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Élections départementales 2015 : Valls dans les starting-blocks

À une semaine des départementales, le Premier ministre intensifie sa campagne avec le même mot d'ordre : combattre le FN.

Manuel Valls à Yffiniac (Côtes d'Armor), lors de la campagne pour les élections départementales (le 13 mars 2015)
Manuel Valls à Yffiniac (Côtes d'Armor), lors de la campagne pour les élections départementales (le 13 mars 2015) Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
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Alors que le coup d'envoi des élections départementales se rapproche à grand pas, Manuel Valls sort l'artillerie lourde. Cinq meetings en autant de soirées, le Premier ministre accélère la semaine prochaine son tour de France, avec l'idée de poursuivre inlassablement son offensive contre le Front national, malgré des critiques.

Dans un échange musclé la semaine dernière à l'Assemblée avec la jeune députée FN Marion Maréchal-Le Pen, le Premier ministre avait promis de mener "jusqu'au bout" sa campagne de "stigmatisation"du parti lepéniste et de sa "mascarade". Cette stratégie, qui a vu Manuel Valls s'en prendre à l'extrême droite jusqu'en Pologne où il faisait un déplacement, devrait d'ailleurs se poursuivre après les départementales, glisse-t-on dans son entourage.

Le Pas-de-Calais, un département stratégique

Avec cinq meetings à son actif (Aude, Ille-et-Vilaine, Haute-Vienne, Oise et Côtes d'Armor), le Premier ministre sera lundi dans son fief de l'Essonne, à Évry, où l'ex-député frondeur Jérôme Guedj va devoir batailler pour garder son conseil général à gauche. Le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, mais aussi la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Emmanuelle Cosse seront présents, alors que l'exécutif discute d'un éventuel retour de ministres écologistes au gouvernement. Le même soir, Nicolas Sarkozy sera aussi en meeting dans l'Essonne, à Longjumeau.

Mardi soir, après des visites d'entreprises en Lorraine dans l'après-midi, la tournée se poursuit à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle) près de Nancy, nouvelle étape dans le "périurbain" ratissé par Manuel Valls depuis le début de la campagne. Le département, le seul en Lorraine contrôlé par la gauche, fait partie de ceux dont les résultats sont jugés les plus incertains.

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Mercredi, Manuel Valls sera à Carvin (Pas-de-Calais), avec le ministre de la Ville Patrick Kanner mais sans Martine Aubry, annoncée en meeting non loin de là à Denain (Nord). Le Premier ministre et la maire de Lille, qui a distillé quelques coups de griffe contre la politique du gouvernement ces derniers mois, auront toutefois l'occasion de se voir pour la signature du contrat de plan État-région du Nord-Pas-de-Calais dans la matinée, fait-on observer à Matignon. Dans un Pas-de-Calais fief de la gauche, la capacité du PS à tenir le département dépendra en grande partie de la performance du FN, qui devrait être au second tour dans beaucoup de cantons. La droite traditionnelle étant faible, un basculement au profit du parti de Martine Le Pen est jugé envisageable.

"En Corrèze c'est plié"

 Après son fief de l'Essonne, Manuel Valls sera jeudi dans celui du président Hollande, la Corrèze, pour un meeting à Tulle après s'être rendu en Haute-Vienne voisine début mars. Ancien bastion chiraquien arraché par François Hollande aux cantonales de 2008 et conservé de justesse encore en 2011, le conseil général corrézien est cette fois considéré par beaucoup comme d'ores et déjà perdu pour la gauche.

"En Corrèze, c'est plié", juge ainsi Vincent Brousse, historien et expert de la carte électorale limousine, d'autant que le FN ne présente opportunément pas de candidat dans plusieurs cantons, augmentant le risque de défaite socialiste, note-t-il.

Enfin, vendredi, Manuel Valls fera un dernier déplacement avant le premier tour en Ardèche et en Drôme, avec un meeting dans la soirée. Selon une note d'analyse de l'institut d'opinion CSA, l'Ardèche devrait basculer à droite, tandis que la gauche pourrait perdre la Drôme -où l'actuel président du Conseil général Didier Guillaume ne se représente pas- "en cas de forte vague bleue".

Une vingtaine de conseillers généraux en moins pour la gauche

Politologues et responsables socialistes en privé s'accordent à dire que la gauche devrait perdre au minimum 20 conseils généraux. "La probabilité c'est que le chiffre des 30 départements qui bascule soit atteint", juge Bernard Sananès (CSA) tandis qu'un scénario catastrophe verrait le nombre de pertes à gauche grimper à 40.

Manuel Valls, qui s'efforce de mobiliser l'électorat de gauche pour limiter le score d'un FN crédité de près de 30% des intentions de vote par plusieurs instituts, devrait également participer à "plusieurs" meetings entre les deux tours, selon Matignon.


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