3 min de lecture Réforme constitutionnelle

Déchéance de nationalité : "Le 'oui, mais' de Sarkozy à Hollande", analyse Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - La journaliste nous explique comment la droite s'est sortie, ou essaie d'échapper au piège de la déchéance de nationalité tendu par François Hollande.

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Déchéance de nationalité : "Le 'oui, mais' de Sarkozy à Hollande", analyse Alba Ventura Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

Mercredi 6 janvier, les Républicains ont finalement dit "oui" à une large majorité à la déchéance de nationalité voulue par François Hollande. C'était la position de Nicolas Sarkozy. Lors du bureau politique de son parti, l'ancien chef de l'État a lancé, pour se justifier : "Voter la déchéance c'est mettre le bordel à gauche ; ne pas la voter c'est mettre le bordel à droite". Cela montre que l'on est bien dans une position un peu mi-chèvre, mi-chou. En réalité, Nicolas Sarkozy n'avait pas le choix, c'était la moins mauvaise des solutions pour lui. Il ne pouvait pas refuser.

D'abord François Hollande est venu le chercher sur son terrain. Dans la ferveur de l'unité nationale post-attentats, le Président avait voulu montrer qu'il était capable de s'ouvrir aux propositions de droite. Évidemment, personne n'était dupe de l'opération de comm' destinée à piéger Nicolas Sarkozy et la droite. Par ailleurs, pour l'ancien chef de l'État qui, souvenez-vous, avait fait de la déchéance de nationalité sa marque de fabrique au moment du discours de Grenoble en juillet 2010, il n'était pas possible de dire "non".

C'est donc sa position, mais Nicolas Sarkozy ne le fait pas vraiment de gaieté de cœur. Cela ne l'amuse pas de faire ce cadeau à François Hollande. En même temps, le président des Républicains est un tacticien. C'est cela qu'il dit "oui, mais". Il veut que la déchéance concerne les délits et pas seulement les crimes. Il veut que la déchéance prenne effet au prononcé de la peine et pas à l'issue de la peine, et qu'elle soit suivie d'une expulsion du territoire. Il veut que l'on ne se contente pas d'inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution, mais qu'il y ait une loi d'application. Nicolas Sarkozy a mis quelques bémols. Mais d'une certaine manière il était un peu "ligoté" dans cette affaire.

Ça sent la tactique à plein nez

La déchéance de nationalité, c'est fait ? Non, parce qu'à gauche on n'est pas parti pour la voter unanimement. Mercredi, un proche de François Hollande faisait les comptes : le Président Hollande a beau avoir toute la droite, il n'a même pas un tiers de la gauche. Et ça ne risque pas de s'arranger après les propos de Manuel Valls qui refuse d'étendre la déchéance de nationalité à tous les Français, sous peine de créer des apatrides. C'est ce que réclament une partie des socialistes et des Verts.

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Ce qui est terrible dans cette affaire, c'est que cela sent la tactique à plein nez, à droite comme à gauche. Nicolas Sarkozy voulait la déchéance en 2010 ; il ne l'a pas mise en place. Hollande l'annonce sous le coup de l'émotion ; il ne sait plus comment la mettre en place. Tout cela pour une mesure symbolique, inefficace en fait pour lutter contre le terrorisme. Avec ce drôle de paradoxe pour François Hollande : il a ficelé la droite qui n'avait pas le choix, mais il a réussi à mettre une sacrée pagaille à gauche. Dans le genre arroseur arrosé, difficile de faire mieux !

Le carnet du jour

Une belle vacherie contre François Fillon, candidat à la primaire des Républicains. Tant du côté de Nicolas Sarkozy que du côté d'Alain Juppé, certains avancent que l'ancien premier ministre n'ira pas jusqu'au bout. L''un d'entre eux fait même ce pari : "Fillon, il finira président de l'Assemblée, s'il arrive à se faire réélire député". Bonne année quand même à François Fillon.

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