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Congrès du Parti socialiste : les tractations pour prendre la tête du parti débutent

ÉCLAIRAGE - Le parti se lance dans une longue campagne afin que ses militants désignent leur prochain premier secrétaire.

Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis seront sur la même motion au congrès du PS
Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis seront sur la même motion au congrès du PS Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Le compte à rebours est lancé au Parti socialiste. Dans quatre mois, lors du congrès à Poitiers, les militants désigneront le premier secrétaire du parti. Depuis samedi 7 février, le dépôt des premiers textes est clôturé.

Comment se déroule l'élection du premier secrétaire

Chacune des 27 "contributions générales" présentées est soutenue par plusieurs élus socialistes qui prônent une ligne pour le parti et proposent diverses mesures. Les figures phares de la gauche, comme Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon se soumettent à l'exercice.

Seconde étape : de longues tractations vont débuter. Ces "pré-textes" vont être "fondus" dans des "motions" jusqu'au 11 avril prochain. Concrètement, des alliances vont se créer et des propositions phares vont émerger afin de pouvoir présenter des candidats aux militants, qui voteront pour le chef du parti. L'élection aura lieu le 21 mai 2015, selon le calendrier du parti. Le premier signataire de la motion arrivée en tête deviendra le premier secrétaire du parti.

Le soutien de Cambadélis au gouvernement

À ce stade, 78 premiers secrétaires fédéraux, sur une centaine, soutiennent le patron du Parti socialiste, qui espère faire venir à lui 70% des parlementaires. Il présentera d'ailleurs ses soutiens parlementaires mercredi 11 février.

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Après les attentats et la marche du 11 janvier, "le climat dans le PS a changé" et il y a un "état d'esprit et un rapport de force positifs", a assuré Jean-Christophe Cambadélis. Son texte est selon lui "équilibré", entre "soutien indéfectible au gouvernement et (...) demande d'inflexion". Il dresse un bilan contrasté de la première moitié du quinquennat, entre réussites et occasions manquées, concédant un certain "manque de lisibilité". 

Martine Aubry mise sur les acquis sociaux

Avec "Pour réussir", Martine Aubry présente une contribution dans laquelle elle appelle à s'engager "de manière claire" afin que François Hollande puisse réussir son quinquennat. L'ancienne ministre montre néanmoins une distance avec le gouvernement car elle le met en garde à propos de "la destruction des acquis sociaux".

Une inflexion de la politique économique pour Benoït Hamon

Du côté de l'aile gauche également, y aura-t-il une motion commune ? Chacun des deux courants ont déposé leur propre texte. Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann font partie des signataires de la contribution  "Maintenant la gauche". Ils font la promotion d'une autre politique de relance économique que celle actuellement en place, comme l'augmentation du Smic et une nouvelle loi bancaire.

De son côté, Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et des proches d'Arnaud Montenourg sont sur la contribution "Un monde d'avance". Ils rejoignent aussi les propositions de "Maintenant la gauche", en prônant une inflexion de la politique économique

"Les réformateurs de l'aile droite"

Pour peser, poser des jalons ou parfois tout simplement exister, d'autres ont apporté leur texte : les "réformateurs" de l'aile droite (Gérard Collomb, Pascal Terrasse), la sensibilité "Cohérence socialiste" (Karine Berger, Valérie Rabault, Yann Galut) ou encore Juliette Méadel, l'une des porte-parole du PS.

Un jeu d'alliances

Tactiquement, la question principale est celle de savoir si Jean-Christophe Cambadélis parviendra à rallier Martine Aubry, qui s'est démarquée avec une contribution à part, dans laquelle elle en appelle à une "société bienveillante" passant par un "choc d'égalité" ou encore le respect des acquis sociaux, travail du dimanche compris.

"Je ne vois dans ce que dit Martine Aubry qui soit le prétexte à ne pas se rassembler", a-t-il déclaré. L'intéressée, lors d'une conférence de presse commune en janvier ne s'était pas engagée. "Rien n'est automatique", répète le député "frondeur" Christian Paul, qui a signé le texte avec elle.

Comme il est possible de signer plusieurs contributions, la plupart se retrouvent aussi dans le texte des "frondeurs" de "Vive la gauche". Emmanuel Maurel, dont la motion était arrivée deuxième au congrès de 2012 et qui avait regretté que Benoît Hamon, alors ministre, se range du côté de la motion majoritaire, n'entend pas lui laisser le leadership. "Il va dire à Hamon 'tu te mets sur un strapontin, t'as pas de quoi avoir un fauteuil car tu es grillé' en participant aux gouvernements Ayrault puis Valls", ironise un député.

Le résultat des élections départementales jouera pour beaucoup pour la suite. Selon un fin connaisseur du parti, si le PS limite les dégâts, "le congrès se passera tout simplement". S'il subit une lourde défaite, il faudra s'attendre à davantage de remous.

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