2 min de lecture Affaires

Comment les enquêteurs ont relié les Balkany aux villas de Saint-Martin et Marrakech

Le couple Balkany nie posséder deux villas, à Saint-Martin et Marrakech. Les derniers éléments de l'enquête révélés par "Libération" laissent apparaître un important faisceau d'indices.

Patrick et Isabelle Balkany en novembre 2014
Patrick et Isabelle Balkany en novembre 2014 Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Mis en examen pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale, Patrick Balkany pourrait voir son immunité parlementaire levée dans les prochains jours par l'Assemblée nationale. Le député-maire UMP de Levallois est soupçonné d'être, avec son épouse Isabelle, première adjointe à la mairie de Levallois, le véritable propriétaire de deux villas situées à Saint-Martin, aux Antilles, et à Marrakech, au Maroc. Le tout, à l'insu du fisc français. Après avoir nié pendant plusieurs années, Isabelle Balkany a finalement reconnu le 22 mai dernier devant les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire de Nanterre être la propriétaire de la villa antillaise depuis 1997. Dans son édition du 24 février, Libération révèle comment les enquêteurs ont obtenu ces aveux et les derniers éléments troublants quant à l'identité des propriétaires de la résidence marocaine.

Comment Isabelle Balkany a avoué pour Saint-Martin

L'élue des Hauts-de-Seine assure n'être qu'une simple locataire de la villa de Saint-Martin, occupée par le couple depuis 1995 et la défaite de Patrick aux municipales. Malgré de nombreux indices convergents, elle nie en bloc devant les enquêteurs. "Le contrat multirisque habitation au nom de Patrick Balkany ? "Je ne reconnais pas la signature de mon mari". Les trois employés de la maison rémunérés directement par eux ? "L'Urssaf s'est trompée". Un livre dédicacé par Nicolas Sarkozy ? "On a oublié ce livre lors de nos vacances", écrit ainsi Libération. L'épouse du maire de Levallois n'explique pas non plus l'adresse mail "patrick.balkany@wanadoo.fr à laquelle renvoie le propriétaire officiel de la villa. Il faudra finalement une note du service anti-blanchiment de Bercy pour qu'elle consente à passer aux aveux.

Pourquoi les enquêteurs sont convaincus pour Marrakech

L'enquête vise également l'acquisition d'une villa à Marrakech. Isabelle Balkany nie toujours être propriétaire de la résidence, officiellement détenue par une société offshore panaméenne. Mais Tracfin soupçonne Jean-Pierre Aubry, bras-droit des Balkany à Levallois, d'être l'ayant-droit de la propriété. Dans le même temps, ils obtiennent le témoignage d'une société suisse soupçonnant Aubry de ne pas être le véritable propriétaire de la villa. Un livreur de meubles affirme aussi avoir entendu dire que "le client était Balkany". Au printemps 2013, le faisceau d'indices se renforce à la faveur de l'écoute d'une discussion téléphonique entre Isabelle Balkany et une amie. "Viens au moins une semaine à Marrakech", propose-t-elle. "Ok chérie, mais ça commence à devenir un peu honteux", lui répond son amie. "Honteux de quoi ?", demande Balkany. "De venir chez toi", précise l'amie. L'accumulation "d'achats de mobilier, de décoration et de dépenses alimentaires [qui] pourrait supposer que M. et Mme Balkany disposent de la jouissance véritable et effective de la villa" achève de convaincre Tracfin.

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