2 min de lecture Parti socialiste

Déchéance de nationalité : Julien Dray dénonce un "risque de rupture avec la gauche militante"

Le socialiste proche de François Hollande affirme qu'il ne s'"explique pas" la décision du chef de l'État.

Julien Dray au "Grand Journal", le 9 septembre 2009
Julien Dray au "Grand Journal", le 9 septembre 2009 Crédit : AFP / LIONEL BONAVENTURE
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Depuis le discours de François Hollande devant le Congrès le 16 novembre, l'idée de déchoir de leur nationalité les binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme divise, jusqu'aux proches de François Hollande. Dimanche 27 décembre, c'est au tour de Julien Dray de dénoncer cette mesure qui risque selon lui de créer une "rupture avec la gauche militante".

"Cette mesure me semble ouvrir une polémique et des divisions inutiles dans le moment actuel", a ajouté le conseiller régional d'Île-de-France. D'autant que pour le fondateur de SOS-Racisme, "tout le monde sait qu’elle n’est d’aucune efficacité, même symbolique, contre le terrorisme", dit-il dans le Journal du Dimanche (JDD).

Au-delà des querelles au sein de la gauche, il pointe un risque pour les démocraties, qui doivent "toujours rester elles-mêmes et se garder de légiférer à chaud" face au terrorisme. La mesure a été annoncée trois jours après les attentats de Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts et de nombreux blessés. "Une démocratie adulte, c’est une démocratie où l’on sait se rendre compte à temps qu’une décision est une fausse bonne idée, et qu’elle va créer plus de problèmes qu’apporter de solutions", dit-il encore.

De nombreuses personnalités de gauche ont déjà dit "non"

L'ex-ministre Benoît Hamon, porte-voix de l'aile gauche du PS, a annoncé pour sa part dans le JDD, qu'il votera contre cette proposition, "que ce soit par référendum ou au Congrès". "Ma conscience m’indique que nous cédons sur l’essentiel, sur ce qui faisait la force de la République française, son message universel, affirmer l’égalité des citoyens quelle que soit leur origine". Benoît Hamon craint que la mesure provoque "un schisme dans le peuple de gauche mais aussi dans la communauté nationale", avec une division au sein des citoyens français de naissance, entre ceux qui sont binationaux et ceux qui ne le sont pas. 

Ma conscience m’indique que nous cédons sur l’essentiel, sur ce qui faisait la force de la République française, son message universel, affirmer l’égalité des citoyens quelle que soit leur origine.

Benoît Hamon
Partager la citation
À lire aussi
Le président de la République Emmanuel Macron (illustration) élections municipales
Municipales 2020 : "Il n'y a pas de macronisme local", pour Olivier Bost

D'autres membres du PS se sont positionnés contre. L'un des vice-présidents du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Marie Darmian, a annoncé qu'il se mettait "en retrait" du parti, à la suite du maintien de la déchéance de nationalité dans le projet de révision de la Constitution. La maire de Lille, Martine Aubry, a dénoncé jeudi 24 décembre "une remise en cause du droit du sol" et une idée "portée depuis longtemps par le Front national".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Parti socialiste Parti socialiste Terrorisme
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants