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Congrès à Versailles : "Emmanuel Macron n'aura ni question, ni contradiction"

ÉDITO - Lundi 3 juillet devant tous les parlementaires, le chef de l'État devra dire vraiment ce qu'il doit faire, sans louvoyer.

Alba Ventura L'Edito politique Alba Ventura
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Congrès à Versailles : "Emmanuel Macron n'aura ni question, ni contradiction" Crédit Image : AFP / STEPHANE DE SAKUTIN | Crédit Média : RTLNET | Date :
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Olivier Bost
Olivier Bost
et Loïc Farge

Comme RTL vous le révélait dès le week-end dernier, Emmanuel Macron s'exprimera devant le Congrès à Versailles lundi 3 juillet. Le chef de l'État continue de "théâtraliser son pouvoir". Autant le dire franchement, tout cela c'est d'abord du grand spectacle. À Versailles, il y a le spectacle des grandes eaux avec les fontaines dans les jardins du roi. Et il y a le Congrès. C'est la même technique que lorsque Emmanuel Macron avait reçu Vladimir Poutine. Il veut un peu de dorure, beaucoup de solennité et de belles images, où il marche seul, avec tout le poids du pouvoir, dans sa démarche et dans son regard.

Là, il va y rajouter un discours devant 800 parlementaires. Cela va coûter plusieurs centaines de milliers d'euros. C'est le discours de l'union, comme aux États-Unis, teinté d'apparence monarchique. Bon après tout un Président-roi, les Français adorent ça. Mais attention : ils adorent aussi, à la fin, leur couper la tête.

Pas un discours sous la pression

Sauf que ce n'est pas le Président Macron qui a inventé cette formule du Congrès et du discours du président devant les parlementaires. Sans remonter à Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, c'est Nicolas Sarkozy qui avait, pour se re-présidentialiser (une obsession bien élyséenne), qui avait ré-instaurer cette possibilité dans la Constitution. Il en a usé une fois pour faire un discours que personne n'a retenu. C’était le 22 juin 2009. La date n’est pas entrée dans l'histoire politique du pays.

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François Hollande a été le deuxième à l'utiliser, dans des circonstances dramatiques. C'était après les attentats du 13 novembre, pour préserver la cohésion nationale. Pour ça, il avait repris une vieille idée d’extrême droite, la déchéance de nationalité pour les terroristes, sans jamais arriver à la faire adopter. Ce fut le début d'une longue fin de mandat catastrophique pour François Hollande.

Le 3 juillet, on attend d'Emmanuel Macron qu'il sorte de ses ambiguïtés

Olivier Bost
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Cette fois, le contexte est complètement différent. Emmanuel Macron ne fait pas un discours sous la pression. C'est tout le contraire. C'est le discours : "Voilà ce que je veux faire, c'est ce que les Français veulent, c'est ce que vous allez faire". Ce qui est bien avec Versailles, c'est qu'Emmanuel Macron n'aura ni question, ni contradiction. Depuis le début de son mandat, il n'a jamais répondu à une interview sur des questions franco-françaises.

Il a échappé aux affaires, au départ de François Bayrou et aux interrogations sur la réforme du Code du travail. Il n'y aura pas d'interview le 14 juillet. Donc toujours pas de questions. Emmanuel Macron, pour donner de l'écho à son intervention, fera bien quelques annonces, probablement sur la réduction du nombre de parlementaires ou sur la proportionnelle. Mais quelle que soit la hauteur que le Président voudra prendre lundi, il écrasera nécessairement le discours de politique générale, le lendemain, d'Édouard Philippe.

Sortir de la longue période de campagne

Mais le suspens de lundi n'est pas là. Il ne s'agit pas de mesurer le niveau d'humiliation de son premier ministre. L'enjeu de ce discours théâtralisé est de savoir si Emmanuel Macron va enfin sortir de cette très longue période de campagne. Pendant des mois, jusqu'aux législatives encore il y a quelques semaines, il n'a eu de cesse de vouloir séduire et la gauche, et le centre, et la droite. La limite, nous commençons déjà à la voir avec les premiers couacs au gouvernement.

Dans l'exercice du pouvoir, il est impossible de contenter tout le temps tout le monde. Ce que l'on attend lundi d'Emmanuel Macron, c'est qu'il sorte de ses ambiguïtés, qu'il dise vraiment ce qu'il veut faire, sans louvoyer, sortir des formules toutes faites comme "libérer les énergies". Si à Versailles nous pouvions en finir avec le roi du "En même temps", alors un Congrès aura servi pour la première fois à quelque chose.

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2017-06-29 08:15:00
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