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Comment les violences d'Aulnay-sous-Bois servent les lignes politiques des candidats

À quelques mois de l'élection présidentielle, les candidats multiplient les mesures sur le thème de la sécurité et de la police, depuis la violente interpellation de Théo.

Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron
Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
et AFP

L'affaire Théo prend une tournure politique. Vingt-huit personnes ont été interpellées pour violences urbaines mercredi 8 février au soir en Seine-Saint-Denis, dont une à Aulnay-sous-Bois. Ces interprétations interviennent après la violente interpellation de Théo. Le 2 février dernier, ce jeune homme de 22 ans dit avoir été victime d'un viol avec une matraque télescopique lors de son arrestation. Toujours hospitalisé en raison de graves blessures dans la zone rectale, il s'est vu prescrire 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT). 

À l'antenne de RTL ce jeudi 9 février, Cécile Duflot a souligné le fait que l'on avait "une police à bout de nerfs dans certains quartiers et une jeunesse à bout de patience". Elle dénonce aussi les "petites humiliations quotidiennes" qui "existent et ce n'est pas mettre en cause le travail des policiers, c'est mettre en cause ceux qui ne font pas bien leur travail parce qu'on les met dans des situations impossibles". L'approche de l'échéance électorale donne une résonance toute particulière aux propos des candidats qui réagissent à l'incident. Le 7 février dernier, François Hollande s'est rendu au chevet de Théo à l'hôpital.

Des propositions avancées par les candidats

Fidèles à leur ligne politique et à leur programme, les candidats à l'élection présidentielle se sont positionnés en condamnant ou non l'interpellation violente mais aussi en précisant certaines mesures de leur programme. 

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Emmanuel Macron a réagi en plaidant pour la création d'"une police de la sécurité quotidienne". "Il ne s'agit pas de ressusciter, 20 ans plus tard, la police de proximité créée par Jean-Pierre Chevènement. Le contexte a changé et la délinquance s'est transformée, explique-t-il avant d'ajouter que la police de sécurité quotidienne doit faire preuve de fermeté quand c'est nécessaire, parce que seule une police proche des gens a les moyens de faire comprendre son action, d'assurer la sécurité de tout un quartier et de faire reconnaître son autorité". 
François Fillon a indiqué que "ces individus ont commis des fautes et elles doivent être sanctionnées. Ça doit nous conduire (...) à montrer notre solidarité avec la police, et en même temps à être absolument intransigeants". Le candidat de la droite et du centre prône la mise en place d'"une chaîne pénale qui fonctionne" et "une simplification des procédures". Dans son programme, il ajoute qu'il accordera "12 milliards de plus pour la défense, la police, la justice et la gendarmerie".

Marine Le Pen a de son côté, déploré les "émeutes" qui se sont déroulés à Aulnay-sous-Bois après l'interpellation de Théo. "Il y a une information en cours (...) Je crois que la justice est saisie (...) Mon principe de base, c'est d'abord: je soutiens les forces de police et de gendarmerie, sauf démonstration par la justice qu'ils ont commis un délit ou un crime", a-t-elle déclaré sur LCI. Elle a ajouté : "Je pense qu'il ne faut pas les clouer au pilori. Quand il y a un problème, sur des dizaines de milliers d'arrestations qu'ils peuvent effectuer, alors la justice est saisie avec célérité et ils auront l'occasion de se défendre devant elle".

Jean-Luc Mélenchon a aussi pris la parole sur le sujet : "L'affaire Théo est le scandale de trop : la police doit être républicaine", a estimé La France Insoumise dans un communiqué, en exprimant son "soutien total à Théo et à sa famille (...) La formation des policiers doit être renforcée et sa durée prolongée, l'enseignement des droits fondamentaux des citoyens et la connaissance des actes relevant de la torture doivent être au cœur de la formation".

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2017-02-09 19:16:00
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