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Daniel Cohn-Bendit : "Europe-Ecologie, c'est encore une équipe de championnat amateur !"

Le leader d'Europe-Ecologie était le deuxième invité de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Daniel Cohn-bendit dans "Libération" de ce jour un nouvel "appel du 22 mars" pour créer une "coopérative politique" qui aura vocation à aider sa formation à passer le cap.

Jean-Michel Aphatie

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Jean Michel Aphatie : Bonjour, Daniel Cohn-Bendit.

Daniel Cohn-Bendit : Bonjour.

Vous lancez aujourd'hui un appel dans le journal "Libération", pour refonder le mouvement écologiste en France. Alors on ne comprend pas très bien parce qu'Europe-Ecologie a plutôt réussi dans ces élections, même si ça n'est pas, peut-être, le score que vous aviez espéré. Et puis il y a aussi les Verts qui existent. Voilà, c'est un parti politique qui est présent. Alors qu'est-ce que vous voulez faire exactement ?

Ecoutez, Europe-Ecologie c'est une famille écologiste recomposée. Et pendant deux ans, on a vécu ensemble, on a eu de beaux succès, on a ancré l'écologie politique ou remis l'écologie politique en selle dans le paysage politique français. Mais le fonctionnement, maintenant, n'est pas à la hauteur.

Il n'est pas satisfaisant, d'après vous ?

Non, ce n'est pas ça. On est organisé comme une équipe de championnat amateur. Et maintenant, on nous dit : "Vous allez jouer en première division pour jouer en ligue des champions". Ca ne peut pas marcher...

Ils vont être contents, les Verts d'entendre ça !...

Mais le problème, c'est qu'ils le savent aussi. Ce n'est pas "les Verts" d'ailleurs. Vous allez voir qu'il y a beaucoup de contributions, il y a beaucoup de militants Verts qui pensent la même chose. Si on veut être à la hauteur des espoirs. On dit toujours "à Copenhague, les chefs de gouvernement ne sont pas capables de résoudre leurs problèmes. Leurs petits intérêts". Si nous, nos petits intérêts d'organisation...

Je veux dire les Verts c'est quand même pas une grande organisation. Ils ont vraiment historiquement réussi à maintenir l'écologie politique dans l'espace politique, mais aujourd'hui, ensemble, nous devons nous dépasser ensemble, c'est-à-dire pour être à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés.

Aujourd'hui, Europe-Ecologie, c'est le parti Vert d'un côté, plus des personnalités issues de la société civile qui font l'écologie, c'est un peu ça ?

Oui, un nombre, quand même : aux Européennes c'était plus de 18.000 personnes qui ont signé notre appel, donc des milliers de militants qui, justement, n'ont pas d'espace pour s'organiser, pour être dedans. Et je crois que c'est ça : nous voulons récupérer maintenant : que tous les militants se prennent en charge et prennent l'écologie politique en charge.

Je vous ai entendu hier soir, Daniel Cohn-Bendit, assez sévère avec les Verts. Vous disiez par exemple : "On a négocié trois vices-présidents dans les régions pour les écologistes, notamment pour satisfaire trois tendances des Verts".

Oui, ça c'est un problème des organisations politiques à droite comme à gauche. Et je voudrais en finir avec ça. Moi, je suis pour qu'il y ait cinq vices-présidents d'une tendance. Si ce sont les bonnes personnes, et qu'elles sont capables pour ces vices-présidences ça ne pose aucun problème. Mais si l'on met des gens à des postes simplement parce qu'ils font partie d'une tendance et non pas en fonction de leurs qualités, c'est la politique comme on n'en veut plus. C'est la politique que nous dénonçons. Nous disons : "nous voulons faire de la politique autrement". Eh bien appliquons-nous cet "autrement" à nous-mêmes.

C'est une démarche personnelle Daniel Cohn-Bendit ? Ou par exemple Cécile Duflot des Verts vous soutient dans cette démarche ?

Une partie. Il y a beaucoup de militants à l'intérieur des Verts - ce n'est pas Verts et non Verts qui me soutiennent : Cécile Duflot et ses petits. Moi je crois que Cécile Duflot est une des personnes qui représentent l'avenir de l'écologie en France. Il y a deux personnes que je vois qui peuvent être les porte-parole, ils devraient le faire ensemble : c'est Cécile Duflot et Yannick Jadot. Ce sont ces deux nouvelles personnalités politiques qui ont l'envergure et la capacité, justement, de représenter l'écologie politique.

Yannick Jadot, vous pouvez préciser pour ceux qui nous écoutent ?

Il était l'ancien directeur de campagne de Greenpeace, député européen aujourd'hui. Et je crois que donc ce qu'il faut c'est justement avoir une structure où de nouvelles personnalités puissent émerger. On ne va pas continuer indéfiniment avec Daniel Cohn-Bendit. Ca commence à devenir lassant.

Vous appelez cela la "coopérative", Daniel Cohn-Bendit. On a l'impression - on se trompe peut-être - que ça va être un épisode un peu cafouilleux et qu'il va y avoir beaucoup de divisions dans le courant écologiste ?

C'est un épisode de discussion. Alors "cafouilleux" ça peut l'être, oui, c'est un des risques. Mais vous savez, la situation actuelle d'Europe-Ecologie est très cafouilleuse. On a bien maîtrisé les régionales, mais à l'intérieur ce n'était pas aussi clair et net que ça l'apparaissait à l'extérieur. Donc je crois que nous avons besoin, tous aujourd'hui, de nous remettre en question.

Pour aborder dans de bonnes conditions la prochaine échéance de politique française qu'est l'élection présidentielle de 2012 ?

Qui va décider de la stratégie de l'écologie politique pour 2012 ? Participation ou non aux primaires, aux présidentielles, comment arriver à des négociations pour avoir des élus à l'Assemblée, parce que même si la gauche gagne, il y a des ministres écologistes, s'il n'y a pas un groupe écologistes, ça ne va pas marcher. Donc, voilà. Moi ce que je veux, et tous ceux qui disent "ce n'est pas comme ça qu'il faut faire mais autrement" qu'ils me disent comment Europe Ecologie, en tant qu'Europe-Ecologie, décide des stratégies pour 2012 et après.

Le courant écologiste que vous représentez, que vous incarnez, Daniel Cohn-Bendit, peut-il ne pas avoir de candidat lors de l'élection présidentielle de 2012 ?

Disons que ça, c'est une des positions que j'ai défendues si les militants d'Europe-Ecologie recomposée décident autrement, j'accepte. Si c'est un parti, que ce soit les Verts ou que ce soit Cap 21, ou que je sois à l'intérieur, qui décide et qui dise " de toute façon, nous on décidera pour nous-mêmes" c'est la fin de ce rassemblement Europe-Ecologie.
Moi, je veux qu'Europe-Ecologie décide collectivement, et après, moi, je défendrais une position. Le plus important c'est un groupe à l'Assemblée nationale.

Vous, vous ne sera pas candidat à l'élection présidentielle. Vous l'avez dit mille fois et l'on vous pose chaque fois la question, et ça n'a pas changé ?

Et ça n'a pas changé.

Vous ne serez pas candidat ?

Je ne serai pas candidat à l'élection présidentielle, je ne participerai pas aux primaires et, je ne serai plus candidat sauf un candidat qui ne gagnera jamais : à la présidence du Parlement européen. Sinon, voilà : c'est fini pour moi et les candidatures.

Nous sommes le 22 mars 2010. Ceux qui connaissent l'Histoire  savent que le 22 mars 1968, vous avez lancé un appel qui a eu un certain succès. Vous croyez que celui du 22 mars 2010 aura un succès similaire ?

Ecoutez. Ce n'est pas moi qui ait mis le deuxième tour des Régionales le 21  mars. Mais j'espère avec un clin d'œil à l'Histoire, qu'on va faire bouger l'Histoire autant qu'on a réussi il y a quelques années.

Daniel Cohn-Bendit, qui veut lancer la "coopérative". C'est original.

Pour RTL, c'est original. On va faire de RTL une coopérative !...              


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