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Impôts, Code du travail, budget... Comment Édouard Philippe voit les mois à venir

ÉCLAIRAGE - Dans "Le Parisien", le Premier ministre entame une opération transparence afin de redorer l'image du gouvernement, en baisse dans les sondages.

Édouard Philippe, le 2 août 2017
Édouard Philippe, le 2 août 2017
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

L'été aura été fatal pour Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Alors que les chantiers majeurs du quinquennat du Président ont été lancés avec la réforme du Code du travail et la loi pour la confiance de la vie publique, le gouvernement se heurte à un déficit en terme d'image. En effet, la popularité du président de la République continue de baisser. Selon un sondage YouGov, diffusé le jeudi 3 août, seulement 36% des Français jugent de façon positive son action. Concernant Édouard Philippe, le premier ministre devance d'un point le chef de l'État avec une cote de popularité à 37%. 

C'est donc une "opération reconquête" qui est en train de s'amorcer à la tête du pouvoir, après la polémique sur les APL. Que ce soit sur son gouvernement, les réformes engagées ou le budget 2018, Édouard Philippe monte au créneau pour défendre la politique engagée. Et cela commence par une interview fleuve dans les colonnes du Parisien de ce vendredi 4 août. "Édouard Philippe veut démontrer qu'il reste serein. Calme, posé, détendu même, il balaie les critiques", note le journal. 

"On peut toujours s'améliorer"

Face aux critiques d'amateurisme faites envers son gouvernement et plus généralement envers la majorité, Édouard Philippe assure qu'"il y a forcément, comme au début de chaque période, des choses qui se calent. C'est vrai pour chacun des ministres. Nous avons voulu intégrer des hommes et des femmes qui n'étaient pas issus du monde politique, avec des expériences personnelles variées. Ils entrent dans le bain politique et ont parfois eu besoin d'un peu de temps pour trouver leurs marques". Le chef du gouvernement relativise : "On peut toujours s'améliorer. C'est vrai pour le Parlement, pour le gouvernement... et pour moi. On apprend de ses erreurs, on corrige, c'est un processus continu". 

Concernant les critiques faites sur la discrétion de Richard Ferrand, l'ancien proche d'Alain Juppé réplique : "J'ai toute confiance dans le président du groupe. On a un groupe nombreux, pas encore très expérimenté, mais tout fonctionne de mieux en en mieux (...) Je crois que les Français respectent ceux qui expliquent. Nous devons rappeler en permanence le sens de notre action, dépasser la seule argumentation budgétaire pour rappeler le cap que nous suivons. Là-dessus, on a des marges d'amélioration". 

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Dernière polémique en date pour le gouvernement : la baisse de 300 millions d'euros de dotations pour les collectivités territoriales. Cette annonce a été vivement contestée chez les maires. "C'est quand même un monde !, affirme Édouard Philippe. Les socialistes ont baissé massivement les dotations aux collectivités sans concertation et ils hurlent au loup quand nous prenons des mesures pour ne pas augmenter les impôts. Ces 300 millions d'euros n'ont été enlevés à personne, car ils n'avaient été donnés à personnes. Aucun projet en cours n'est annulé". 

Une baisse des impôts de plus de 10 milliards d'euros

Les débuts d'Édouard Philippe à Matignon ont été marqués par l'une de ses prises de parole où il a dénoncé, avec un ton grave, le "dérapage" budgétaire de 8 milliards d'euros. "Un chèque en bois", avait-il été jusqu'à affirmer. "Avant d'être nommé, je me doutais que la situation n'était pas bonne, mais je ne pensais pas que les chiffres seraient aussi mauvais. nous avons fait le choix de ne pas augmenter les impôts en 2017 et d'assumer les dépenses annoncées par nos prédécesseurs, mais qui n'étaient pas financées... Nous avons donc décidé de faire des économies sur la dépense publique", indique le premier ministre. 

Pour le budget 2018, le ton est donné. "Gouverner, c'est choisir. Le budget 2018 fera des choix, il assumera des priorités claires pour la transformation du pays. Nous allons baisser les impôts de plus de 10 milliards d'euros, et redistribuer du pouvoir d'achat vers tous les actifs en basculant les charges salariales vers la CSG. Ce sera 250 euros en plus par an pour un salarié payé au Smic, par exemple. Nous allons formuler des orientations ambitieuses en faveur des armées, de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieure, de l'écologie et de la justice". Il ajoute : "Et mener une série d'actions prioritaires comme l'augmentation de la prime d'activité et de la revalorisation de l'allocation adulte handicapé". 

Le projet de réforme du Code du travail présenté le 31 août

Le gouvernement a obtenu le feu vert pour réformer le Code du travail par ordonnances. "Sur le fond, en libérant l'activité tout en protégeant les salariés et sur la méthode, en discutant longuement avec les organisations syndicales et patronales (...) Je ne suis pas là pour faire plaisir à tel ou tel, je suis là pour mettre en oeuvre les engagements du président de la République et pour faire redémarrer le pays", défend le premier ministre. "Après chaque étape de la négociation, les orientations du gouvernement on été partagées avec les partenaires sociaux, la concertation se poursuit pendant l'été pour finaliser le projet qui sera présenté le 31 août et les textes définitifs seront approuvés par le Conseil des ministres avant la fin de l'été. Des mesures paraîtront trop audacieuses à certains et pas assez à d'autres, c'est la vie, mais toutes auront fait l'objet d'un dialogue approfondi avec les partenaires sociaux", conclut-il.

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