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Démission de Hulot : le mariage raté entre l'écologiste et Macron

DÉCRYPTAGE - Nicolas Hulot avait fait son entrée dans le premier gouvernement du quinquennat d'Emmanuel Macron, le 17 mai 2017. Depuis, le ministre a démissionné de ses fonctions... sans même en informer le président de la République.

Nicolas Hulot et Emmanuel Macron, le 11 octobre 2017 à Paris Crédit : AFP / François Mori
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"En me nommant, le président de la République et le premier ministre n’ont pas choisi un magicien. J’hérite du ministère du temps long". Voici ce que déclarait Nicolas Hulot, après sa nomination au ministère de la Transition écologique et solidaire, en mai 2017.

Finalement, le temps aura joué contre l'écologiste qui a annoncé son départ du gouvernement d'Édouard Philippe après quinze mois d'exercice, ce mardi 28 août. "C'est une décision d'honnêteté et de responsabilité", a-t-il annoncé sur France inter, tout en précisant ne pas avoir informé Emmanuel Macron et le premier ministre de sa décision. 

Une méthode qui manque de "courtoisie"selon Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. "La plus élémentaire des courtoisies aurait été effectivement de prévenir le président de la République et le Premier ministre", a-t-il ajouté. 

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Une arrivée en fanfare au gouvernement

Avec l'arrivée au gouvernement de Nicolas Hulot, Emmanuel Macron avait réussi une chose jusque-là impossible pour ses prédécesseurs. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient multiplié les mains tendues à destination de l'écologiste, mais sans succès. La décision de Nicolas Hulot était d'autant plus forte et symbolique que le candidat malheureux à la primaire écologiste lors de la présidentielle de 2012 n'avait apporté son soutien à aucun candidat lors du scrutin de 2017.

"Je veux convaincre que l’on peut faire de la contrainte écologique une magnifique opportunité, expliquait le ministre fraîchement nommé. J’ai l’espoir que l’on puisse sortir du théâtre des apparences et en finir avec nos sempiternelles divisions qui enlisent notre pays et le détournent en permanence de l’essentiel". Sur son engagement politique et au sein de l'exécutif, il ajoutait : "Être ministre est aussi une façon d’aller au bout de mon engagement, de me dire que pour ce combat, qui est celui d’une vie, j’aurai tout essayé".

Tout était donc bien parti pour Nicolas Hulot et Emmanuel Macron. Le président de la République s'était affiché comme un chef d'État axé sur l'écologie en répondant à Donald Trump "Make Our Planet Great Again", dès le 2 juin 2017. 

Des rétropédalages et des déceptions

Mais la relation entre le président de la République et son ministre de l'Écologie s'est peu à peu dégradée. Nicolas Hulot avait dû avaler bien des décisions contraires à ses convictions, au delà de certaines victoires symboliques comme l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Il avait notamment dû endosser le report de l'objectif consistant à ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025. Les ONG de défense de l'environnement dénoncent une victoire du lobby nucléaire et une "reculade" du ministre, certaines doutant de l'utilité de sa présence au gouvernement

Cet événement n'est pas isolé. Le ministre de l'Écologie a du faire face seul à l'entrée en vigueur provisoire de l'accord de libre échange UE-Canada (Ceta). Et dernier élément en date, l'Élysée avait annoncé que le prix du permis de chasse serait diminué par deux, passant de 400 à 200 euros par an. 

La perpétuelle menace du départ

Cette accumulation de reculades et de projets avortés avaient poussé Nicolas Hulot à mettre sa démission dans la balance des négociations. Et pour cause, Jean-Luc Mélenchon ne voyait guère l'alliance Hulot-Macron fonctionner. Lors de la nomination de l'écologiste, il avait assuré que "dans six mois, il s'en va". 

Pourquoi ? "Monsieur Hulot est un écologiste, ce qui n'est pas le cas du Premier ministre qui est un nucléariste, ce n'est pas le cas de la plupart des ministres qui sont là-dedans et qui ne comprennent à peu près rien aux enjeux du changement climatique et du reste", avait ajouté l'ex-candidat à la présidentielle.

En novembre 2017, le ministre laisse sous-entendre un possible départ, en fonction de l'issu de Notre-Dame-des-Landes. À l'antenne de RTL, il avait indiqué : "On verra à ce moment-là quelle sera ma décision. Je ne veux pas émettre la moindre opinion, car je suis accusé d’intervenir dans la médiation indépendante qui est en cours.  On verra ce qu'il se passe en décembre. La médiation travaille en toute liberté". Depuis, Nicolas Hulot n'aura cessé de poser ces ultimatum à Emmanuel Macron. Désormais, la question est tranchée.

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Nicolas Hulot "ne veut pas émettre la moindre opinion" sur le dossier Notre-Dame-des-Landes Crédit Image : RTLnet | Crédit Média : RTLnet | Date :
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2018-08-28 11:32:00
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