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Code du travail : la fronde sociale s'organise et inquiète le gouvernement

DÉCRYPTAGE - Les appels à la mobilisation contre la réforme du Code du travail se multiplient. Les syndicats font planer la menace d'un blocage du pays, face à un gouvernement qui feint l'indifférence.

Le 12 septembre 2017, la CGT a lancé le mouvement contestataire sur la réforme du Code du travail
Le 12 septembre 2017, la CGT a lancé le mouvement contestataire sur la réforme du Code du travail Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Cinq manifestations juste pour le mois de septembre. Le gouvernement d'Édouard Philippe fait face à une grogne de plus en plus présente après la parution du contenu des ordonnances pour réformer le Code du travail. 

Selon un sondage publié ce lundi 18 septembre par Libération, plus de deux tiers des Français (68%) jugent que la loi Travail va "favoriser les licenciements". 65% estiment que les syndicats seront affaiblis. 

À la question de savoir qui "la politique économique du président de la République et du gouvernement vise à aider en priorité", 53% des sondés ont répondu "les catégories les plus aisées", 12% "les classes moyennes", 11% "les catégories populaires". La CGT, mais aussi des membres de FO et de la France insoumise se sont mobilisés le 12 septembre dernier pour dénoncer le contenu des ordonnances pour réformer le Code du travail

Des manifestations à quelques jours d'intervalle

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Ce lundi 18 septembre, les routiers lèvent la voix devant le ministère du Travail. Vêtus de gilets CFDT et CFTC, ils dénoncent eux aussi les ordonnances. "C'est un coup de semonce pour dire au gouvernement de bien faire attention : il y a d'autres réformes qui se profilent, la réforme des retraites risque aussi de nous impacter de plein fouet", a ajouté Thierry Douine, président de la CFTC-Transports citant le congé de fin d'activité qui permet aux conducteurs routiers de cesser le travail cinq ans avant l'âge légal, du fait de la "pénibilité" du métier. 

Trois jours plus tard, le 21 septembre, la CGT descendra à nouveau dans la rue, après la "très forte" mobilisation dont s'était félicité Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Les routiers ont aussi été appelés une nouvelle fois à se mobiliser par les syndicats, le 25 septembre. La CGT-Transports et FO-Transports ont prévenu que des "actions fortes" allaient se mettre en place.

 "Ce sera une grève qui aura des conséquences très concrètes sur l'économie française", a indiqué Jérôme Vérité, le secrétaire général de la CGT-Transports. La France insoumise manifestera le 23 septembre. "Le peuple déferle à Paris contre le coup d'État social, antidémocratique qui s'organise contre lui", affirme Jean-Luc Mélenchon. Les fonctionnaires ont aussi été appelés à manifester le 10 octobre.

Le risque de "coagulation"

Le gouvernement reste toutefois de marbre face à cette multiplication des mouvements sociaux. "Ce n'est pas parce qu'on entend la colère qu'on doit y céder", indiquait Emmanuel Macron depuis les Antilles. Mais, selon Le Monde, "à l'abri des palais de la République, c'est une autre petite musique qui se fait entendre, plus inquiète". Des proches de l'exécutif cités dans le journal font part de leurs doutes. "220.000 personnes pour une première mobilisation, c'est beaucoup. La coagulation des conflits est un vrai sujet", s'inquiète un ministre. 

Dominique Andolfatto, professeur de sciences politiques à l'université de Bourgogne interrogé par Le Monde, analyse que "la coagulation des luttes est un thème récurrent à chaque rentrée, mais c'est comme l'Arlésienne : on en parle beaucoup et on la voit rarement. Je ne suis pas sûr que les salariés se mobilisent en masse en contre la loi Travail. Ce ne sont pas les ordonnances qui sont très techniques, qui motivent pour descendre dans la rue".

L'inquiétude ne semble pas se propager jusqu'au groupe La République En Marche. "L'opinion n'est pas dans un état d'esprit de révolte. Nous sortons d'une phase de concertation intense, dans laquelle tous les syndicats ont joué le jeu. Même s'ils ne sont pas d'accord, une stratégie d'opposition frontale serait difficile à comprendre", estime Gilles Le Gendre, vice-président du groupe REM à l'Assemblée nationale. Mais "en attendant, l'exécutif a demandé à ses troupes de faire profil bas. Les quelques députés REM qui avaient commencé à se réjouir de la relative faible mobilisation lors des manifestations du 12 septembre ont été priés de se taire. De même, chaque ministre a été invité à déminer les sujets qui le concernent", observe le journal.

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2017-09-18 14:02:10
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