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Élections départementales 2015 : "Manuel Valls en première ligne", décrypte Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Manuel Valls a décidé de jeter toutes ses forces dans la bataille des départementales. Pas vraiment raisonnable : la violence de ses propos est inversement proportionnelle à ce que disent les sondages.

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Départementales 2015 : "Manuel Valls en première ligne", décrypte Alba Ventura Crédit Image : Elodie Grégoire | Crédit Média : RTL | Date :
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L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura Journaliste RTL

Nous sommes engagés dans la dernière ligne droite avant le premier tour des élections départementales, organisé dimanche 22 mars. Manuel Valls a pas moins de cinq meetings inscrits à son agenda cette semaine. Preuve que le Premier ministre a décidé de jeter toutes ses forces dans la bataille.

Lorsque l'on a commencé à parler de la campagne des départementales au début du mois de février, les experts de la carte électorale au PS nous disaient gravement qu'ils allaient perdre environ 300 cantons. Trois semaines plus tard, c'était entre 300 et 500. La semaine dernière, dans les deniers calculs, on était entre 500 et 1.000 cantons perdus.

Il ne faut pas sous-estimer la part de dramatisation. Mais la crainte qui monte dans les états-majors socialistes, c'est de voir le PS rayé de la carte dans de nombreux cantons. Et surtout de le voir disparaître dès le premier tour dans plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de cantons.

L'engagement de Manuel Valls peut-il payer ? Ce sont ses amis socialistes qui en parlent le mieux.

L'offensive anti-FN ne marche pas

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L'offensive du chef du gouvernement est forte et sincère. Est-elle audible ? Ce n'est pas ce disent les sondages. Souvenons-nous qu'aux dernières élections européennes, il y a un peu moins d'un an, le FN a fait 25%. Aujourd'hui, tous les instituts de sondages donnent le parti de Marine Le Pen autour de 30%. Visiblement, on peut taper comme un sourd sur le Front national, ça ne lui porte pas préjudice.

C'est vrai que Manuel Valls a réussi à se faire entendre. Tout le monde en parle. Il a réussi à mettre le sujet du FN au centre du débat. Très bien. Mais est-ce que l'électeur de gauche déçu sera impressionné par ce discours ? Est-ce que l’électeur de gauche, s'il est encore un peu de gauche, ira même voter ?

La vérité, c'est qu'aujourd'hui le PS n'a aucun argument anti-FN

Alba Ventura
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Dans une interview à Ouest France, l'ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault - qui ne s'est toujours pas remis d'avoir été éjecté par Manuel Valls - a expliqué que c'était "une erreur" de stigmatiser comme cela le FN, et que c'était "une forme de faiblesse". Pour lui, la solution c'est de faire de la "pédagogie point par point" sur ce que font les spécialistes. On est au regret de dire à Jean-Marc Ayrault que cela ne marche pas non plus.

La vérité, c'est qu'aujourd'hui le PS n'a aucun argument anti-FN (tout comme l'UMP, d'ailleurs). Ce sont des socialistes qui le disent. Ils expliquent pourtant avoir demandé à leurs fédérations de faire remonter tous les tracts odieux du Front national, tous les dérapages des candidats de Marine Le Pen, pour compiler tout ça dans un petit document de campagne. Un petit document qui, pour l'instant, est comme un coup d'épée dans l'eau.

Manuel Valls face au spectre du "bougisme"

Mais alors, que cherche Manuel Valls ? Il veut que l'on voit en lui Saint-Georges chassant le dragon. Il veut être celui qui aura engagé la guerre contre le Front national. Une guerre qui sera longue, très longue. Quitte à perdre plusieurs batailles. Il a déjà perdu les européennes. Il va sûrement perdre les départementales. Pour ce qui est des régionales, ça ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices.

Manuel Valls veut être vu comme celui qui ne se planque pas, mais comme celui qui tient les positions, qui n'enjambe pas les élections. Il veut être vu comme celui qui nomme les choses, quitte à s'époumoner. Manuel Valls veut être celui qui aura réveillé les consciences, celui qui aura à la fois été résistant et combattant.

Après tout, c'est un combat politique. Il a raison de le mener. Attention toutefois à ne pas tomber dans la critique qu'il formulait à l'encontre de Nicolas Sarkozy, il y a quelques années. Manuel Valls disait de l'ancien Président que "son activisme s'était mué en 'bougisme'".

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