4 min de lecture Loi Travail

Code du travail : pourquoi Mélenchon et la France insoumise jouent gros en septembre

ÉCLAIRAGE - En cette rentrée sociale, le leader du mouvement, qui se revendique comme la première force d'opposition, est à la manœuvre face à Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, le 12 juillet 2017 à Paris
Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, le 12 juillet 2017 à Paris Crédit : AFP / Bertrand Guay
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Cette rentrée 2017 sera-t-elle celle de la France insoumise ? Forts de leurs 7 millions d'électeurs à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et son mouvement se préparent à la bataille de la rue, symbolisée en une date, le 23 septembre (une journée d'action est aussi organisée par la CGT le 12 septembre), et un lieu, Paris. En meeting sur ses terres de député, à Marseille, le quatrième homme de 2017 a appelé dimanche 27 août "le peuple" à déferle(r) à Paris" pour manifester "contre le coup d'État social et antidémocratique qui s'organise contre lui", en référence aux ordonnances réformant le droit du travail qui doivent être dévoilées le 31 août. Et d'ajouter avec le franc parler qui lui est associé : "Pas de bla-bla, du combat !".

À l'aube de ce match qui va donc opposer son groupe au gouvernement, Alexis Corbière est déterminé à faire plier l'exécutif. "La victoire, ce serait l'abandon de cette réforme, qui a pour but de faciliter les licenciements et d'inverser la hiérarchie des normes. Le 23 septembre doit être la journée de lutte pour l'abandon de cette réforme, nous allons la réussir", tranche le bras droit de Jean-Luc Mélenchon auprès de RTL.fr. 

Dans ce contexte où Emmanuel Macron, dont la popularité fond depuis son élection, est fragilisé, le député de Seine-Saint-Denis pense qu'une brèche est ouverte. "Il est possible que le gouvernement se montre plus louvoyant", espère l'ancien porte-parole de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.

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Un moment fort pour notre mouvement

Alexis Corbière, député France insoumise de Seine-Saint-Denis
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En se positionnant ainsi, Alexis Corbière reconnaît que ce mois de septembre "est un moment fort pour notre mouvement." C'est la légitimité de la France insoumise qui se joue. "Nous avons un degré de responsabilité, nous devons apporter une réponse politique au projet daté et archaïque du gouvernement. Pour autant, le 23 septembre ne doit pas être le rendez-vous des 'Mélenchonistes' convaincus. Il est, au contraire, très ouvert, même à ceux qui ne sont pas d'accord avec nous sur tout", poursuit le député qui se rendra à la journée d'action organisée par la CGT le 12 septembre.

Mélenchon première force d'opposition à Macron ?

Si l'on ignore encore quelle sera la force de la mobilisation le 23 septembre, Stéphane Rozès, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives) et enseignant à Science-Po et HEC, estime que Jean-Luc Mélenchon "apparaît comme le premier opposant à la majorité d'Emmanuel Macron." "Il ne se situe pas dans la tradition, qui consiste à observer et attendre ce que fait le président de la République. Il entre immédiatement dans la brèche en se dressant en porte-parole du salariat", souligne le politologue auprès de RTL.fr.

Quid alors des autres partis d'opposition ? "Tant qu'il tiendra sa ligne patriotique jauressienne, il ravira au Front national son intention de représenter les catégories populaires", analyse Stéphane Rozès. "Ce n'est pas du Parti socialiste que viendra le discours le plus clair", tance de son côté Alexis Corbière. Comme chez Les Républicains, les ténors du parti à la rose, qui se remettent péniblement de la déroute de Benoît Hamon à la présidentielle, se déchirent sur la réponse à apporter à la réforme.

La réforme du travail au cœur de l'affrontement FI-REM

Déterminante pour les cinq ans qui viennent, cette rentrée aura peut-être des airs de redites de débats présidentiels. La France insoumise avait fait de cette réforme, dont les contours ont été dessinés au compte-goutte par Emmanuel Macron, une cible privilégiée. À plusieurs reprises, pendant la campagne électorale, Jean-Luc Mélenchon a vilipendé les intentions de son adversaire dans le domaine. Sur RTL, le 11 avril, le tribun avait accusé Emmanuel Macron de vouloir "purement et simplement annuler le code du travail". Après l'accession du fondateur de La République En Marche à l'Élysée, l'ancien cadre du Parti socialiste et son groupe parlementaire ont multiplié les interventions contre le projet à l'Assemblée nationale. Cet été encore, la voix de la France insoumise sur le sujet s'est faite entendre via ses caravanes d'été.

Emmanuel Macron n'a pas tardé à répondre aux attaques. Lundi 28 août, en ouverture du séminaire gouvernemental de rentrée, le Président n'a pas laissé de place au doute quant à ses intentions. "Certains prédisent le pire. Il ne faut jamais céder aux Cassandre. Certains peut-être même le souhaitent. Mais si nous sommes là, c'est pour faire, avec détermination".

Incarner le dégagisme

Alexis Corbière, député France insoumise de Seine-Saint-Denis
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Édouard Philippe a, quant à lui, renvoyé Jean-Luc Mélenchon "à sa fascination vénézuélienne", alors qu'il réagissait à la déclaration du leader de la France insoumise sur le "coup d'État social" de la réforme du droit du travail, contre laquelle il appelle à manifester le 23 septembre.

"C'est la signature politique du gouvernement et d'Emmanuel Macron", réagit Alexis Corbière. "Répéter que le désamour de la réforme du code du travail provient d'un manque de communication est un peu arrogant", glisse-t-il, en référence à la volonté du gouvernement d'aller vers plus de pédagogie. "Nous avons très bien compris. Les gens ne veulent pas de l'ubérisation de la société. Macron, Philippe et Pénicaud auront le même sort que Valls, Hollande et El Khomri."

Comme Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière mise sur le dégagisme pour que sa force politique grandisse. "L'état d'exaspération va grandir, la France insoumise doit incarner le dégagisme et apporter une expression consciente à ce processus", conclut le député. Reste à savoir si l'incantation se concrétisera dans les faits.

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