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Démission de Copé : la ligne politique, nouveau casse-tête pour l'UMP

DÉCRYPTAGE - Copé et la direction du parti débarqués, la question de la ligne politique de l'UMP revient à la surface. Elle sera tranchée lors du congrès extraordinaire à l'automne prochain.

Photo d'illustration du siège de l'UMP prise le 19 novembre 2012.
Photo d'illustration du siège de l'UMP prise le 19 novembre 2012. Crédit : AFP / /MIGUEL MEDINA
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

La terre a tremblé dans les locaux de l'UMP ce mardi 27 mai au matin. Sur fond d'affaire Bygmalion, qui serait finalement celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, et au sortir de la défaite aux européennes, un bureau politique aux allures de baroud d'honneur a sonné le glas de la direction du parti.

Acculé par les principaux cadres de la rue de Vaugirard, Jean-François Copé a jeté l'éponge et accepté de donner sa démission. Il rendra la direction de l'UMP le 15 juin prochain. Dans son sillage, la direction ultra collégiale du parti - et sa pléiade de vice-présidents - passe également la main. 

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En attendant, la présidence est confiée provisoirement au triumvirat Fillon-Juppé-Raffarin. Charge aux trois anciens Premiers ministres de pacifier le parti pour préparer le congrès extraordinaire de l'automne prochain. C'est là que sera décidé le renouvellement de l'équipe dirigeante. Voilà pour la gouvernance. Mais à l'instar du député UMP des Yvelines Jean-Frédéric Poisson, beaucoup s'interrogent désormais sur la future ligne politique de l'UMP.

Une synthèse impossible ?

C'est l'autre enjeu qui se présente à cette direction tricéphale intérimaire. "Nous devons permettre aux militants de débattre sereinement de notre ligne politique", a écrit François Fillon sur son site internet. Embourbée depuis deux ans dans une crise de leadership, l'UMP ne s'est jamais défait du climat de défiance qui règne en son sein depuis le psychodrame qui a entouré l'élection de son président en novembre 2012.

Après la défaite de Sarkozy en 2012, aucune autorité n'est parvenue à faire la synthèse entre les ailes modérées et radicales du parti. Entaché dans sa légitimité par les circonstances de l'élection qui l'a mené à la tête de l'UMP, Jean-François Copé n'a jamais réussi à enrayer la dispersion des différents courants rue de Vaugirard. 

Sous sa présidence, les divisions se sont accrues entre les tenants de la droite forte des (ex) copéistes Geoffroy Didier et Guillaume Peltier, les défenseurs d'une alliance avec le centre ou encore la voix souverainiste exprimée par Henri Guaino lors de la campagne pour les européennes. Une synthèse d'autant plus compliquée que l'hypothèse du retour de Nicolas Sarkozy - qui semble la seule permettant de concilier ces idéologies sous l'étendard de l'homme providentiel - a pris du plomb dans l'aile avec les révélations de l'avocat de Bygmalion"Il est disqualifié", assure même Marine Le Pen.

La tentation du retour au centre

En vue du nouveau vote prévu cet automne, de nombreuses voix se sont élevées ces dernières heures pour plaider en faveur d'un retour à l'ADN originel de l'UMP. Fondé en 2002, le parti est en effet né pour fédérer la droite gaulliste et libérale et le centre en vue de la réélection du président Chirac. Une dizaine d'années plus tard, il n'a pas su empêcher la sécession de l'UDI et la constitution à l'Assemblée d'un groupe commun avec le MoDem. "Nous n'avons pas tout essayé pour rassembler la droite et le centre malgré la montée des extrémistes que chacun pouvait pressentir", a ainsi regretté François Fillon sur son site internet.

Alain Juppé s'est montré plus vindicatif ce mardi. Le nouveau co-président intérimaire de l'UMP a fixé ses règles en vue de "clarifier la ligne politique" du parti. "Notre refus est clair : nous ne voulons pas de la France rétrograde barricadée dans ses frontières que propose le Front national", a-t-il martelé. La veille, le favori des sondages à droite pour l'échéance de 2017 avait déjà défendu un rapprochement avec le centre pour mettre la droite "en situation d'incarner demain une alternance crédible" en revenant à "l'esprit originel" de l'UMP.

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Appelé à jouer les pompiers de service, Jean-Pierre Raffarin s'est également dit favorable "à une initiative structurelle avec le centre" sur son compte Twitter. Parmi les premiers à lancer les hostilités contre Jean-François Copé lors du bureau politique ce mardi, l'ex-candidate à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet a également soutenu l'option du retour aux sources, pour l'instant exclue par le patron des députés UDI.

La Droite forte en embuscade

Mais nul doute que Geoffroy Didier et Guillaume Peltier - un proche de Bastien Millot, co-fondateur de Bygmalion qui parraine sa société de communication dans le Loire-et-Cher - vont tenter de faire fructifier l'excellent résultat obtenu par leur motion lors de l'élection pour la présidence de l'UMP. La Droite forte, leur mouvement décomplexé de jeunes sarkozystes pro-Copé, était arrivée largement en tête (28%) du vote des adhérents.

Le nom de leur mouvement est un clin d’œil au slogan présidentiel "La France forte" de Nicolas Sarkozy en 2012. Mais certaines de leurs propositions musclées sur l'immigration et l'Islam vont plus loin que celles du président-candidat lors de sa campagne "droitisée" par Patrick Buisson.

S'ils se font discrets depuis le grand déballage de l'avocat de Bygmalion, la tentation est grande pour ces partisans d'une droite patriote de chasser sur les terres du Front national, en progression constante dans les urnes. Sitôt la démission de Jean-François Copé prononcée, Geoffroy Didier a ainsi affiché sa détermination à peser sur le congrès d'octobre prochain.

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2014-05-27 19:03:00
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