2 min de lecture Harcèlement

Denis Baupin accusé de harcèlement : un "DSK des Verts" cité dès 2013 dans un rapport universitaire

Les accusations pleuvent au lendemain des soupçons de harcèlement et d'agressions sexuelles de la part de Denis Baupin. Le parti EELV était-il au courant ?

Denis Baupin, le 13 mai 2014
Denis Baupin, le 13 mai 2014 Crédit : ISA HARSIN/SIPA
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Quelques heures après les accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement, Denis Baupin a démissionné de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale, lundi 9 mai. Selon des révélations faites par Mediapart et France Inter, le député de Paris est mis en cause par quatre élues écologistes, dont la porte-parole d'EELV, Sandrine Rousseau. Son témoignage porte sur des faits qui remontent à octobre 2011.

"À un moment donné, j'ai voulu faire une pause (…) Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine et a cherché à m'embrasser. Je l'ai repoussée violemment", raconte-t-elle. Denis Baupin est l'époux de la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse. Au micro de France Info, elle explique que "ce débat doit avoir lieu devant la justice (…) J'ai été touchée en tant que femme, en tant que compagne, en tant que mère et aussi en tant que ministre", raconte-t-elle

Des soupçons dès 2013

Dans un article publié par Libération, Jean-Sébastien Herpin, co-secrétaire régional d'EELV, explique que des rumeurs existaient depuis un certain temps. "En 2013, pour le congrès EELV de l'époque, je signais une contribution sur la base d'un texte. Je ne savais pas qui étaient mes co-signataires, on était venu me chercher. Quelques jours plus tard, un ami militant du Nord me lança cette apostrophe : 'Mais comment peux-tu signer avec un violeur ?' Lui savait, moi pas. Je trouvais la phrase violente, relevant peut-être de rumeurs exagérées, on ne peut concevoir l’inconcevable, surtout dans un parti féministe, moderne, égalitaire. J’étais en colère qu’on m’adresse cette accusation. Je ne savais pas, lui si. Cependant, je m’inquiétais, me renseignais en douce, de ci, de là et la 'rumeur' ne semblait plus en être une mais aucun nom ne m’était donné, aucune preuve".

Cet élu semble bénéficier d’une forme de bienveillance, qui n’est pas sans rappeler celle dont bénéficie Dominique Strauss-Kahn

Vanessa Jérôme, une politiste et spécialiste du parti
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Arrêt sur Images, repéré par Slate, raconte que Vanessa Jérôme, une politiste et spécialiste du parti, a étudié les questions de sexualité au sein du parti EELV, en 2013. Elle y évoquait "sans mentionner le nom de l'élu ou du dirigeant en question, un 'DSK des Verts'". "Les limites entre l’acceptable et l’inacceptable des violences ne semblent, chez Les Verts, pas plus claires ou plus simples qu’ailleurs (...) La charge de la preuve incombe, ici encore, aux victimes. Et elle ne peut être convoquée qu’après décision de justice. C’est ce qui ressort, selon nous, de la comparaison de deux 'affaires' chez Les Verts : celle, connue, médiatisée, jugée - et finalement pardonnée - de Stéphane Pocrain, et celle, citée par la rumeur mais jamais dénoncée, du harcèlement sexuel auquel se livrerait un élu depuis plusieurs années, et qui aurait même suscité l’intervention d’une dirigeante, proposant d’importantes sommes d’argent aux salariées du siège harcelées afin qu’elles ne déposent pas plainte. [...] Sorte de 'DSK des Verts', cet élu semble bénéficier d’une forme de bienveillance, qui n’est pas sans rappeler celle dont bénéficie Dominique Strauss-Kahn", peut-on lire.

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