidé de préempter le dossier de la sortie de la Grèce de l'euro

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Il y a dans cette déclaration une critique implicite de ses deux concurrents. C'est d'abord une critique implicite de l'agitation et de l'agressivité de Nicolas Sarkozy : le "sans drame", c'est pour lui. Après s'en être pris à Alexis Tsipras et à François Hollande, la semaine dernière, l'ancien Président n'a pas réagi au résultat du référendum. Visiblement, il a décidé de marquer une petite pause plutôt que d'intervenir dans la précipitation (on devrait le retrouver à la télévision cette semaine).

Il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy est forcément moins libre qu'Alain Juppé dans cette affaire. C'est lui qui a monté le processus d'aide aux Grecs avec Angela Merkel.

Il y a aussi une critique implicite de la position médiane de François Hollande, d'une forme d'inaction, à force de vouloir jouer sur tous les tableaux, d'avoir voulu apparaître bienveillant à l'égard des Grecs, tout en restant aux côtés des Allemands.

Alain Juppé, on le voit, a décidé de préempter le dossier de la sortie de la Grèce de l'euro. Même s'il ne dit pas des choses très différentes de Nicolas Sarkozy, il le dit de manière plus "raide".

Discours plus musclé

Depuis quelques temps, Alain Juppé a décidé de muscler son discours. Et pour cause. Il sait qu'il doit maintenant ranger au placard cette image de personnalité de droite préférée de la gauche. Il a compris qu'il devait à présent marquer des points dans son camp. Sur le mariage homosexuel il a dit qu'il était pour l'adoption. On passe à autre chose, maintenant.

C'est pour cela qu'il met en avant ce côté "intraitable" vis-à-vis des Grecs. C'est pour cela que sur la laïcité, il rappelle dès qu'il le peut qu'il a demandé au préfet et au procureur de Bordeaux d'engager des poursuites contre un commerçant qui avait affiché sur son magasin des jours réservés aux "frères" et des jours réservés "aux sœurs".

Sur l'assistanat, sur les 35 heures, vous allez l'entendre de plus en plus se montrer inflexible, libéral, de droite. Ce qu'il veut, ce n'est pas apparaître "rigide". Il joue net et carré : c'est sa nouvelle stratégie.

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