3 min de lecture Élections départementales

Élections départementales 2015 : pour le gouvernement, "aucun effort n'est vain" contre l'abstention

ÉCLAIRAGE - Le ministère de l'Intérieur explique pourquoi il a choisi de parodier l'émission musicale de "TF1" "The Voice" pour faire la promotion des élections départementales qui se dérouleront les 22 et 29 mars prochains.

Le ministère de l'Intérieur publie une parodie de l'émission "The Voice"
Le ministère de l'Intérieur publie une parodie de l'émission "The Voice" Crédit : Capture d'écran Twitter
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Jusqu'au bout, le gouvernement est déterminé à lutter contre l'abstention. Pendant que Manuel Valls et ses ministres tirent à boulets rouges sur le Front national, les communicants de la République sont à pied d'oeuvre. Illustration samedi 14 mars, à 18 heures, avec la publication sur le compte du ministère de l'Intérieur d'un tweet parodiant The Voice pour appeler les électeurs à voter lors des élections départementales. "Il y a ceux qui donnent de la voix et ceux qui peuvent au moins la faire entendre", explique le court message posté sur le réseau social flanqué d'un lien vers le site ouijevote.fr et du mot-clé #TheVoice. Sur l'affiche qui l'accompagne, le logo du télé-crochet de TF1 est détourné, "The Voice" devient "Oui je vote", et associé aux dates des élections, les 22 et 29 mars prochains. Le slogan interpelle son lecteur : "La plus belle voix, c'est forcément la votre". La dernière carte du gouvernement pour convaincre un électorat désabusé ?

Un clin d’œil en soutien d'une campagne officielle

À une semaine d'un scrutin mal engagé pour la majorité présidentielle et promis à une abstention massive, l'objectif de cette opération de communication est bien évidemment de surfer sur le succès du programme de TF1, très populaire auprès des jeunes notamment, pour inciter les Français à se rendre aux urnes. "On s'est servis de The Voice car c'est une émission très suivie, explique Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur. On voulait faire le rapprochement sur la thématique des voix. On s'est dit que ça pouvait buzzer. Mais il faut prendre ça comme un clin d’œil. Ce n'est évidemment pas le gros de la campagne qui a été déclinée bien avant sur les radios et le web", tempère l'ancien journaliste de France Télévisions. 

Cette opération de communication, coproduction du service d'information du gouvernement et du ministère de l'Intérieur, vient ponctuer une campagne officielle du ministère déclinée sur les principales radios de la bande FM et sur le web pour rappeler les enjeux des élections départementales, qui vont désigner les membres du conseil départemental de chaque canton de l'Hexagone. "Il s'agit d'une campagne d'incitation sérieuse et pédagogique qui insiste sur la réforme territoriale, le nouveau découpage cantonal et les enjeux du scrutin, explique le porte-parole de la place Beauvau. Ce travail de sensibilisation n'empêche pas de s'appuyer sur des actualités plus légères pour sortir de l'image institutionnelle des ministères".

Un nouveau type de communication institutionnelle

Avec plus de 900 retweets et une large couverture médiatique, l'opération n'est pas passée inaperçue et a été très largement commentée. Pas sûr, toutefois, qu'elle soit suffisante pour que les Français soient aussi assidus dans l'isoloir dimanche que devant leur télévision. Selon les derniers sondages, plus d'un électeur sur deux devrait s'abstenir. "Jusqu'au dernier moment, aucun effort n'est vain, se défend Pierre-Henry Brandet. C'est notre rôle d'expliquer les enjeux, de dire pourquoi il faut aller voter. C'est une chance et un droit, il faut l'exercer", martèle-t-il. 

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Quel que soit le résultat, les communicants du gouvernement ne devraient pas renoncer à ce type de communications décalées pour vanter l'action de la majorité. Une stratégie initiée ces dernières semaines avec des références à Star WarsHouse of Cards ou au mondial du tatouage pour défendre, ça et là, la liberté de la presse ou le made in France. "Il faut s'adapter et ne pas s'exonérer de ce type de communication. Surtout quand elle est utilisée à bon escient sur des choses et des sujets bien ciblés. Quand le message est clair et le support clairement identifié, ça peut donner quelque chose de percutant", estime Pierre-Henry Brandet.

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