1 min de lecture Claude Guéant

Claude Guéant : "L'islam n'est pas du tout une obsession !"

VIDEO - Le ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Claude Guéant a assuré que l'islam n'était "pas du tout une obsession" pour lui, après la nouvelle controverse déclenchée par le lien qu'il a établi entre vote des étrangers aux élections locales et viande halal dans les cantines scolaires. Interrogé sur la réaction de l'ex-garde des Sceaux Rachida Dati qui a regretté "des propos qui assimilent les musulmans français à des étrangers", il a répondu : "Je suis entièrement d'accord avec les propos de Rachida Dati. Je crois qu'elle m'a insuffisamment lu. Le ministre, qui devait se rendre dans la cité phocéenne dans la journée, a fait état de "résultats", à Marseille, dans la lutte contre "la délinquance du quotidien", reconnaissant toutefois qu'"il y a un grand banditisme qui demeure".

Claude Guéant sur RTL le 5 mars 2012
Claude Guéant sur RTL le 5 mars 2012 Crédit : RTL
Micro RTL générique
Colas Bedoy

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Claude Guéant.

Claude Guéant : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Les règlements de comptes se multiplient à Marseille, sur fond de trafic d'armes et de drogue. Une vingtaine de morts violentes l'année dernière. Quatre morts par balles durant ces huit jours à Marseille, Claude Guéant. La police est-elle en échec face à cette forme de banditisme.

Il y a à Marseille comme ailleurs plusieurs types de délinquance que nous devons affronter. Il y a d'abord la délinquance du quotidien, je dirai. Et c'était une préoccupation à Marseille, comme dans d'autres villes, nous avons obtenu des résultats. Et à Marseille notamment. J'ai augmenté les effectifs de police à Marseille, l'annonce en a été faite au mois de mai dernier, de l'ordre de 200 fonctionnaires. Et dans ce domaine, depuis l'arrivée d'Alain Gardère au début de l'automne, nous enregistrons des résultats.

La délinquance générale recule de l'ordre de 5%, et encore sur les deux premiers mois cette année, elle recule. Et personne à Marseille, ne vous dira que la situation du centre-ville s'est aggravée. Le nombre des patrouilles se multiplient, on en a deux mille de plus par mois, il y a des policiers en nombre important, il y a deux compagnies républicaines de sécurité qui y sont affectées de façon permanente. Et tout le monde dit, la situation a changé, nous nous sentons rassurés pour ce qui est de notre sécurité quotidienne.

Mais le trafic de drogue, bandes, cités, ça ne va pas mieux !

Il y a vous avez raison, Jean-Michel Aphatie, vous avez raison, un grand banditisme qui demeure, qui est beaucoup ancré sur les trafics de drogue, avec une nouvelle génération criminelle, qui sont plus jeunes que dans le passé. N'oublions pas que Marseille est une ville, qui s'est souvent distinguée par une grande criminalité, mais les truands ont changé.

Et à cet égard, que pouvons-nous faire ? D'abord nous pouvons, interpeller les auteurs. Je voudrai dire que l'année dernière en 2011, nous avons interpellé 71% des auteurs d'homicides commis sur Marseille. La police ne peut intervenir qu'après coup, évidemment. Ensuite, nous faisons un travail préventif qui consiste en quoi ? Le travail préventif, à saisir les armes qui traînent dans Marseille. L'année dernière, nous en avons saisies plus de 500, 534 exactement, dont la moitié des armes longues, type kalachnikov ou fusil d'assaut. Et encore au début de cette année, sur les deux premiers mois, nous en avons saisi 150.

Mais le trafic de drogue... La circulation des armes, vous en parliez. On a l'impression que ça s'aggrave, plutôt que ça ne se résout ?

Écoute on arrête beaucoup de gens en matière de drogue, par exemple, 500 trafiquants de drogue ont été interpellés par exemple à Marseille l'année dernière, c'est bien le signe d'une activité qui redouble. Ce n'est pas une œuvre immédiate, les armes vous les chalutez, si je puis dire, à mesure que vous visitez les caves. En seize mois, nous avons visité près de 6.000 caves et halls d'immeubles avec de très nombreuses interpellations.

Vous ne pouvez pas en faire plus ?

Il y a des opérations coups de poings tous les jours. 900 opérations en seize mois, tous les jours, tous les jours. Alors tous les jours, il faut y revenir. C'est un travail qui est important, parce qu'il y a un défi d'importance qui se trouve face à nous, et nous allons le gagner

Vous suggérez, Claude Guéant... La fin de votre raisonnement, c'est "nous allons gagner". Mais quand on vous écoute, on le sentiment d'une certaine impuissance, ou plutôt d'être dépassé par les évènements ?

Je suis désolé, je suis absolument désolé Jean-Michel Aphatie, mais quand nous interpellons 500 trafiquants de drogue, quand nous saisissons plus de 500 armes, je suis désolé, nous ne restons pas les deux pieds dans le même sabot. Quand nous interpellons 70% des auteurs d'homicides c'est aussi du résultat, et les autres seront interpellés dans l'année.

Du coup dans la campagne électorale, beaucoup de concurrents de Nicolas Sarkozy, de candidat à l'élection présidentielle, pointent la faiblesse de la situation à Marseille, pour dire c'était le cas, de Marine Le Pen hier, qui était à Marseille d'ailleurs "où est-il le Karcher ?" Est-ce que vous n'avez pas fait trop de promesses, et tenu trop de discours définitifs sur la sécurité ?

Le problème n'est pas définitivement réglé à Marseille. Et je sais bien qu'en France, il y a toujours des attentes en matière de sécurité. Il y a notamment une attente qui consiste à avoir plus de policiers sur la voie publique, parce que des policiers sur la voie publique, ça rassure. C'est ce que nous faisons avec les patrouilleurs. Mais je voudrais quand même dire, à nos détracteurs, qui ont parfois des passés qui pèsent un peu, et dont ils devraient se souvenir, je pense au parti socialiste, que l'année dernière, en France, il y a 680.000 crimes et délits de moins que dix ans plus tôt. C'est quand même quelque chose.

Est-ce que vous n'êtes pas pris au piège, Claude Guéant du discours très volontariste, peut-être trop en matière de sécurité. Les choses sont plus difficiles à faire sur le terrain, que quand on les décrit à la tribune ?

Jamais personne, Nicolas Sarkozy est parfois accusé d'avoir fait des promesses excessives, jamais, il n'a promis qu'il n'y ait plus de délinquance en France. Mais je vais vous citer encore un chiffre : l'année dernière 38,6% exactement  des auteurs de crimes et de délits, ont été interpellés, et déférés à la justice. 10 ans, plus tôt, c'était 24%. Alors, nous ne sommes pas arrivés au bout. Nous n'élucidons pas 100% des affaires, mais je constate que nous avons considérablement progressé, de presque 50%.

Donc vous serez à Marseille tout à l'heure en fin de matinée, et vous aurez l'occasion de parler encore de la situation dans cette ville. Vous avez déclenché à nouveau, parce que ce n'est pas la première, une polémique très vive vendredi soir, en déclarant à Nancy, dans un argumentaire à votre oppositions au vote des étrangers au municipales, vous avez déclaré ceci : "Nous ne voulons pas que conseillers municipaux étrangers, rendent par exemple obligatoire, la présence de la nourriture Halal dans les repas des cantines." On a l'impression, Claude Guéant, que l'islam est une obsession pour vous.

Non, ce n'est pas du tout une obsession. Mais par rapport aux propos d'Alain Duhamel, tout à l'heure, il est très important que nous puissions exposer aux Français des visions de sociétés. Je dirais au passage d'ailleurs que si Nicolas Sarkozy ne parle pas souvent d'économie, en revanche il le fait. Son action permet de baisser les taux d'intérêts par exemple.

Revenons sur la question.

Je reviens au sujet !

Pourquoi vous parlez tout le temps de l'islam ?

Nous nous récusons complètement le communautarisme. Le parti socialiste l'accepte. Le communautarisme, qu'est-ce que c'est ? Ca veut dire que des communautés vivent selon des règles, qui ne sont pas celles de la République. Et nous refusons qu'à travers cette possibilité de donner aux étrangers de voter, et d'être conseillers municipaux de surcroit, puisque c'est la proposition de loi qui a été votée par le parti socialiste au Sénat, nous ne voulons pas que des règles intéressant la gestion des communes échappent aux règles de la république.

Et par exemple, un conseil municipal a la possibilité de décider quels sont les menus dans les cantines scolaires. L'école, c'est le temple de la laïcité. Nous avons interdit les signes ostentatoires religieux à l'école, et bien nous ne voulons pas non plus que des menus qui correspondent à des préceptes religieux viennent à l'école. C'est très simple. La question est de savoir, c'est un vrai projet de société, une conception de société, si nous tenons à la laïcité ou non.

S'opposer au vote des étrangers aux élections locales, c'est tout à fait légitime, ça fait partie du débat. Mais penser que si ce vote se produisait, ceux qui seraient dans les conseils municipaux seraient des méchants, chercheraient à imposer des choses, c'est introduire un soupçon à priori, qui est très étonnant, Claude Guéant. Les gens ne sont pas forcément méchants. Ils seraient minoritaires... On a l'impression d'une exagération.

C'est une conséquence pratique. Ce n'est pas une question d'être méchant, c'est une question de conviction. Mais qui vous le dit ?

Mais on n'imagine pas que des étrangers élus soient majoritaires dans un conseil municipal ? C'est difficile à imaginer.

Alors là, c'est parfaitement imaginable, compte tenu des proportions d'étrangers dans un certain nombre de communes. C'est tout à fait certain. Je crois que notre devoir c'est de souligner un certain nombre de risques. J'ajoute que des menus religieux dans les écoles ne sont même pas souhaités par les musulmans. Nos compatriotes musulmans, sont des citoyens, comme les Français, ne sont pas moins républicains, et le conseil français du culte musulman n'est pas d'accord avec l'introduction de ce type menu. Je dis qu'il y a un risque, je dis qu'il y a un risque.

Vous divisez jusque dans votre camp. Rachida Dati, dans "Le Figaro" ce matin : "Je ne peux pas souscrire à des propos qui assimilent les musulmans français à des étrangers". Elle dit diplomatiquement qu'elle n'est... vraiment pas d'accord.

Je suis entièrement d'accord avec Rachida Dati, je n'ai rien dit de tel.
2012 et vous OK

Lire la suite
Claude Guéant Politique Exclu RTL
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7744912894
Claude Guéant : "L'islam n'est pas du tout une obsession !"
Claude Guéant : "L'islam n'est pas du tout une obsession !"
VIDEO - Le ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Claude Guéant a assuré que l'islam n'était "pas du tout une obsession" pour lui, après la nouvelle controverse déclenchée par le lien qu'il a établi entre vote des étrangers aux élections locales et viande halal dans les cantines scolaires. Interrogé sur la réaction de l'ex-garde des Sceaux Rachida Dati qui a regretté "des propos qui assimilent les musulmans français à des étrangers", il a répondu : "Je suis entièrement d'accord avec les propos de Rachida Dati. Je crois qu'elle m'a insuffisamment lu. Le ministre, qui devait se rendre dans la cité phocéenne dans la journée, a fait état de "résultats", à Marseille, dans la lutte contre "la délinquance du quotidien", reconnaissant toutefois qu'"il y a un grand banditisme qui demeure".
https://www.rtl.fr/actu/politique/claude-gueant-l-islam-n-est-pas-du-tout-une-obsession-7744912894
2012-03-05 10:44:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/9EbTWY9IxkFFmRIL8nY9fQ/330v220-2/online/image/2012/0305/7744917693_claude-gueant-sur-rtl-le-5-mars-2012.jpg