1 min de lecture Corinne Lepage

VIDEO - Corinne Lepage : "C'est une folie de continuer Fessenheim !"

VIDEO - L'eurodéputée, ancien ministre de l'Environnement, et candidate du mouvement Cap 21 à l'élection présidentielle, répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie.

Corinne Lepage sur RTL le 10 février 2012
Corinne Lepage sur RTL le 10 février 2012 Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Colas Bedoy

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Corinne Lepage.

Corinne Lepage : Bonjour, Jean-Michel Aphatie. Bonjour à toutes et à tous.

Vous voulez être candidate à l'élection présidentielle. Le pourrez-vous ?

J'espère bien !

Ca tient au parrainage, bien sûr. Vous en êtes où ?

Ca tient au parrainage et à la question qui est posée aussi au Conseil Constitutionnel, et qui sera tranchée la semaine prochaine...

... La semaine prochaine, jeudi 16. Vous serez auditionnée vous-même par le Conseil Constitutionnel ...

... J'ai déposé un recours en intervention...

... Puisque vous vous associez au recours de Marine Le Pen pour demander l'anonymat des parrainages.

Je ne m'associe pas directement ; j'ai fait un recours en intervention. La question posée est une question démocratique de première grandeur puisqu'on parle de référendum, Jean-Michel Aphatie.

Vous en êtes où dans les parrainages, Corinne Lepage ?

J'avance, mais je voudrais répondre à...

... Pas de chiffre ?

Autour de 400 ;  mais je n'y suis pas. Je suis tout à fait honnête avec vous. La question posée est très intéressante et elle n'est posée que par moi sur ce sujet-là. Savez-vous qu'en 1962, c'est le peuple français qui a décidé par référendum, que les parrainages seraient anonymes.

Du moins, il a décidé de la réforme...

... Non, c'est dedans.

... Instituant l'élection présidentielle au suffrage universel. Je ne suis pas sûr que l'anonymat des parrainages à cette époque ait été repéré par le peuple français.

Si, si, Jean-Michel Aphatie... C'est possible, mais c'est dans la loi référendaire.

Bien sûr !

De même que le Conseil Economique et Social, c'est-à-dire la société civile, pouvait donner des parrainages, tout ça a été supprimé en 1976 par une simple loi. Une des questions posées, c'est : est-ce que les partis politiques ont le droit de défaire ce que le peuple français a décidé par référendum. C'est une des questions qui sera posée au Conseil Constitutionnel ; elle n'est pas sans intérêt.

Réponse : la semaine prochaine. Donc, vous cherchez vos parrainages actuellement, vous ne les avez pas encore,  vous nous l'avez dit...

... Je ne suis pas seule dans ce cas.

On a noté ça. Vous avez vu l'interview sans doute, hier, de Nicolas Sarkozy, du moins, elle est rendue publique, hier, sur les valeurs. Le Président dit : "Les chômeurs en formation, qu'en faire ? Il faudrait les obliger à prendre un emploi après leur formation, et peut-être faire un référendum sur la question". Que pensez-vous de la proposition de Nicolas Sarkozy, Corinne Lepage ?

Eh bien je vais vous dire, moi je suis un grand partisan du référendum, notamment d'initiative citoyenne que Nicolas Sarkozy avait promis et n'a pas fait.

C'est dans la Constitution, mais les lois qui doivent l'appliquer ne suivent pas.

Sauf que la loi organique n'est jamais sortie. Donc, on voit son grand attachement au référendum. Je suis pour le référendum mais certainement pas sur cette question-là parce que c'est une question très technique. S'il y a des questions à poser par référendum, à mon avis on pourrait commencer par le nucléaire, ce serait une bonne question.

Et vous répondriez quoi ? Sortir du nucléaire ? Vous répondriez quoi ? Un référendum, Corinne Lepage ?

Eh bien, je répondrais qu'à terme, et dès lors qu'on aura les énergies qu'il faut et l'industrie qui va avec, et les emplois qui vont avec, et on sortira du Nucléaire qui est une énergie du passé, Jean-Michel Aphatie.

Donc, ce n'est pas demain alors qu'on en sortira s'il faut avoir une énergie de remplacement, 20, 30 ou 50, oui.

Dans 20 ou 30 ans, dans une trentaine d'années, oui. Je le pense.

Ou plus parce qu'il faudra faire des investissements importants. Il faudra faire...

... Non, je ne crois pas plus. Je ne crois pas plus parce que je suis opposée à ce que nous fassions de nouvelles centrales. Je défends l'idée d'une troisième Révolution industrielle qui nous permettrait comme le propose Jeremy Rifkin de développer réellement de nouvelles filières industrielles et de lier la question de l'Internet de l'Energie, c'est-à-dire des nouvelles technologies de l'information avec les énergies renouvelables comme le fait la Californie, comme le fait l'Allemagne, comme le font un certain nombre de pays qui sont plus avancés que nous dans ce domaine.

Je pense que c'est là la manière de sortir des difficultés économiques et d'emploi dans lesquelles nous sommes. C'est une des raisons pour lesquelles je suis pour une sortie du nucléaire.

"Ce serait une folie de sortir du nucléaire", a dit le Président, hier.

Oui, c'est ce que j'ai  bien entendu. C'est ce qu'il a dit. Moi je pense que c'est une folie de continuer Fessenheim. Je ne suis pas...

... Ca n'éclaire pas les citoyens tout ça.

Mais si... Je vais vous dire sur Fessenheim...
   
... Les gens qui connaissent disent : folie de sortir ou alors folie de rester.

Eh bien écoutez, alors beaucoup de gens sont fous sur Fessenheim parce que ça veut dire que la ville de Strasbourg est folle, que le Conseil régional est fou, que le Conseil général est fou, que tout le monde est fou là-bas. C'est très facile d'aller devant des salariés en leur disant : moi je suis là pour défendre leur emploi, ils l'auraient devant ceux qui fabriquaient l'amiante, il y a vingt ans, il aurait eu le même succès.

Ce que je peux vous dire parce que je suis ce dossier depuis 2006, donc ce n'est pas de l'opportunisme électoral, c'est qu'il y a un réel danger sur Fessenheim qui est une centrale ancienne, qui est une centrale qui n'a qu'une enceinte de confinement, c'est-à-dire que si ça saute, eh bien il n'y a pas du tout les mêmes protections que dans les autres centrales, qui est une centrale dans une zone sismique dans laquelle les bases de calcul sont inexacts parce que les choses ont changé en quatre ans et qui est soumise au double risque de l'inondation et du tremblement de terre. Tout ceci fait que cette centrale doit fermer. C'est une question différente de la question globale du nucléaire.

Du nucléaire.

Et je pense que c'est une folie, une grande responsabilité que de faire le choix que fait Nicolas Sarkozy.

C'est l'écologie qui vous a mené à la politique, le combat écologique qui vous a mené à la politique, Corinne Lepage. Il y a déjà une candidate de l'écologie, Eva Joly. Beaucoup de choses vous séparent d'elle ?

A votre avis, Jean-Michel Aphatie ?

Je vous pose la question.

Si vous demandez aux Français qui est une candidate légitime de l'environnement et de l'écologie politique dans cette campagne, vous pensez qu'ils vous répondront : Eva Joly ou Corinne Lepage ?

Eva Joly. Eh bien oui, puisqu'elle est représentante du parti écologiste.

Eh bien non, les sondages qui ont été faits montrent que ce n'est pas vrai.  Elle représente un parti écologiste qui est de plus en plus refermé sur lui-même, qui représente aujourd'hui 2%. Je vais vous dire, l'écologie, je veux bien qu'on dise : ce n'est pas le sujet prioritaire, sauf que l'écologie c'est une manière de parler de l'économie et de l'Emploi parce que ce sont les nouveaux métiers, les écotechnologistes, ce sont les grandes sources de développement de demain : c'est l'agriculture, c'est la santé, la prévention en matière de santé. 

Est-ce que vous trouvez normal, Jean-Michel Aphatie qu'il y ait aujourd'hui en France, 380.000 nouveaux cas de cancer tous les ans ? que 1% de nos gosses naisse avec des problèmes d'autisme et que l'on sache de plus en plus qu'il y a des liens, par exemple, entre les pesticides et les perturbateurs endocriniens, un certain nombre de maladies, et qu'on ne fasse rien. C'est des sujets qui intéressent tous les Français ; et je suis là pour que ces sujets...

Mais en période de crise, ce n'est pas facile de faire comprendre que changer de modèle économique, ça permettra ou ça évitera... Enfin, la question des emplois... La question de l'industrie sont posées.

Mais c'est déjà là. Aujourd'hui, comment est-ce que l'Allemagne  s'en sort aujourd'hui ? Bien sûr, par les machines outils mais aussi parce qu'un million de bâtiments, par exemple, sont devenus des centrales de production solaire. Nous avons eu froid, il y a quelques jours...

On a toujours froid !

Oui. Qu'est-ce qui nous a fourni notre électricité ? pour une partie, l'Allemagne. A partir de quoi s'il vous plaît ? A partir des centrales photovoltaïques. Donc, ce que je suis en train de dire, ce n'est pas pour demain, après-demain, dans quinze ans. C'est pour aujourd'hui, c'est aujourd'hui que ces emplois peuvent se développer en France.

L'Allemagne qui a dû rallumer quelques-uns de ses réacteurs parce qu'il fallait faire face à la demande.

Parce qu'elle exporte, oui.

On ne comprend pas toujours votre positionnement politique, Corinne Lepage. Vous avez dit ne pas souhaiter un second mandat de Nicolas Sarkozy. Vous avez annoncé aussi que vous ne vous rallieriez pas à François Bayrou et comme vous n'êtes pas de Gauche, on ne vous voit pas soutenir François Hollande. Alors vous êtes un peu toute seule dans la nature ?

Eh bien écoutez, vous le verrez au deuxième tour. Je ne souhaite pas un renouvellement du mandat de Nicolas Sarkozy et je dois vous dire que si j'avais le moindre doute vu ce que j'ai entendu hier, et ce qui est annoncé, je n'en aurais plus aucun. Voyez-vous, moi par exemple...

... Tout plutôt que Nicolas Sarkozy ?

Je ne suis pas "tout pour", mais voyez-vous, par exemple, le droit de mourir dans la dignité, moi c'est quelque chose que je soutiens depuis vingt ans. C'est pour moi quelque chose d'absolument essentiel. Ca fait partie des valeurs que je défends. Le fait de ne pas monter les gens les uns contre les autres et d'aller vers des solutions de consensus et de rassemblement, ça me paraît essentiel dans la République française. Tout ceci fait que ces valeurs ne sont pas mes valeurs ; et que dans ce combat, je ne peux pas d'une manière ou d'une autre, être à ses côtés. C'est impossible.

Corinne Lepage à la recherche de ses parrainages pour être candidate à l'élection présidentielle, était l'invitée de RTL. Bonne journée.
2012 et vous

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Corinne Lepage Jean-Michel Aphatie L'invité de RTL
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2012-02-10 09:17:00
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