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Claude Bartolone : "Dominique Strauss-Kahn ne sera pas candidat aux primaires socialistes"

Le député socialiste de Seine-Saint-Denis répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Claude Bartolone a assuré que Dominique Strauss-Kahn ne serait pas candidat aux primaires PS pour 2012, même si c'est est difficile à exprimer pour les socialistes qui avaient mis leurs espoirs dans l'ex-patron du FMI. La libération conditionnelle de DSK "humainement, est une satisfaction" mais "maintenant tout commence pour lui (...) il a besoin de temps et d'énergie pour se défendre, pour s'occuper de lui", a-t-il déclaré. Par conséquent, "il ne sera pas candidat, j'en suis persuadé, même si les mots sont difficiles à articuler pour des socialistes qui voyait en Dominique Strauss-Kahn celui qui allait leur faciliter les choses, et pour la primaire et pour l'élection (présidentielle)", a ajouté Claude Bartolone.

Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale
Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Claude Bartolone.

Claude Bartolone : Bonjour.

Dominique Strauss-Kahn, inculpé par la Justice américaine, quittera dans les prochaines heures ou les prochains jours la prison de New York pour s'enfermer dans un appartement de la ville. Un commentaire, Claude Bartolone ?

Humainement, c'est une satisfaction lorsqu'on sait ce que représente cette prison de Manhattan, lorsque l'on sait ce que représente l'ordre carcéral, je préfère savoir Dominique Strauss-Kahn à l'extérieur qu'"embastillé". Maintenant, tout commence pour lui. Et je crois qu'il vaut mieux de toute façon humainement qu'il soit à l'extérieur pour préparer sa défense, son procès plutôt que de continuer à le voir enfermé comme il l'était.

C'est une évidence. Mais les responsables socialistes l'expriment peu.C'est fini, pour Dominique Strauss-Kahn, la Politique ?

Vous savez, il l'a écrit lui-même, hier, en  parlant du "FMI". Mais en enlevant le mot "FMI", et mettant le "Parti socialiste", je pense qu'on y trouvait la même philosophie. Il a besoin de temps et d'énergie pour se défendre, pour s'occuper de lui. Et je crois que même si le temps n'est pas encore venu de l'articuler parce que nous sommes encore dans la souffrance, dans cette dimension humaine de l'incompréhension, c'est vrai qu'il va avoir besoin de beaucoup de temps pour s'occuper de lui.

Donc, c'est fini ?

Il ne sera pas candidat, j'en suis persuadé.

A l'élection présidentielle ?...

Oui.

Et même pas aux primaires du Parti socialiste ?

Oui.

Et donc, vous le dites ce matin ?

Oui, je pense qu'il nous l'a dit dès hier ; et à un moment donné, si vous voulez, même si les mots sont difficiles à articuler pour des socialistes qui voyaient en Dominique Strauss-Kahn celui qui allait leur faciliter les choses et pour la primaire et pour l'élection . Mais quand on voit dans quelle situation il est, quand on voit ce qui l'attend au niveau juridique, au niveau personnel, au niveau familial, il ne pourra pas faire les deux choses en même temps.

Vous l'avez vu, Claude Bartolone, Dominique Strauss-Kahn à Paris le 29 avril, et vous avez raconté qu'il vous a dit : "Vladimir Poutine veut me virer du FMI". Il était un peu paranoïaque ?

Non, voyez ce qui m'a beaucoup choqué, ce sont les demandes qu'il nous faisait : d'être très attentifs. Voyez. D'abord, je suis tombé sur un Dominique Strauss-Kahn qui était en pleine forme, qui était décidé ; mais il avait une idée bien précise de la manière dont il devait sortir du FMI ; et il m'a dit : "Voilà, faites attention ! Maintenant pour un certain nombre d'entre vous que j'ai rencontrés, faites attention à vos portables, sachez que vous ne devez pas faire de déclarations parce qu'ils veulent me sortir du FMI avant que je sois candidat ; et je pense que ce serait utile pour personne. Je veux faire le G8 à Deauville".

Après, il évoquait une réunion qui devait se tenir ou qui doit se tenir vers le 10 juin ; et il me dit, une fois cette renégociation terminée, je pourrais partir. Mais aujourd'hui, ils sont un certain nombre à me surveiller de très près, à surveiller vos déclarations, notamment les Russes et notamment M. Poutine qui me semble lié aux Français pour chercher la faute et me mettre dehors avant que j'annonce mon départ par moi-même. Et du coup, voyez...

Vous ne faites pas de lien entre ça et ce qui s'est passé au Sofitel ?

Ah non, pas du tout. Si vous voulez, le lien que je fais c'est la demande d'attention qu'il nous demandait et puis les événements dans lesquels il a été pris.

Ca veut dire qu'il était candidat quand vous l'avez vu le 29 avril ?

Ah oui, oui.

Il vous l'a dit ?

Oui, il m'a dit. Vous savez...

... Il vous a dit : "Je suis candidat" ?

Lorsque vous avez un responsable qui vous dit : je veux sortir proprement du FMI parce que ça sera utile pour la suite, il ne me demandait pas simplement de venir le rencontrer pour réfléchir à l'obscure clarté qui tombe des étoiles.

Vous confirmez de ce point de vue le récit qu'a fait Antoine Guiral, journaliste de "Libération", dans son journal, mercredi. La rédaction de Libération a vu Dominique Strauss-Kahn, le 28 avril.

Oui.

Comme à vous visiblement, Dominique Strauss-Kahn lui a fait part de son intention d'être candidat à l'élection présidentielle ; et il a ajouté ceci : "Martine Aubry m'a dit : Je ne serai pas candidate". Donc, le 28 avril, Martine Aubry avait décidé de ne pas être candidate à l'élection présidentielle.

Alors moi je n'ai pas eu de confession de Martine Aubry mais le moins qu'on puisse dire...

Mais peut-être que Dominique Strauss-Kahn vous a dit que Martine Aubry ne serait pas candidate ?

Ah, il ne me l'a pas dit comme ça. Il m'a dit...

Ah ! il l'a dit à Antoine Guidal de "Libération", mais pas à vous ! C'est énorme !

"Je souhaite que l'on souhaite très attentif à Martine Aubry". Et il dit : "Je veux que tu fasses savoir autour de toi, aux amis, que je ne veux aucune déclaration avant la convention nationale sur le projet parce que je veux que Martine soit respectée".

Mais vous vous rendez compte : il l'a dit aux gens de "Libération". "Martine Aubry m'a dit qu'elle ne serait pas candidate". Et il ne vous l'a pas dit à vous ?

Il ne me l'a pas dit comme ça. Mais comme je connais les codes politiques, peut-être que je l'avais compris sans qu'il ne me le dise.

Et donc, maintenant, Martine Aubry va être obligée d'être candidate, le couteau sous la gorge, l'épée dans les reins ?...

Ah je ne crois pas que ce soit une question...

... Le devoir...

Non, non, non,

Pas l'envie ?

Je ne crois pas que ce soit  ni de voir, ni... Vous savez, on ne peut pas être candidat à une élection présidentielle par devoir ou par envie. Comme dit Fabius : "L'envie, c'est pour le chocolat !". On peut être candidat si on a quelque chose à dire aux Français, si on a un projet pour la France...

... Et elle a quelque chose à dire, Martine Aubry ?

Et je crois qu'elle l'a. Mais pour le moment, vous savez les socialistes, après avoir perdu Dominique Strauss-Kahn, doivent faire attention à leur unité et à leur rassemblement. Et je crois qu'on nous attend beaucoup là-dessus. Voyez, hier, il y avait le vote dans les sections sur le projet. On m'a peu parlé du projet ; on m'a beaucoup parlé de la situation. Il y a une angoisse, il y a un besoin de sécurité chez les socialistes et chez les Français et je crois que nous avons intérêt à prendre en compte cela.

Et vous avez un candidat  qui a envie, qui est en tête dans les sondages, qui va partout, qui se promène partout : c'est  François Hollande.

Mais euh...

Ce n'est pas votre candidat ?

Non, attendez, moi j'ai essayé de trouver une solution qui nous permet... Vous savez, je n'ai jamais été un fana des primaires. J'avais souhaité des Primaires de confirmation ; et Dominique Strauss-Kahn nous le permettait de pouvoir penser à cela parce qu'il avait cette autorité internationale, cette compétence reconnue. Et là, vous savez tous les candidats qui sont sur la ligne de départ actuellement - avoués ou pas - se ressemblent tous.

Quel est votre préféré ?
 

Celui qui permettra de renforcer le rassemblement, mais oui ! Attendez...

... Il n'a pas de nom, on est...


... Non, pour le moment, non ; parce que désigner un candidat ce n'est pas le prix de camaraderie. Quel est le point de différence entre Martine et François ?

Ah, je ne sais pas.Ils ont toujours été ensemble, ils ont toujours été sur la même ligne de politique.

Ce n'est pas Mitterrand - Rocard.

Il faut suspendre les primaires ?

En tous les cas, il faut les aborder dans l'unité, dans le rassemblement. Si cette étape-là, nous ne la...

 Il faut les faire ou il ne fait pas les faire ?

Moi, vous savez, je viens de vous le dire ; j'ai essayé de trouver une solution pour passer de la Primaire de confirmation à quelque chose qui évite les confrontations ; et du coup, je me dis : bon, à partir du moment où il faut trouver une règle du jeu, prenons la règle du jeu statutaire "rassemblement derrière la première secrétaire" qui a fait le projet qui a remis le Parti socialiste au travail, qui a rétabli les relations avec les autres organisations de Gauche mais on verra... dans les heures et les jours qui viennent, je pense qu'on verra qui peut incarner ce rassemblement des socialistes.

Donc, c'est dit : c'est Martine Aubry ! Question personnelle, Claude Bartolone, est-ce que vous avez respecté, vous, la présomption d'innocence d'Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt ?

Oui, je pense que la position qui a été celle des Socialistes, en particulier, c'était de dire : à partir du moment où il est mis en cause, appliquons la logique Jospin.

Il doit démissionner.

Souvenez-vous !

Ah bon !

C'est Lionel Jospin qui disait que dès que l'on est mis en examen, on sort du gouvernement. Je crois que c'était la bonne chose...

Je crois que c'était antérieur à Lionel Jospin ; et à ma connaissance, c'était Balladur et puis à ma connaissance, Eric Woerth n'a pas été mis en examen.

Non, mais il y avait  quand même un doute, à partir du moment où vous êtes ministre des Finances et trésorier du Parti socialiste, il fallait qu'il choisisse et sur une radio concurrente à la vôtre, j'avais surtout demandé qu'il arrête de cumuler ses deux postes en ce qui me concerne.

Claude Bartolone pour Martine Aubry avec un petit lapsus à la fin  (je ne sais pas s'il s'en est rendu compte !) était l'invité de RTL. Bonne journée.
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Le député socialiste de Seine-Saint-Denis répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Claude Bartolone a assuré que Dominique Strauss-Kahn ne serait pas candidat aux primaires PS pour 2012, même si c'est est difficile à exprimer pour les socialistes qui avaient mis leurs espoirs dans l'ex-patron du FMI. La libération conditionnelle de DSK "humainement, est une satisfaction" mais "maintenant tout commence pour lui (...) il a besoin de temps et d'énergie pour se défendre, pour s'occuper de lui", a-t-il déclaré. Par conséquent, "il ne sera pas candidat, j'en suis persuadé, même si les mots sont difficiles à articuler pour des socialistes qui voyait en Dominique Strauss-Kahn celui qui allait leur faciliter les choses, et pour la primaire et pour l'élection (présidentielle)", a ajouté Claude Bartolone.
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2011-05-20 09:10:00
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